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Comment choisir son smartphone renforcé ?

Les smartphones se sont largement démocratisés dans le monde agricole. Parmi eux, les modèles renforcés trouvent toute légitimité.

Durcis, antichocs, tout terrain, ultra-résistants ou encore outdoor : tels sont les qualificatifs qui s’appliquent aux smartphones renforcés, résistants aux chocs, à l’eau et à la poussière. Ces téléphones tactiles semblent intéresser de plus en plus les agriculteurs. Les smartphones composent aujourd’hui pour la très grande majorité des téléphones portables vendus. En 2019, quatre téléphones portables sur cinq étaient un smartphone, c’est-à-dire un téléphone portable doté d’un écran tactile couleur adapté à la navigation sur le web. Les téléphones mobiles à clapet ou monoblocs à clapet, comme le bon vieux et indestructible Nokia 3310, n’ont plus le vent en poupe. Les agriculteurs n’attendent plus de leur téléphone portable qu’il serve uniquement à passer des appels ou à envoyer des SMS. Ils veulent pouvoir consulter la météorologie, consulter les comptes bancaires, pouvoir paramétrer leur épandeur en fonction de l’engrais appliqué, optimiser la pression des pneus en fonction de la charge par essieu et de la monte, pouvoir utiliser des outils en ligne de reconnaissance d’espèces végétales, renseigner leur carnet de plaine, consulter un tutoriel pour entretenir ou réparer un outil… Bref, avoir accès à la totalité du contenu du web et même plus.

Sur le marché des smartphones, la liste des marques et des appareils ne cesse de s’agrandir, avec des tarifs allant de 50 à plus de 1 600 euros. Et les appareils les plus chers ne sont pas forcément les plus adaptés au monde agricole. Les risques de chute du smartphone dans la cour bétonnée, dans la poussière ou dans un bac d’eau sont monnaie courante. Lors de l’achat d’un appareil, il peut être intéressant de porter son choix sur un appareil durci. Tous les éléments qui le composent ont été renforcés, afin qu’ils puissent supporter la chaleur, le grand froid, les poussières, la vibration, le choc, la chute, l’humidité et même l’immersion temporaire dans l’eau.

L’IP, indice d’étanchéité à la poussière et à l’eau

En effet, une coque et/ou un verre trempé ne suffisent pas toujours à bien protéger le smartphone des chocs, encore moins de les rendre étanches. Le renouvellement des générations d’appareils mobiles voit se démocratiser l’arrivée de cellulaires étanches. Mais derrière ce terme d’étanchéité, se cachent deux critères régis par l’indice de protection, appelé IP, décrit par la norme européenne EN 60529. Cet indice est suivi de deux chiffres, le premier définissant l’étanchéité aux corps solides, le second à l’eau pure (cf tableau ci-dessous). Privilégiez les smartphones antichocs disposant d’un indice IP 67 à 69, qui permettent de survivre à de nombreuses situations dans le monde agricole.

Définition des deux chiffres de l'indice IP

Autre risque pour les smartphones : le téléphone qui s’échappe de la poche et tombe. Les constructeurs de smartphones durcis annoncent bien souvent des hauteurs de chute de 1 ; 1,20 ; 1,50 ; 1,80 voire 2 mètres, des valeurs qui ne semblent pas normalisées. Seule la certification MIL-STD 810 (voir encadré) semble normaliser le test en faisant subir 26 chutes à une hauteur de 1,22 m sur une planche de contreplaquée posée sur un sol de béton.

Résister à la chute

Si ce n’est pas le smartphone qui chute, cela peut être d’autres objets qui tombent dessus. Un indice, appelé IK, normalise la puissance d’un choc subi par un appareil, puissance mesurée en joules (cf tableau ci-dessous). Ne cherchez pas le smartphone IK10 + : il n’existe pas. Les meilleurs du marché par rapport à ce critère répondent à IK08, soit correspondant à la chute d’un objet de 1,7 kg tombant de 30 cm. Peu nombreux sont les téléphones affichant une valeur d’IK élevée. Sachez tout de même que certains écrans de protection à coller sur l’écran du smartphone, la partie la plus fragile du smartphone, permettent d’atteindre l’indice IK06.

Définition de l'impact correspondant à chaque indice IK, avec poids et hauteur du projectile appliqué lors des tests.

Bien entendu, avec des appareils résistants aux chocs, il ne faut s’attendre à avoir un appareil fin et léger. Un smartphone équipé d’un écran 5 pouces pèse autour de 250 grammes, contre environ 150 grammes pour un modèle classique, et est environ deux fois plus épais.

Autre critère à prendre en compte, la température. Dans les conditions particulièrement chaudes ou froides, le smartphone peut devenir non-opérationnel. Il faudra revenir à des températures plus tempérées pour pouvoir s’en servir. Porté sur soi, le smartphone garde généralement une température opérationnelle. Laissé dans la cabine d’un tracteur à l’arrêt au soleil plusieurs heures peut l’empêcher d’être fonctionnel. Certains appareils renforcés offrent des plages de températures d’utilisation plus importantes que des appareils standards.

Bonne réception et autonomie de batterie

Dans les campagnes françaises, l’assurance de la couverture 4G est loin d’être pleine. Travailler en zone limite de réception peut s’avérer très consommateur de batterie. En effet, avec l’internet mobile, les smartphones sont constamment en train de recevoir ou d’envoyer des données. Lorsque l’on capte difficilement, l’autonomie peut fondre comme neige au soleil. L’une des solutions peut être de couper les données mobiles, mais cela prive temporairement des mails et de l’internet. Le choix du smartphone peut également se porter sur un appareil avec un bon débit d’absorption spécifique (DAS). En France, le DAS est limité à 2 W/kg à cause du risque potentiel d’exposition aux ondes. Un DAS de 0,8 à 1 W/kg assure une réception correcte. Avec un DAS supérieur à 1 W/kg, la réception sera bonne. En complément, la capacité de la batterie est un moyen de s’assurer d’une bonne autonomie, à mettre cependant en perspective avec les composants plus (capacité du processeur, grand écran) ou moins gourmands en puissance et une utilisation plus ou moins intensive. Un appareil doté d’une batterie d’une capacité de 3 000 à 4 000 mAh garantit raisonnablement une autonomie d’une journée.

Selon les usages du téléphone, un capteur photo d’une qualité correcte peut s’avérer utile pour les applications de reconnaissance d’espèces végétales. Pour réaliser un arpentage suffisamment précis - sans atteindre la précision des antennes sur les tracteurs - privilégier les appareils dotés d’une antenne de réception GPS bi-fréquence, avec une précision de l’ordre du mètre.

Enfin, la capacité de stockage est à déterminer en fonction de la quantité d’applications, de photos et de vidéos que l’on souhaite stocker. Si pour les photos et vidéos, de nombreux appareils peuvent accueillir une carte micro-SD, les applications sont en général logées dans la mémoire propre au smartphone. Une capacité de 16 Go peut s’avérer juste pour intégrer 15 à 20 applications et nuire à la performance du téléphone : 32 Go offrent plus de latitude.

MIL-STD 810, le standard militaire américain

Certains smartphones se prévalent d’avoir réussi le standard MIL-STD 810. Ce dernier, établi par l’armée américaine, consiste à soumettre l’appareil à une série de tests (près d’une trentaine) répétés dans différentes conditions (basse pression, haute et basse températures, radiations solaires, pluie, sable, poussière, moisissure, accélérations, vibrations, choc, choc thermique, atmosphères salée ou acide, etc) auxquelles le smartphone peut être confronté dans un usage militaire.

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