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Tour de plaine oléagineux
Léger rebond de la production française de colza entre 2019/2020 et 2020/2021?

Stratégie Grains table sur une récolte hexagonale de 3,6 à 3,7 Mt lors de la présente campagne. La société d'analyse estime la sole de tournesol proche des 700 000 ha, avec une hausse de la part de la qualité oléique.

© pasja1000-Pixabay

Finalement, il se pourrait que la récolte 2020 de colza hexagonal dépasse quelque peu celle de 2019. « Nous travaillons sur une hypothèse d’un léger rebond de la récolte nationale, à 3,6-3,7 Mt », contre 3,46 Mt selon le dernier rapport d’Agreste, rapporte Vincent Braak, analyste de Stratégie Grains. Attention toutefois au manque de pluie attendu durant les 10 prochains jours, qui pourrait changer la donne.

Des colzas en fleurs dès le mois de mars !

La campagne culturale de colza aura été pour la deuxième année consécutive difficile. Des dégâts d’insectes (charençons, altises…) et de maladies (sclerotinia, cylindrosporiose) ont été rapportés. Mais la pression maladie « a été plus faible que l’an dernier dans l’ensemble », souligne Vincent Braak. Les cultures de colza ayant été semées très tôt sont celles qui s’en sont généralement le mieux sorties. « Des parcelles présentent une bonne biomasse, et des floraisons très précoces, avant la fin mars », précise-t-il. Comme pour les céréales, la partie ouest du pays s’en tire généralement mieux que la partie est.

Le colza présente de fortes propriétés de résilience, et des secteurs ont passé sans trop de dégâts la période de sec au printemps. Et les précipitations de mai ont globalement été bénéfiques, malgré leur inégale répartition sur le territoire français. Lionel Gibier, directeur du pôle Végétal de la Scael (dont le secteur s’établit sur la région Centre-Val de Loire et un peu la Normandie) en témoigne : « des parcelles se sont bien régénérées, grâce à un temps clair favorisant la fécondation. Bien qu’il y ait de l’hétérogénéité, nous tablons sur des rendements moyens à 35 q/ha sur notre secteur ».

Toutefois, la campagne n’est pas terminée, et de trop faibles précipitations durant les 10 prochains jours pourraient aggraver la situation. « Nous manquons d’eau, et les PMG (poids de mille grains) pourrait être très affectés », alerte Lionel Gibier.

Encore des incertitudes quant aux dégâts liés au gel tardif

Le débat sur les dégâts de gel tardif survenu fin mars n’est pas totalement achevé. Rappelons que Terres Inovia, qui se montrait d’abord pessimiste, a ensuite mis de l’eau dans son vin. Vincent Braak de Stratégie Grains a pour le moment tendance à suivre l’opinion de Terres Inovia : « le gel a fait des dégâts, mais de manière très localisée ».

En revanche, Jean-Olivier Lhuissier, directeur de la collecte de Vivescia, dont le secteur s’étend sur une bonne partie de la région Grand-Est, est plus pessimiste : « environ 3 000 ha ont été touchés par le gel, et sont très pénalisés. Et ce notamment dans les départements de la Haute-Marne et de l’Aube. Des agriculteurs ont dû procéder à des retournements de parcelles fin mars ! ». Ce dernier indique que la Lorraine a aussi été touchée. Le directeur de la collecte de Vivescia alerte également sur le fait que « l'observation de populations de siliques presque deux fois plus faibles que d’habitude. Nous sommes suspendus aux PMG ! ».

Luc Lorin, agriculteur dans l’Eure-et-Loir et fondateur de la société Visio Crop, fournissant des outils d’aides à la décision pour les producteurs de grandes cultures, affirme avoir lui aussi été touché par le gel tardif dans ses parcelles. S’il ne conteste pas l’information de Terres Inovia, jugeant les dégâts de gel très localisés, il craint le déficit de précipitations durant les prochains jours. « Depuis le premier mai jusqu’à maintenant, la météo a été favorable au colza. Mais que se passera-t-il après ? Le potentiel des PMG pourrait souffrir du manque d’eau durant les 10 prochains jours ».

Hausse annuelle de la sole de tournesol de 15-16%

Du côté du tournesol, Stratégie Grains table « sur une surface nationale proche de 700 000 ha en 2020, constituant une hausse de 15-16% par rapport à 2019, et une progression d’un peu plus de 20% par rapport à la moyenne quinquennale », souligne Vincent Braak. Des chiffres qui correspondent à peu près à ceux publiés par Agreste début mai, tablant sur des surfaces de 690 000 ha cette année, en augmentation de 14,3% par rapport à l’an dernier.
La part de la qualité oléique devrait une nouvelle fois progresser, « passant de 75% en 2019 à 80-85% cette année », témoigne Vincent Braak.

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