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Des capteurs à Innovine

Les 16 et 17 novembre se déroulait le symposium clôturant Innovine, dont certains partenaires s’intéressaient aux capteurs embarqués et aux OAD.

Mi-novembre, se tenait le symposium concluant quatre ans de projet Innovine. Ayant reçu un financement du septième Programme-Cadre de l’Union Européenne pour la recherche, le développement et la démonstration technologique, ce projet collaboratif européen regroupe vingt-sept partenaires, dont douze privés, issus de sept pays européens. Parmi ces partenaires, certains comme Force-A s’intéressent aux capteurs, d’autres aux outils d’aide à la décision (OAD). Voici quelques-uns des projets présentés.

Smartgrappe Lancement commercial en vue

C’est acté : Fruition Sciences commercialisera le Smartgrappe développée par l’Irstea. "Le lancement commercial aura probablement lieu en 2017", déclare Christophe Guizard, porteur du projet à l’Irstea. L’idée de cet appareil est d’exploiter les capacités de la fonction photo sur un smartphone pour analyser les grappes de raisin. L’application développée permet de détecter les baies, d’en mesurer leur diamètre et la couleur, leur nombre par unité de surface, leur texture (flétrie, pas flétrie, pruine, défauts de surfaces, etc.) et d’établir une cartographie de l’hétérogénéité d’une grappe, ce qui n’est pas possible de faire à l’œil nu. Géolocalisé, l’appareil peut être utilisé pour donner une indication sur la maturité. "En revenant plusieurs fois sur une même grappe, on peut voir sur la grappe ?????? a évolué en termes de diamètres de baie, de colorimétrie, explique Christophe Guizard. À partir de la cinétique d’évolution de la grappe (couleur, diamètre), il y a de multiples applications."

Doté d’un manche, d’un espace où se loge le smartphone et d’un cache, le système permet de prendre en photo de la grappe à une distance normalisée. Des ouvertures semi-transparentes de chaque côté du cache apportent une source multiple de lumière en plus du flash du téléphone. La variabilité de la lumière étant un défi dans la prise d’images, la partie basse du cache est également prise en photo. Cette partie comprend des repères colorimétriques qui servent d’étalons pour s’affranchir de cette variabilité. Quant au prix et au mode d’exportation des données, la balle est désormais dans le camp de Fruition Sciences.

Wineo La très haute résolution pour diminuer les coûts

Outil développé par la société française Noveltis, Wineo est une aide à la gestion des parcelles viticoles exploitant de l’imagerie très haute résolution (4 cm de précision). Ce niveau de précision permet de compter les pieds manquants (précision de 5 %), d’estimer la vigueur de la vigne, mais aussi celle de l’interrang (gestion différenciée de l'??????, par exemple pour le pilotage de la fertilisation azotée. En multipliant les captures d’images aériennes, il est possible de suivre l’évolution de la vigueur (en éliminant les pieds manquants), de voir apparaître des foyers de maladies (tâches de mildiou de 10 cm détectées), voire d’évaluer l’impact réel d’un événement météorologique (grêle, gelée) à l’échelle inter et intraparcellaire.

En prévision de l’implantation de vignes nouvelles, Wineo peut établir une cartographie du potentiel d’ensoleillement. Noveltis possède également un savoir-faire important en météorologie fine (prévisions par carrés de 250 x 250 m) et donc d’estimation des risques météorologiques.

Vite.net L’OAD italien

Vite.net est un outil d’aide à la décision – permettant de piloter ses interventions culturales – développé par Horta, une start-up issue de l’université catholique du Sacré-Cœur à Milan. Cet outil intègre tous les derniers résultats de la recherche en viticulture et les applique aux données récoltées sur l’exploitation. "Il faut commencer par définir des unités de production, à savoir une parcelle, un ensemble de parcelles ou seulement une partie de parcelle, correspondant à un cépage et un type de sol, explique Tito Caffi, l’un des fondateurs d’Horta. Ensuite, on peut installer une ou plusieurs stations météorologiques pour affiner le modèle. L’exploitant a juste à renseigner par la suite toutes ses interventions culturales : Vite.net informera par la suite s’il est utile ou non de traiter, de fertiliser ou d’irriguer, notamment en fonction des prévisions météorologiques. " Bien entendu, plus le modèle intègre de données, plus il sera précis. Après quatre années de commercialisation, Vite.net compte 300 utilisateurs au pays de Dante et commence à se faire connaître hors d’Italie. "Le coût moyen était de 550 euros par exploitation en 2015, explique Tito Caffi. Mais il génère de nombreuses économies. Parfois, un viticulteur serait tenté de traiter après une petite pluie, alors que le modèle montre que la vigne est encore protégée, ce qui se confirme dans les faits. Les économies en termes de protection phytosanitaire s’élèvent à 37 % en viticulture biologique, soit 195 euros/ha, et entre 30 et 50 % en conventionnel. Les viticulteurs traitent moins et au meilleur moment. Ils peuvent même recevoir une alerte SMS lorsque nécessaire." Dans le cadre du projet Innovine, de nouvelles applications ont été développées, comme un modèle d’estimation de dose optimale, la mise en place d’indicateurs (impact en termes d’énergie, sur l’eau, l’air, le sol, la biodiversité, la santé humaine) et leur dynamique au fur et à mesure de l’itinéraire cultural, l’intégration d’observations de symptômes ou encore la détection précoce de déficit hydrique. Toutes ces informations sont intégrées et réactualisées toutes les heures.

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