Aller au contenu principal

« Nous ne voyons pas de raison pour que les prix du blé remontent à nouveau », déclare Philippe Chalmin

Pour Philippe Chalmin, économiste, la place de la Chine sur les marchés mondiaux devrait constituer le principal facteur de variation des prix du blé. L’édition 2024 du rapport CyclOpe (éditions Economica) prévoit leur stabilisation pour la campagne 2024-2025.

Couverture de l'édition 2024 du rapport annuel CyclOpe "Attendre et espérer".
© Cercle CyclOpe

Les prévisions de début d’année 2024 pour les marchés du blé se confirment, d’après l’économiste Philippe Chalmin. « Malgré le récent rebond des prix, nous ne voyons pas de raison pour qu'ils remontent à nouveau », assure le président du cercle CyclOpe de réflexion sur les marchés des matières premières

« Pas de raison pour que les prix du blé remontent », selon Philippe Chalmin.

Les achats chinois déprimés pèsent sur le prix du maïs

L’économiste est moins enthousiaste en ce qui concerne les prix du maïs, et tempère ses prévisions de début d’année. 

Lire aussi : "Prix du blé tendre et du maïs : un léger rebond attendu en 2024, selon CyclOpe"

« D’excellentes récoltes – et notamment des emblavements record aux États-Unis – devraient peser sur les prix. Les événements des dernières années en mer Noire ont prouvé que le marché du maïs s’était montré plus résilient que celui du blé », a-t-il précisé.

« D’excellentes récoltes devraient peser sur les prix du maïs », selon Philippe Chalmin.

Plus que les récoltes, le principal facteur à suivre restera l’intérêt de la Chine pour les grains mondiaux. « Il ne semble pas y avoir une croissance énorme des achats chinois », alerte Philippe Chalmin. Il doute ainsi du maintien des niveaux d’importations de l’Empire du Milieu sur la prochaine campagne, ce qui pourrait peser sur les prix des céréales et du soja.

Lire aussi : "Macroéconomie des marchés agricoles : reprendre les historiques"

Les futurs développements de la guerre en Ukraine sont déjà intégrés par les marchés

Ensuite, « les marchés ont parfaitement intégré la guerre en Ukraine ». Philippe Chalmin en profite d'ailleurs pour saluer « la résilience du système agricole ukrainien », que ce soit sur les secteurs des céréales, du sucre ou de la volaille.  

Lire aussi : "Le sucre, premier à bénéficier du « frein d’urgence » pour les importations d’Ukraine ?"

Les exportations de grains continuent en effet de sortir des ports de la mer Noire. Le pays ne semble pas non plus connaître de problèmes d’approvisionnement en semences ou en engrais

Un retour à des marchés plus classiques ?

Dans l'édition 2024 du rapport CyclOpe, sous-titré « Attendre et espérer », le cercle de réflexion sur les marchés s’attend à un retour à des schémas classiques de marché avec une présence accrue des pays de la mer Noire en première partie de campagne, suivis en deuxième partie de campagne par l’Union européenne et les États-Unis. « On ne peut pas comparer la campagne à venir avec celle de 2021-2022 qui était totalement exceptionnelle pour l’Ukraine. Un retour à la normale devrait s’opérer. L’Ukraine pourrait exporter un peu moins de 45 Mt de grains d’ici la fin de campagne », prévoit l’économiste. Une éventuelle mobilisation militaire élargie en Ukraine ne devrait pas, selon lui, avoir de sérieux impacts sur les marchés mondiaux. 

Du côté de la Russie, les perspectives sont aussi positives d’après le président du cercle CyclOpe quant aux exportations de blé du pays : « Les autorités russes ont mis en place un prix minimum d’exportation et n’ont pas pu le tenir. Il est clair que les États-Unis perdent des parts de marché en blé et surtout en maïs face au Brésil ». La Russie devrait consolider sa place de leader sur les marchés du blé, et le Brésil et l’Inde respectivement sur ceux du maïs et du riz

Lire aussi : "Recul de la sole de maïs de 5 % annuellement, selon l’USDA"

Les prix du pétrole plutôt orientés à la baisse

Le rapport CyclOpe 2024 s’affiche plutôt baissier sur le pétrole, et stable sur les prix de l’énergie en général. Les risques liés aux attaques des rebelles Houthis lors du passage du détroit de Bab el Mandeb par les tankers sont maintenant intégrés par les marchés. 

L’Irak vient d’ailleurs d’annoncer une augmentation de sa production. Le rapport s’attend à un baril à 75 $, « ce qui est plutôt en dessous de la réalité pour l’instant », d'après l'économiste.

À suivre : la météo des cultures, la guerre en Ukraine, les importations de la Chine

La météo reste bien entendu à suivre sur la campagne 2024-2025, rappelle l'expert. Par exemple, la fin du phénomène météorologique El Niño devrait soutenir la production. 

Mais il ne faut pas négliger la géopolitique. Un arrêt ou une escalade du conflit en Ukraine jouera sur les cours. 

Dernier facteur à surveiller, qui s'avère le plus important : les perspectives moroses pour la demande chinoise qui devraient orienter les prix des céréales à la baisse, selon l’économiste. « Il ne faut pas oublier que si la guerre en Ukraine a eu un impact si important, c’est que la tension avait été préparée par l’irruption de la Chine comme premier importateur mondial de grains en 2020-2021. Elle a importé 50 millions de tonnes sur la campagne, et personne ne l’avait anticipé. C’est à ce moment-là que le blé a passé la barre des 300 €/t sur Euronext », rappelle Philippe Chalmin. 

« Si la guerre en Ukraine a eu un impact aussi important, c’est que la tension avait été préparée par l’irruption de la Chine comme premier importateur de grains », selon Philippe Chalmin.

Lire aussi : "Un marché des céréales sans boussole en 2024"

Les plus lus

Marché des engrais : sous tension avec l'application de la taxe MACF au 1er janvier 2026

Mouvementé, Novembre a démarré par un fort regain d’activité sur le marché des engrais dû à des rattrapages, malgré les…

photo d'une moissonneuse dans un champ de céréales.
Dijon Céréales se recentre sur son territoire après une difficile campagne 2024-2025

Une collecte en baisse, des coûts de production en hausse et un marché sous tensions… Fort d’une nouvelle gouvernance, Dijon…

Photo d'un chargement de blé sur une péniche sur la Seine
Marché des céréales : les exportations françaises réalisent un début de campagne encourageant

Le conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer a publié mardi 16 décembre ses bilans céréaliers mensuels. Les…

Graphique prix blé maïs orge France au 22 décembre 2025
Marché des céréales du 22 décembre 2025 - Les cours du blé et du maïs tous en hausse à l’approche de Noël

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 19 et le 22 décembre 2025, expliquée par La Dépêche-Le…

Photo de groupe de l'équipe dirigeante de Maïsadour lors de la conférence de presse du 5 décembre 2025
Maïsadour : après une récolte 2025 difficile, cap vers l’agriculture régénérative

Après une récolte marquée par des conditions climatiques difficiles et de mauvais rendements, le groupe coopératif…

Nord Céréales continue de se diversifier malgré un exercice 2024-2025 en retrait

Le spécialiste de l’import-export de marchandises, dont les céréales, vient de publier ses comptes 2024-2025 et sa feuille de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne