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Concilier productivité et confort de traite en système roto

Traire jusqu’à 120 vaches en une heure avec une salle de traite rotative s’avère avantageux avec de grands troupeaux, mais impose une certaine cadence, du stress et une charge mentale à ne pas négliger lorsque le trayeur est seul. Pour pallier ces contraintes, l’automatisation de certaines tâches et l’optimisation de l’ergonomie des équipements deviennent indispensables.

Face à la nouvelle génération d’éleveurs exigeant matin et soir un temps de traite minimum, le tout dans de bonnes conditions, l’automatisation de certaines tâches est proposée par les constructeurs, diminuant ainsi la pénibilité des gestes répétitifs, vecteurs de troubles musculosquelettique bien connus des trayeurs. Outre le fait d’équiper son roto de griffes à trempage et désinfection automatique ou de bras facilitant la pose de celles-ci par exemple, l’ensemble de la profession s’accorde sur certains équipements à prévoir de base lors de l’installation du roto : un plancher mobile, afin d’adapter la hauteur en fonction de la taille du trayeur, un bon éclairage du poste de traite, des portes de tri complétées de différents box et des griffes légères. Bien sûr, en fonction des tâches à effectuer, l’éleveur devra veiller à adapter la vitesse de rotation du roto, qui est un des principaux facteurs influençant le confort de traite.

Moins de pénibilité et de gestes lors de la traite

Confort de traite roto Réussir machinisme

La pose des faisceaux trayeurs est la phase la plus répétitive et contraignante. Selon Yvann Lepoittevin, technicien traite et qualité du lait à la chambre d’agriculture de Normandie : « L’accès aux mamelles est facilité lorsque les stalles du roto sont équipées d’écarteurs de pattes. Avec cet équipement simple et fixe, la vache écarte naturellement les pattes, facilitant la pose des manchons. Lorsqu’ils sont de couleur noire, ces écarteurs servent également de support pour les premiers jets, afin de détecter les mammites, par exemple ». Limiter les gestes tout au long de la période de traite passe également par des mamelles bien positionnées et les plus propres possible. « Travailler en amont sur la génétique du troupeau est aussi important, en sélectionnant des vaches avec un bon équilibre de trayon et une hauteur de mamelle ni trop haute, ni trop basse », précise Yvann Lepoittevin. Pour soulager les bras de l’opérateur lors de la pose des griffes et éviter les tendinites, un bras soutenant les tuyaux à lait et de pulsation est proposé par le constructeur SAC. Cet équipement, dénommé Balance Arm, a reçu un Innov’Space 2020. Fabriqué en acier inoxydable et fixé sous le quai, il fonctionne de façon mécanique, grâce à un contrepoids supportant les tuyaux. Le Balance Arm diminue le poids du faisceau de 500 grammes, tout en assurant un bon équilibre de la griffe sous la mamelle. Il présente une conception plus simple et plus discrète que le bras Posiform de GEA. Après programmation, ce bras soulève automatiquement le faisceau vers la mamelle et l’abaisse en dessous de quai lors du décrochage, grâce à une ficelle coulissante attachée en haut de la griffe et logée à l’intérieur du bras. Les tuyaux à lait et de pulsation sont eux supportés par une attache rapide qui s’accroche en bout de bras après le branchement des manchons, assurant le bon équilibre des faisceaux.

Lire aussi : Synthèse Elevage - Soin des pieds automatisés dans le roto

L’identification automatique conforte l’organisation des trayeurs

Prendre de l’avance sur la cadence de traite, parfois élevée pour gagner du temps, s’avère rassurant pour les trayeurs. Ainsi, à l’entrée et sortie des vaches, un système d’identification automatique peut-être installé. Un câblage électronique jusqu’à l’ordinateur de gestion du troupeau, des colliers ou puces électroniques (RFID) sur chaque vache et une porte de tri en sortie sont nécessaires pour optimiser la circulation des animaux. C’est ensuite via le logiciel de gestion du troupeau, que l’éleveur va définir différentes alertes audibles ou visibles lorsque qu’une vache sous antibiotique va passer l’entrée, par exemple. Les logiciels Dairy Plan de GEA ou DelPro de DeLaval intègrent par exemple, en plus d’une alerte visuelle sur chaque poste de traite, une option vocale nécessitant des enceintes. Dès l’entrée de la vache, une voix avertit le trayeur, afin qu’il pose un bidon pour écarter le lait ou se méfie d’une bête nerveuse, par exemple. Boumatic et SAC optent, eux, pour un éclairage leds alertant le trayeur selon un code couleur. Enfin, l’identification de chaque vache sur le roto peut être visible depuis un seul et même écran situé à hauteur d’homme. Cet écran facilite le suivi de la traite sans se déplacer et indique les caractéristiques de chaque vache (chaleur, soin à effectuer…) permettant au trayeur de sélectionner celles à séparer du troupeau à l’aide d’une porte de tri.

