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FranceAgriMer alerte sur l’émergence de la concurrence du blé argentin, après une première moitié de campagne dynamique en termes d'exportations céréalières

L’édition du mois de janvier des bilans céréaliers français présente des révisions en baisse des exportations de blé et d’orge vers les pays tiers, après de bonnes performances sur la première partie de la campagne 2025-2026.

 

Chargement de blé sur un bateau dans le port de Rouen par Sénalia.
Le blé français risque de subir la concurrence de l'Argentine sur les marchés d'exportation sur la deuxième moitié de campagne, et l'orge celle de l'Allemagne et de l'Australie.
© J.-C. Gutner

Lors de la conférence de presse tenue par FranceAgriMer en marge du Conseil spécialisé Marchés céréaliers du 14 janvier 2026, l’avance des exportations européennes et françaises de blé et d’orge sur le début de la campagne 2025-2026 par rapport à 2024-2025 a été mise en lumière. « En blé tendre, le cumul des exportations à cinq mois de campagne a quasiment doublé par rapport à l’an dernier, passant de 3,70 Mt en 2024 à 6,58 Mt en 2025 », a déclaré Habasse Diagouraga, chargé d’études sur les marchés français des céréales à FranceAgriMer. C’est principalement le débouché marocain qui a porté les exportations vers les pays tiers sur le début de campagne. « Les données des douanes à cinq mois font état de 1,63 Mt expédiées vers le Royaume chérifien. Il y a encore 300 000 t dans les line-ups de décembre, et les 2 Mt sur les 3 Mt prévues devraient être atteints à la fin du mois de janvier », a-t-il renchéri.

Lire aussi : « Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le retour de l’Arabie saoudite dans les destinations françaises a porté les flux d’orge fourragère

Après des expéditions d’orge importantes vers la Chine sur les mois de juillet et août, c’est l’Arabie saoudite qui a pris le relai avec 512 000 t réalisées sur les cinq premiers mois de campagne. Les exportations d’orge françaises montrent une avance de près d’un million de tonnes par rapport à 2024, à 2,89 Mt à fin novembre 2025 contre 1,88 Mt en 2024.

Lire aussi : Marché des céréales : les exportations françaises réalisent un début de campagne encourageant

Le maïs français bénéficie du retard de l’Ukraine à l’exportation, en concurrence avec l’origine États-Unis

Sur le marché européen, les importations de maïs en provenance des pays tiers sont en recul par rapport à la campagne précédente, d’après les données Taxud de la Commission européenne. La faute aux problèmes d’approvisionnement et de logistique au départ de l’Ukraine. « L’origine Ukraine a été en partie remplacée par les États-Unis. L’Ukraine représentait 56 % des volumes de maïs importés vers l’Union européenne sur 2024-2025 à mi-janvier, et 15 % pour les États-Unis. Cette année, l’Ukraine ne compte que pour 5 % des volumes contre 32 % pour le pays de l’Oncle Sam », analyse Jean Jacquez, chargé d'études économiques sur le marché européen des céréales pour FranceAgriMer. 

« Le maïs français non OGM a été bien demandé dans l’Union européenne dans le contexte de moindre disponibilité du maïs ukrainien », a-t-il ajouté. Ce mois-ci, les exportations de maïs ont d’ailleurs été révisées en hausse de 20 000 t à destination de l’Union européenne, à un chiffre déjà important par rapport aux campagnes précédentes de 4,537 Mt. Vers les pays tiers (principalement le Royaume-Uni), elles ont été corrigées à la hausse de 50 000 t à 525 000 t. Avec une rehaussement de la collecte liée à l’ajustement des chiffres de production, le bilan français du maïs s’alourdit cependant de 304 000 t.

Les exportations françaises de blé en proie à la concurrence argentine sur la deuxième moitié de campagne

Malgré des chiffres d’exportation dynamiques sur la première partie de campagne, FranceAgriMer a tout de même révisé en baisse de 100 000 t sa prévision d’exportations de blé tendre vers les pays tiers pour 2025-2026, à 7,5 Mt. « Les premiers volumes argentins sont d’ores et déjà arrivés au Maroc, et les expéditions vers ce pays devraient ralentir sur la deuxième partie de campagne », a expliqué Habasse Diagouraga. 

L’arrivée de la récolte argentine abondante sur les marchés conduit à un ajustement à la baisse des exportations françaises de blé vers les pays tiers.

La baisse a cependant été compensée par une révision en hausse des volumes expédiés vers l’Union européenne, notamment les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne. Les stocks prévus pour la fin de campagne 2025-2026 ont été relevés de 57 000 t, avec un recul prévu des utilisations en meunerie.

Demande dynamique en orge australienne

Les chiffres prévisionnels d’exportations d’orge établis à un niveau élevé par FranceAgriMer pour 2025-2026 ont dû être légèrement ajustés à la baisse ce mois-ci, de 12 000 t sur l’Union européenne et 50 000 t sur les pays tiers.

Vers l’Arabie saoudite et le Maghreb, l’orge allemande devrait prendre le relai sur la deuxième partie de campagne. En direction de la Chine, les volumes australiens abondants représentent une concurrence pour la marchandise française, et ce alors que les disponibilités s’épuisent en France et que les prix sont désormais très élevés (estimés à 191,50 €/t en rendu Rouen sur janvier-mars par La Dépêche Le Petit Meunier).

Des données d’exportations européennes sous-estimées en blé tendre, selon FranceAgriMer

Lors de la conférence de presse, Jean Jacquez a attiré l’attention des participant·e·s sur les chiffres des déclarations Taxud de la Commission européenne en blé tendre au 5 janvier 2026. Selon FranceAgriMer, des volumes roumains, estoniens et lettons seraient déclarés par erreur en blé dur. De plus, des données manquent pour la Bulgarie et la Pologne. Cela porterait le cumul des exportations européennes au 5 janvier à 13,7 Mt contre 11,6 Mt affichées par la Commission européenne. « Même avec cette rectification, l’objectif d’exportations à 31 Mt inscrit au bilan de la Commission européenne semble peu atteignable », a-t-il conclu.

 

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