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Bien guider ses outils dans les dévers

Dans des situations de dévers important, bien positionner l’outil en plus du tracteur devient nécessaire.

Avoir un tracteur autoguidé par GPS n’est pas forcément synonyme de bon positionnement de l’outil attelé. En effet, plusieurs paramètres interviennent. Les exigences de précision sont différentes entre un déchaumeur, d’une part, et une bineuse, un strip-tiller ou une planteuse de pommes de terre d’autre part. Avec une bineuse, on cherchera à exploiter au maximum la précision pour travailler au plus près des cultures et réduire autant que possible les intrants, tout en ayant des vitesses de travail élevées. Sur une planteuse, on optimisera l’occupation de l’espace, un positionnement précis pouvant se concrétiser par quelques rangs supplémentaires et donc un gain de production. De plus, les dimensions grandissantes des outils impactent leur position, mais également la tenue de cap de l’ensemble tracteur-outil, notamment dans les dévers. Le tracteur peut sembler bien positionné, mais le poids de l’outil le fait évoluer un peu en crabe. L’outil n’est pas bien placé : ceci est encore plus vrai quand ce dernier est traîné. « On peut arriver à des décalages de 10 à 20 cm dans les dévers importants », explique Jérémy Gorget de Vantage Atlantique-Méditerranée, qui importe les solutions Trimble.

Pour un positionnement idéal de l’outil, il est nécessaire de l’équiper a posteriori d’un capteur adéquat, à savoir une caméra de guidage ou une antenne GPS. Cette dernière est utilisable toute l’année, alors que la caméra n’est exploitable qu’une fois la culture levée.

Pour les spécialistes en solutions d’agriculture de précision, l’autoguidage d’outils impose le guidage dès le semis.  © Massey Ferguson

Dévier le tracteur

Pour corriger la trajectoire de l’outil, la plus économique des solutions consiste à dévier le tracteur pour compenser l’effet de glissement lié au dévers. « Sur un tracteur déjà équipé d’un autoguidage, il faut compter un surcoût autour de 5 000 à 6 000 euros, indique Camille Labaye, responsable produits agriculture de précision, chez John Deere. Cela comprend l’antenne GPS installée sur l’outil, ainsi qu’une partie logicielle, l’activation Ultimate, à intégrer dans la console Greenstar en cabine. »

Si cette solution convient pour les travaux de déchaumage, de préparation du sol et surtout de semis, elle peut trouver ses limites dès que la culture est levée. Dévier le tracteur de sa position idéale peut amener celui-ci à rouler sur la culture.

Guider l’outil quand la culture est levée

Une fois la culture en place, la correction de trajectoire de l’outil indépendante de celle du tracteur devient un passage obligé. « On parle alors de guidage actif de l’outil, explique Camille Labaye. » Cette correction peut être propre à chaque outil. « Soit on exploite certains équipements présents sur l’outil, comme le timon articulé ou les roues directrices, soit on vient greffer des artifices, comme des coutres circulaires directeurs, qui vont corriger en permanence la position de l’outil, explique Jérémy Gorget. Principal inconvénient, le système de guidage reste propre à chaque outil : leur coût se rentabilise sur des grandes surfaces avec des cultures à forte valeur ajoutée. »

Pour plus de polyvalence, John Deere proposera prochainement d’équiper le tracteur de stabilisateurs hydrauliques qui décalent l’outil à gauche ou à droite. Du fait de la course latérale limitée, cette solution est plus adaptée à des outils portés ou traînés courts, dans des dévers modérés.

Des solutions universelles

L'interface Dynatrac de Laforge s'adapte sur tout type de tracteur autoguidé et tout type d'outil. © Laforge

Lorsque le dévers devient plus important et que l’outil traîné est large et lourd, plusieurs spécialistes de l’agriculture de précision font alors appel à l’interface de guidage Dynatrac de Laforge. S’intercalant entre le tracteur et l’outil, elle se compose d’un châssis coulissant attelé sur le relevage trois points du tracteur. « Le Dynatrac offre un débattement de 50 cm (25 à gauche et 25 à droite) », annonce Hervé Defrancq, dirigeant de Laforge. L’offre se compose principalement de trois modèles : Premium (700 kg) pour tracteurs jusqu’à 250 chevaux, Premium +, autorisant en plus une prise de force et Dynatrac Ultimate. D’un poids à vide de 2,5 tonnes, il est compatible avec les tracteurs jusqu’à 500 chevaux et des outils animés par prise de force.

Le Dynatrac s’adapte sur n’importe quel outil et n’importe quel tracteur doté d’un autoguidage. Facturé 10 000 à 16 000 euros selon le modèle, il est piloté aussi bien par GPS que par caméra. « On peut offrir une précision centimétrique à un semoir vieux de 30 ans, plaisante Hervé Defrancq. Sa polyvalence assure un amortissement plus rapide. Si l’agriculteur a deux types de bineuse, une pour les betteraves, l’autre pour le maïs, l’investissement dans le Dynatrac est tout de suite compensé par l’économie à l’achat de deux systèmes de correction de position. »

Quoi qu’il en soit, autoguider les outils peut représenter un investissement lourd - 20 000 à 25 000 € tout compris - qui se justifie pour des cultures à haute valeur ajoutée comme dans les exploitations de maraîchage industriel ou en agriculture biologique.

Le guidage centimétrique s’est démocratisé

Les systèmes de guidage automatiques par GPS se sont bien développés ces dernières années en grandes cultures, y compris à une précision centimétrique. Cela s’explique par une multiplication des corrections GPS RTK, transmises par signaux radio ou par téléphonie (souvent multi-opérateurs). Mais également par la démocratisation de l’autoguidage : sur les tracteurs de forte puissance, le prééquipement d’usine des tracteurs à l’autoguidage est de plus en plus fréquent. Résultat, l’autoguidage intégré peut être accessible dès 5 000 à 8 000 euros selon les constructeurs.

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