Rétrécisseur d’aire d’attente et faisceau automatisé pour traire seul

Confort de traite roto Réussir machinisme

Ne plus se rendre dans le parc d’attente pour pousser les vaches libère également du temps au trayeur et lui évite de prendre des risques avec ses animaux. Pour cela, des rétrécisseurs d’aire d’attente, aussi appelés chiens, s’actionnent manuellement ou automatiquement. Ils poussent progressivement les vaches, afin que leur entrée dans le roto soit proportionnelle à la cadence de traite. Cette solution a été choisie par David et Kevin Giroux lors de l’installation d’un roto GEA 36 places. « Notre roto intérieur, en service depuis trois ans, est équipé d’un rétrécisseur d’aire d’attente, afin de traire seul en 1h20 nos 180 vaches. Cet équipement est doté d’une caméra qui permet de surveiller le parc d’attente et d’intervenir en cas de problème. Il évite les déplacements et diminue le temps d’attente des vaches », apprécient les éleveurs. Ces barrières poussantes, à entrainement mécanique pour moins stresser le troupeau, se relèvent et reculent lorsque le premier lot de vache est terminé. Elles peuvent être équipées d’un racleur pour nettoyer automatiquement le parc en fin de traite. Les deux frères ont également installé des griffes apolloIQ de chez GEA. « Ces griffes assurent le trempage des trayons puis la désinfection et le rinçage entre chaque vache lorsque le faisceau est retourné sous le quai, afin d’éviter les projections d’acide et optimiser l’évacuation de celui-ci. Une soupape empêche la contamination vers les tuyaux courts à lait. Cette automatisation nous permet de rester à poste fixe tout en gardant un œil sur les autres postes, afin de rebrancher des griffes en cas de décrochage, par exemple », ajoute David Giroux. Ce système est aussi proposé chez Boumatic avec l’e-DIP. Les manchons sont alimentés en produit de trempage par un petit tuyau qui est désinfecté puis rincé après le décrochage, tout comme le faisceau qui profite en plus d’une phase terminale de séchage. Chez ADF Milking, une valve à double injection est utilisée pour le trempage et la désinfection, dont l’automatisation est connectée à internet, afin de mieux gérer ses stocks de produits d’hygiène. Le trempage peut aussi être effectué avec un pistolet doseur fonctionnant sous air comprimé, avec recharge automatique. Des robots de pulvérisation sont également proposés chez Boumatic (modèle SR2 monté sur un rail) et DeLaval (solution TSR à poste fixe). Dans les deux cas, un bras guidé par une caméra 3D assure la pulvérisation du produit antibactérien sous forme de spray autour des trayons et limite les contaminations croisées, rencontrées parfois avec les gobelets manuels.

Se passer des griffes, comme un robot de traite

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Le poids des griffes et leur manipulation constituent l’une des principales contraintes pour le trayeur. Certains développements ont permis de se passer de la griffe, à l’image de la conception d’un robot de traite. C’est au salon d’élevage Eurotier en Allemagne qu’une solution de traite intermédiaire et sans griffe de marque Silicon Form, a séduit Denis Mousset, agriculteur et détenteur d’une salle de traite 2x4 dans l’Orne. Pour un investissement de 8 000 euros par poste, ce système capable de s’adapter sur un roto, lui permet de brancher 4 gobelets d’environ 400 grammes chacun, à l’aide d’une seule main. Supportés par un bras articulé, les gobelets sont présentés à 90 degrés face au trayeur. Le déclenchement du vide se fait ensuite par une pression de la hanche via une commande sur la rive de quai. A la fin du décrochage automatique quartier par quartier, le bras se présente en position lavage pour assurer, entre chaque vache, un cycle de rinçage, désinfection et rinçage des manchons. Une solution prometteuse selon la chambre d’agriculture de Bretagne qui, dans le cadre d’une recherche de références pour l'amélioration des conditions de travail menée par Sébastien Guiocheau, s’intéresse à une technique similaire développée par un agriculteur des Pays-Bas, en partenariat avec une concession SAC Christensen. Tout l’automatisme est logé sous le quai d’une salle de traite TPA mais existe aussi sur un roto avec une maçonnerie adaptée en conséquence. En appuyant sur un bouton situé en rive de quai, les manchons se présentent sous le pis de la vache en se surélevant de 15 cm après ouverture des 4 capots circulaires de protection, indispensables pour éviter les projections et les piétinements. Les mouvements rotatifs pour aller chercher les manchons sont alors supprimés, préservant les bras du trayeur avec une rapidité et simplicité de branchement redoutable. Le décrochage automatique quartier par quartier permet à chaque capot de se refermer après la dépose des manchons, la désinfection et le rinçage se faisant seulement en fin de traite.

 

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