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Entreprises de travaux agricoles : un risque de faillite en cascade lié aux intempéries, selon la FNEDT

Confrontées aux intempéries qui désorganisent les travaux agricoles, certaines ETA sont confrontées à des situations financières alarmantes, selon la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires. Elle demande au gouvernement un fonds d’aides d’urgence.

Incapables d’intervenir dans les champs et en forêt, à cause des intempéries, et confrontées à l’allongement des délais de paiement de leurs clients en difficulté de trésorerie, des entreprises de travaux agricoles (ETA) font faillite ou sont au bord de la cessation de paiement, rapporte le réseau départemental et régional de la FNEDT dans un communiqué, sans chiffrer néanmoins le phénomène. 

La situation de nos entreprises est alarmante

« La situation de nos entreprises est alarmante ! Elles doivent faire face chaque mois au remboursement de leurs crédits et au paiement des charges de personnel, alors que les conditions climatiques de plus en plus aléatoires impactent durement leur trésorerie », alerte Philippe Largeau, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) qui représente les 22 000 entreprises de travaux agricoles (ETA), ruraux (ETR) et forestiers (ETF). 

Lire aussi : Pourquoi les ETA vont à nouveau passer des hausses de tarifs en 2024 ?

Report de travaux agricoles, casse de matériel

La FNEDT pointe les épisodes pluvieux qui se succèdent depuis octobre 2023 « rendant quasi impossibles bon nombre de chantiers », les parcelles étant gorgées d’eau. « Après le report des travaux du sol et des semis, les conditions de récolte générant usure et casse, les semis de printemps » l’organisation représentant les ETA souligne que « les épandages et les ensilages sont à leur tour désorganisés ».
 

Dans quelles régions les ETA sont-elles le plus touchées ?

​Selon des témoignages de terrain « les régions les plus touchées à première vue sont pour le moment : Hauts de France (Oise), Normandie (Calvados, Eure, Seine-Maritime), Pays de Loire (Mayenne), Nouvelle Aquitaine (Charente, Charente Maritime), Centre (Indre, Indre-et-Loire) », souligne la FNEDT à Reussir.fr.
 

Difficultés des ETA : trois entrepreneurs de travaux agricoles témoignent

« En Haute-Garonne et dans le Gers, un quart des parcelles n’ont pas pu être semées à l’automne »

 « En Haute-Garonne et dans le Gers, un quart des parcelles n’ont pas pu être semées à l’automne dernier. On attendait un report des travaux avec les semis de sorgho, tournesol et soja au printemps, mais à cause les pluies, on a plus d’un mois de retard. Les banques refusent des prêts de trésorerie, même sur présentation de factures impayées » témoigne Bernard Sanchez, entrepreneur de travaux agricoles et Président d'EDT Occitanie.

« On évalue les pertes à près de 100 000 euros depuis la fin de l’année »

« On évalue les pertes à près de 100 000 € depuis la fin d’année, et à 25-30 000 € rien que sur le mois. Les banques ne suivent pas pour des prêts court terme, alors on a vendu du matériel. A mi-mai, on devrait avoir fait 4500 bottes, mais cette année on atteint à peine 1500 ; pour la moisson, on sait déjà qu’on aura un manque à gagner de 20 à 25 %... », témoigne pour sa part une ETA normande.

 « En Sologne les terres sont trop humides pour travailler »

« En Sologne par exemple, les terres sont trop humides pour travailler, on risque de s’embourber et d’abimer les sols. EDT Centre Val de Loire réalise une enquête auprès de ses adhérents pour évaluer leurs difficultés. Les travaux forestiers sont à l’arrêt, les semis sont reportés, quant aux travaux d’élagage, les collectivités demandent des dérogations aux préfectures… Nous attendons, inquiets », confie pour sa part Pascal Gendrier, ETR et Président d’EDT Centre Val-de-Loire.
 

Un fonds d’aide aux ETA demandé

Face à cette situation, Philippe Largeau, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), demande à Marc Fesneau « de procéder d’urgence à la création d’un fonds d’aide aux entreprises et d’un dispositif de gestion des intempéries ».

L’organisation demande aussi à la MSA un étalement et la prise en charge de cotisations sociales.

Lire aussi : Les entreprises de travaux agricoles attendent un meilleur soutien des pouvoirs publics

Demande d’égalité de traitement avec les agriculteurs

La FNEDT en profite aussi pour revenir sur des revendications récurrentes : à savoir « l’égalité de traitement des ETA avec les agriculteurs », notamment en matière d’exonération des charges patronales sur les TO-DE (dont elles bénéficiaient jusqu’en 2015) et le rattachement à l’article L311-1 du code rural pour accéder au fonds intempéries et à des financements d’agroéquipements.

Lire aussi : Christian de Barrin, nouveau directeur de la FNEDT

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