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Hausse de la fiscalité du GNR et décarbonation des travaux agricoles, l’équation qui interroge les ETA

La fédération nationale des entrepreneurs des territoires demande aux pouvoirs publics d’associer les représentants des ETARF dans les discussions autour du Gasoil non routier agricole et de la stratégie de décarbonation.

travaux agricoles d'été (moisson)
© JC Gutner

« Alors que la suppression de la défiscalisation du GNR agricole a été relancée récemment par Bercy pour 2024, le contenu des feuilles de route de la décarbonation dans les filières céréales et lait viande, lancées en février 2023 par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, se fait attendre » relève Gérard Napias, Président de la Fédération Nationale Entrepreneurs Des Territoires (FNEDT), dans un communiqué, où l’organisation demande à ce que les représentants des Entreprises de Travaux Agricoles Ruraux et Forestiers (ETARF) soient associés aux tours de table.

Pour rappel Bruno Le Maire a relancé l’idée juin l’idée de supprimer à terme la défiscalisation sur le gazole non routier agricole (GNR), dans le cadre d’un verdissement de la fiscalité.

« L’avantage fiscal est vital pour les agriculteurs, je ne peux pas leur dire au 1er janvier 2024 c’est fini », a précisé le ministre de l’Economie lors d’une d’interview à LCI en marge des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le 10 juillet. Et ce alors que le prix du GNR ne fait que progresser depuis plusieurs semaines.


Le secteur agricole doit réduire de 20% ses émissions de GES

« On va en sortir d’ici trois ou quatre ans, d’ici 2030, par pallier, sans brutalité, et on va les accompagner pour acheter des véhicules électriques », a-t-il tenté de rassurer.

Le secteur agricole doit réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Pour atteindre cet objectif, la hausse de la fiscalité du GNR agricole financerait-elle la feuille de route de la décarbonation agricole, s’interrogent les ETA dans leur communiqué.

Une stratégie qui soulève beaucoup de questions, pointe la FNEDT.
 

« Impuissance technique » et « investissements astronomiques »

« Envisager la décarbonation des travaux agricoles mécanisés se heurte aujourd’hui à un constat d’impuissance technique - l’absence de motorisation de forte puissance avec des énergies non fossiles pour les engins de traction et de récolte - et à une impasse économique - le coût d’investissement « astronomique des matériels verts » », analyse la fédération représentant les entrepreneurs de travaux agricoles dans son communiqué

À court terme, « l’utilisation de carburants alternatifs dans les engins recueille les suffrages », mais « à condition qu’ils soient à un prix accessible pour les ETARF, ce qui nécessite un accompagnement pour réduire l’écart entre les carburants fossiles et alternatifs », revendique la FNEDT.

 

Demande d’un index carburant agricole et forestier

Afin de disposer « de références partagées et transparentes » lors d’une période de transition, la fédération propose de créer un index carburant agricole et forestier pour mesurer l'évolution du coût « produit énergétique de traction » à partir de la part que représente le carburant dans le prix de la prestation de travaux agricoles et forestiers.
 

Egalité de traitement avec les agriculteurs et les Cuma

La fédération représentant les ETA demande aussi au gouvernement « l’égalité de traitement sur les conditions d’emploi du carburant, et sur les aides à la décarbonation, entre les entrepreneurs, les agriculteurs et les coopératives ».

Enfin elle rappelle que la transition énergétique ne fera pas sans « impacter les pratiques agricoles ». Et d’évoquer : l’entretien des machines, la formation des salariés, les vitesses de déplacement et de travail, le poids des machines, « voire une remise en cause de la pertinence de certains matériels « à la mode » et d’innovations récentes, et plus largement, une nécessaire réorganisation logistique des chantiers à laquelle beaucoup de professionnels ne sont ni prêts, ni préparés ».

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