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Les araignées, redoutables prédatrices

Mal perçues par bon nombre de personnes, les araignées ont pourtant un rôle majeur dans l’équilibre des écosystèmes en tant que prédateurs. Polyphages, actives quasiment toute l’année, elles sont très complémentaires de l’action d’autres auxiliaires plus connus.

On connaît tous l’araignée. Sa physionomie et sans doute son type de déplacement ont fait de cet arthropode un « mal-aimé ». Et pourtant ! L’araignée est pourvoyeuse de services écosystémiques en participant à la régulation de certains arthropodes ravageurs en cultures.

Une action très complémentaire

Les araignées ne sont pas des insectes : elles possèdent huit pattes et non six.

Dans la classe des arachnides, il y a les araignées et les opilions, ces derniers étant aussi appelés faucheux. Ils sont plus anciens et plus primitifs que les araignées. Ils se distinguent d’elles par un abdomen et un céphalo-thorax (tête et thorax) rassemblés, d’interminables pattes et l’absence de venin. Par rapport à cette dernière caractéristique, les araignées possèdent en effet des chélicères ou crochets capables de produire du venin qui va paralyser la proie capturée. Les araignées sont aussi productrices, dans leur majorité, de soie permettant de construire, pour certaines espèces, des toiles de capture mais aussi enrober leur repas, tapisser leur cachette ou protéger leurs œufs.

Araignées et opilions sont de redoutables prédateurs. Ils sont généralistes, capturant ce qui passe à leur portée. À savoir que les opilions sont aussi, à leurs heures, omnivores, détritiphages, voire charognards. Si araignées et opilions ne sont pas aussi efficaces que certains auxiliaires sur des ravageurs (on pense aux coccinelles ou aux chrysopes sur pucerons), ils offrent une action très complémentaire dans la régulation des ravageurs (même s’ils chassent aussi des espèces auxiliaires).

Il existe environ 1600 espèces en France, dont une centaine en productions agricoles. Toutes n’ont pas la même technique de chasse : certaines chassent à courre, au sol, quand d’autres sont à l’affût, à l’entrée de leur cachette, dans le sol ou sur une inflorescence ou encore sur leurs toiles, qu’elles auront tissées dans un couloir de vol d’insectes.

Toutes les strates, depuis le sol jusqu’aux sommités

Araignées et opilions occupent tous les milieux et toutes les strates de végétation, depuis le sol jusqu’aux sommités florales. Certaines espèces vivent dans la litière. Certaines occupent des terriers creusés dans le sol. Si on veut bénéficier de leurs services, il faut donc varier les types de végétation (pour avoir une plus grande diversité d’arachnides), notamment à proximité des parcelles cultivées. Le grand intérêt d’avoir des araignées est que celles-ci, contrairement à d’autres auxiliaires, sont actives toute l’année ou presque. Elles peuvent intervenir dès l’émergence des ravageurs potentiels mais aussi tard en saison. Ainsi, bandes enherbées (semées ou mieux, spontanées) et haies sont très favorables à leur présence. Depuis ces éléments, les « huit pattes » vont facilement aller chasser dans les cultures, à partir du moment où la largeur des parcelles leur permet de couvrir toute la surface. À propos, araignées et opilions peuvent aussi se disperser par le vent.

Le broyage est délétère pour ces prédateurs, détruisant leurs abris et structures de chasse (toiles). Il l’est notamment en fin d’été, moment de reproduction de beaucoup d’espèces d’araignées. Le travail du sol a également un impact négatif en détruisant le gîte des araignées vivant au sol.

Bien sûr, certains intrants ont des effets soit directs (on cite les insecticides organophosphorés, les pyréthrinoïdes et les carbamates - source : J. Villenave-Chasset), soit indirects (insecticides éliminant une partie de leur garde-manger).

Repères

Les indices caractéristiques de la présence d’araignées dans les cultures et à proximité sont les fils de soie reliant un végétal à un autre et bien sûr, les toiles plus développées.

En y regardant d’un peu plus près, il est tout à fait possible d’observer des individus, les araignées patientant sur leurs toiles ou même celles, comme les araignées crabe, à l’affût sur une fleur.

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