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« Avec la moissonneuse en location, je bats pour moins de 80 euros par hectare »

Guillaume Mallet préfère avoir recours à la location plutôt que d’investir dans sa propre moissonneuse-batteuse. Cette solution lui permet de bien connaître ses coûts et de repartir tous les trois ans avec une machine neuve, afin de récolter plus sereinement.

Guillaume Mallet, installé en EARL avec son épouse Anne-Claire à Mésanger en Loire-Atlantique, est à son troisième contrat de location de trois ans d’une moissonneuse-batteuse Claas. Récoltant entre 400 et 500 hectares de céréales par an, il a abandonné la solution de la machine en propriété à la suite d’une mauvaise expérience en pleine saison de récolte.

« Ma moissonneuse-batteuse, qui affichait plusieurs campagnes, est tombée en panne dans le blé, restant immobilisée durant quatre jours. Pendant cette interruption, la pluie est venue dégrader la récolte, qui a du coup perdu en qualité et en poids spécifique », se rappelle l’exploitant. Une telle durée d’immobilisation est d’autant plus handicapante que Guillaume Mallet moissonne jour et nuit, ce qui a représenté à l’époque une grande surface pénalisée et une perte financière importante.

Une machine configurée à la carte

« Grâce à la location, je repars avec une machine neuve de dernière génération tous les trois ans, qui bénéficie en plus, chaque hiver, d’une révision effectuée par le concessionnaire comprise dans le contrat. Les risques de panne sont donc moindres, même s’il arrive que quelques capteurs soient remplacés durant la saison, mais sur ce point je peux compter sur la bonne réactivité du service après-vente. »

Cette solution permet également à l’agriculteur d’adapter, lors du renouvellement, la taille de la machine à son assolement et à ses exigences. Il a ainsi démarré en 2014 avec une Claas Tucano 470, qu’il a remplacée en 2017 par une Tucano 570. En s’orientant en 2020 vers une Lexion 6600, il a fait le choix d’une machine à six secoueurs pour préserver davantage la paille, afin de la commercialiser. S’il n’a pas forcément gagné en débit de chantier par rapport à la précédente, il observe une nette baisse de la consommation de carburant, s’établissant en moyenne à 12 litres par hectare.

Des annuités de 31 000 euros pour 150 heures

Pour la Lexion 6600, Guillaume Mallet a signé avec Claas un échéancier de trois versements fixés aux 20 septembre 2020, 2021 et 2022. « C’est intéressant, car le règlement intervient après la récolte. » Le montant des annuités s’élève à 31 000 euros pour une utilisation annuelle moyenne de 150 heures de batteur.

« La machine reste exclusivement sur mon exploitation durant le contrat et la négociation se déroule comme dans le cadre d’un achat. Je choisis le modèle, la largeur de coupe, la taille des pneumatiques et les options, telles que le guidage automatique et le contrôleur d’humidité. L’annuité est ensuite calculée par le service financier de Claas en fonction de la valeur de la machine configurée », précise l’exploitant.

Un tarif bien en dessous de celui de l’ETA

Sur le plan comptable, la location est considérée comme une charge et présente l’avantage d’abaisser la base d’imposition. De surcroît, elle n’entre pas dans le taux d’endettement. « Je n’ai pas à me soucier de la revente et je ne me trouve donc pas exposé à la taxation de la plus-value. » En termes de coût de revient, pour 500 hectares récoltés, Guillaume Mallet relève une somme de 78 euros par hectare, composée pour 62 euros de frais de location, 6 euros de carburant (12 l/ha), 8,50 euros de main-d’œuvre et 1,50 euro d’assurance et frais divers (carte grise).

« Le tarif est sans surprise d’une année à l’autre. Il est aussi très compétitif par rapport aux ETA du secteur qui facturent aux alentours de 110 euros par hectare, auxquels il faut ajouter 10 euros par hectare en cas de broyage de la paille. » Le céréalier n’est de toute façon pas enclin à déléguer sa moisson, car il est très exigeant sur la qualité de la récolte. Il tient à intervenir au bon stade de maturité et craint de ne pas être servi correctement par une ETA dans sa région, où la récolte se concentre généralement sur quinze jours. « Contrairement aux habitudes de nombreux agriculteurs, je bats par exemple toujours le colza après le blé. »

Se préserver des infestations de ray-grass résistants

Guillaume Mallet soulève également les risques de pollution des parcelles par des ray-grass résistants véhiculés par les machines passant d’une ferme à l’autre. « Avec une moissonneuse-batteuse intervenant uniquement sur mon exploitation, je suis sûr de garder mes champs propres. » L’agriculteur souligne également que le fait de conduire la moissonneuse-batteuse lui permet d’estimer visuellement les incidences de ses choix de variétés et de ses pratiques de travail du sol.

Lire aussi : Moissonneuses-batteuses - Les cinq secoueurs surclassent les six

Assolement 2021

495 ha SAU

210 ha de blé

100 ha d’orge

70 ha de colza

8 ha de soja

8 ha de betteraves fourragères

4 ha de tournesol

80 ha de maïs ensilage

15 ha de prairies

Respecter la machine pour éviter les frais supplémentaires

Le suivi de la moissonneuse-batteuse par le concessionnaire est défini dans un contrat de service signé au moment de la négociation de la location. Il convient de bien respecter la machine pour ne pas supporter de frais supplémentaires.

Le contrat de location de trois ans signé par Guillaume Mallet avec le service financier de Claas interdit la récolte de certaines cultures, comme le maïs grain, qui malmènent les moissonneuses-batteuses. Les conditions relatives à la maintenance sont définies dans le contrat dit Service Plus, qui recense l’ensemble des opérations à réaliser durant la période de mise à disposition. Ainsi, la révision des 100 heures et celles de fin de première, deuxième et troisième saisons sont incluses dans le montant de la location.

Pour ces interventions, l’agriculteur dépose la machine chez le concessionnaire. En cas de panne en saison, si le problème est dû à un composant défectueux, le contrat prévoit la prise en charge de la pièce et les frais relatifs à son remplacement et au déplacement. En revanche, tout souci dû à une mauvaise utilisation est à la charge du client.

Rendre la machine aussi belle qu’au premier jour

L’agriculteur doit de son côté payer la carte grise et l’assurance, ainsi que, bien sûr, le carburant et l’AdBlue. Il a aussi en charge les frais relatifs aux pièces d’usure, telles que les pneumatiques, les patins de coupe, les sections… « Il est important de garder la machine en bon état pour ne pas avoir de frais de remise en état facturés à la fin du contrat. L’idéal est de la rendre aussi belle qu’au premier jour, car si par exemple les capots sont abîmés, la note peut vite grimper. » Un expert de Claas finance vient d’ailleurs tous les ans réaliser une vérification pointue de l’état de la moissonneuse-batteuse. Il contrôle les capots, l’intérieur de la machine et de la cabine. Il mesure même le niveau d’usure des pneumatiques.

Sur la même thématique "Stratégie d'équipement en moissonneuse-batteuse" : 

La copropriété chez Julien Leroux

La propriété chez Régis Le Métayer

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