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Bien préparer l’ensileuse pour la récolte de maïs épi

L’ensilage d’épis de maïs impose certains aménagements sur l’ensileuse et des réglages adaptés pour bien dégrader les épis récoltés à un stade tardif.

Apprécié pour sa concentration en énergie, laissant la place dans la ration à des fourrages riches en protéines et limitant ainsi la consommation de correcteur azoté, l’ensilage de maïs épi s’est implanté dans certaines régions d’élevage. Sa récolte varie selon les années en fonction des rendements de l’ensilage plante entière. Mais quand ces derniers sont bons, le maïs épi est particulièrement intéressant pour les parcelles très éloignées. En effet, sa densité plus forte et son rendement inférieur permettent de diviser par deux le nombre de bennes.

S’il simplifie le transport, l’ensilage d’épis complique en revanche la récolte en imposant des aménagements sur l’ensileuse. Afin de ne sélectionner que les épis, le bec de l’ensileuse est remplacé par un cueilleur de moissonneuse-batteuse. L’adaptation de ce dernier est facilitée à l’aide d’une interface fournie par le constructeur de l’ensileuse, qui vient s’intercaler entre le bloc hacheur et le cueilleur. Ce cadre d’attelage ne permet de recevoir que des cueilleurs de la marque ou un cueilleur disposant d’un attelage compatible avec la même marque de moissonneuse-batteuse.

Une interface polyvalente

Pour des Cuma ou ETA ayant un parc de moissonneuses-batteuses et d’ensileuses de différentes marques, il existe des solutions polyvalentes comme l’interface Quick Up du spécialiste Capello. Configurable en fonction de la marque de l’ensileuse et de la moissonneuse-batteuse, celle-ci rend compatible les cueilleurs New Holland avec les ensileuses Claas et John Deere, les cueilleurs Claas avec les ensileuses John Deere et enfin, les cueilleurs John Deere avec les ensileuses Claas. Dans une même marque, l’interface n’accepte pas forcément tous les cueilleurs de la gamme. Par exemple, l’interface Claas est homologuée pour recevoir au maximum des modèles huit rangs avec broyeur.

Une coupe fine et un éclateur serré

Après avoir résolu le montage du cueilleur, la première étape consiste à adapter les réglages de l’ensileuse. Le maïs étant récolté à un stade assez tardif, généralement entre 50 et de 60 % de matière sèche, il est essentiel d’avoir un hachage fin et un éclatement efficace des grains. La longueur de coupe est ainsi réglée à son minimum et l’éclateur serré au maximum. « Certains augmentent également le différentiel de vitesse des rouleaux de l’éclateur à 40 ou 50 % », précise Benjamin Harris, chef produit ensileuse chez Claas.

Un fond de rotor adapté pour les maïs très secs

Si ces réglages ne suffisent pas, les constructeurs proposent de monter un fond de rotor doté de plots, de manière à être plus agressif sur les particules grossières (spathes et rafles). Contrairement au maïs plante entière, les épis arrivent dans le rotor dans toutes les directions, ce qui ne favorise pas la régularité de coupe. Pour des maïs très secs, à plus de 60 % de MS, certains constructeurs installent une grille en fond de rotor qui permet de recycler et d’affiner la matière pour un broyage optimal. « Cet équipement est uniquement employé avec un taux de MS élevé et confère une qualité d’affinage optimale », précise Benjamin Harris.

Lire aussi : Quelle taille de bec à maïs faut-il monter sur l’ensileuse ?

Dans la mise en œuvre du chantier d’ensilage, il est conseillé de détourer au préalable la parcelle, afin d’éviter les pertes liées à l’éjection d’un volume trop faible par l’arrière de l’ensileuse, mais aussi de valoriser en ensilage plante entière les petits maïs pauvres en grains des bordures de champ, qui pourraient par ailleurs bourrer l’éclateur.

Ensuite, de façon à s’adapter aux conditions de récolte, la possibilité d’ajuster indépendamment la vitesse des rouleaux d’alimentation et celle du cueilleur permet de mieux réguler l’alimentation de l’ensileuse. Pour cela, il faut que l’entraînement hydraulique du cueilleur ne soit pas lié à celui des rouleaux. En termes de débit de chantier, la capacité du cueilleur, et plus spécialement quand il est équipé d’un broyeur, peut être limitante. Mais selon Benjamin Harris, « avec une machine de 600 chevaux et un cueilleur 8 rangs avec broyeur, on peut avancer à 6-7 km/h, soit aussi vite qu’en plante entière. »  

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