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Les impacts à venir de la guerre entre l'Iran et Israël/Etats-Unis sur les marchés agricoles

Après trois jours de hauts et de bas sur les marchés à terme agricoles, que faut-il avoir à l'esprit dans l'hypothèse où le conflit au Moyen-Orient se poursuit de façon durable. 

Petit nombre de bateaux dnas le détroit d'Ormuz, l'Iran ayant annoncé que seuls les bâtiments chinois étaient officiellement autorisés à le franchiré
© VesselFinder

Le week-end du samedi 28 février et du dimanche 1er mars a marqué le monde par l’intervention militaire, à travers des frappes aériennes co-conduites par Israël et les Etats-Unis, sur l’Iran. Ces opérations conjointes ont généré un certain nombre de réactions de la part de l’Iran, consistant à frapper Israël mais aussi les pays limitrophes dans le Golfe. Bien sûr, les marchés financiers en général, et ceux des matières premières agricoles en particulier, ont réagi et intégré ces opérations. 

Quid des marchés céréaliers et oléagineux ?

Difficile de savoir exactement ce qui peut se passer. Certains éléments concrets de géopolitiques font penser que les opérations militaires conjointes pourraient durer plus que quelques jours comme annoncés en amont de leur déclenchement. En parallèle, il faut considérer que les opérateurs sur les marchés privilégient encore l’idée que l’abondance des récoltes passées et celles annoncées ou en cours vont permettre un approvisionnement normal des pays importateurs.

A surveiller : 

  • Approvisionnement en blé et en grains en général (céréales et oléagineux) des pays importateurs dans le Golfe : le Kazakhstan ou encore la Russie sont de grands fournisseurs de l’Iran, et d’autres pays de la région mais ont annoncé une suspension temporaire leurs livraisons ; 25 à 30 Mt de grains viennent fournir, par voie maritime, des pays du Golfe chaque année comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran ou encore l’Irak. Pour le moment, les pays concernés comptent sur les stocks constitués pour faire face.
  • Les exportations d’engrais à partir de la zone vers le reste du monde : l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, l’Iran et le Koweit sont des fournisseurs majeurs d’urée, d’ammoniac, de phosphates… et le Qatar a indiqué ce matin avoir stoppé la production de gaz naturel servant à la production d’engrais ; les achats par les pays importateurs à l’aube de l’arrivée du printemps notamment en Europe pourraient en pâtir.

    Lire aussi : Prix des engrais : la guerre Iran/Israël/Etats-Unis provoque une hausse du prix de l'urée

  • Le niveau des prix des matières premières et le comportement d’achat des importateurs en général, surtout si le conflit s'installe dans la durée : la hausse des coûts de matières premières agricoles sur les marchés à terme peut freiner les intentions d’achat ; par exemple, l’Inde a indiqué en début de semaine arrêter ses importations d’huile de soja, au vu de la flambée des cours depuis le déclenchement du conflit en Iran. 
  • Difficultés pour la circulation des navires dans la zone du Golfe et dans la région : le détroit d'Ormuz est désormais fermé mais l’Iran autorise les bateaux de la Chine à passer ; les Houthis ont publiquement déclaré qu’ils pourraient reprendre des activités en mer Rouge (canal de Suez) en soutien à l’Iran ; à prévoir, des surcoûts, des allongements des délais de livraison...
  • Coût du fret (l’augmentation des tarifs dans la zone du Golfe a déjà des répercussions à la hausse sur les coûts concernant la zone US Golfe selon le cabinet Kpler), des assurances, de la sous rentabilité des moyens de transport (des cargos et des vraquiers sous chargés).
  • Des sanctions économiques visant l’Iran post conflit.
  • Le comportement des fonds d'investissement et des spéculateurs.
  • La paire euro-dollar qui peut être un point de soutien, ou pas, des origines UE face aux autres fournisseurs.
  • Le prix du baril de pétrole et du gaz (très important pour les charges des agriculteurs).

Evolution des prix des céréales et oléagineux sur la période du 28 février au 3 mars

Dès les séances de bourse du vendredi 27 février, les opérateurs des marchés à terme avaient intégré cette dimension, le blé coté sur le CBOT réagissant le plus violemment avec des gains en clôture compris entre 16,75 cts$/boisseau et 19,05 cts$/boisseau sur les trois échéances les plus rapprochées et les plus actives (mars, mai et juillet). Le blé sur Euronext a aussi bien grimpé (entre +3,50 et +4,25 €/t sur les trois termes les plus rapprochés et les plus actifs). Des progressions étaient aussi constatées en maïs mais également sur les principaux oléagineux que sont le soja et le colza, de façon moindre cependant que sur le blé.
Lundi 2 mars, changement de décor : les très fortes positions à l’achat du vendredi, qui venaient globalement s'ajouter à plusieurs séances de progression des cours la semaine passée, ont subi des prises de bénéfices importantes, faisant nettement reculer les cours en clôture, à la fois sur le CBOT pour le trio blé, maïs, soja et sur Euronext mais que pour le blé. Les arbitrages internationaux des opérateurs et des investisseurs, notamment des fonds spéculatifs, ont dominé le marché. Les séances ont pourtant d'abord enregistré une très forte poussée des cours à l’ouverture et en début de journée, des deux côtés de l’Atlantique, avec par exemple un blé échéance mai au-dessus de 600 cts$/boisseau à Chicago ou encore un colza échéance mai brièvement au-dessus des 500 €/t sur Euronext. 
Mardi 3 mars, la séance a été plus calme avec des variations en séance et en clôture moins importantes que la veille et l’avant-veille. Il n’empêche que la plupart des échéances les plus rapprochées et les plus actives se retrouvent à des niveaux de cours plus atteints depuis six mois. 

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