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Seederal veut construire la Tesla des tracteurs

Cette start-up brestoise entend construire le premier tracteur électrique de grandes cultures pensé autour de l’électrique.

« Il ne s’agit pas de greffer une batterie sur un châssis de tracteur, mais plutôt de penser le tracteur autour d’une batterie », prévient Arthur Rivoal. Ce jeune centralien a fondé la startup Seederal en février 2021 avec Antoine Venet, entrepreneur diplômé d’HEC. « Bien que n’étant pas issu du monde agricole, je me suis passionné pour l’agriculture, notamment les grandes cultures, poursuit Arthur Rivoal. Aussi, je me suis demandé comment produire des céréales de la manière la plus durable possible ? » C’est ainsi qu’est né le projet Seederal. L’objectif est de construire un tracteur électrique équivalent d’un modèle diesel de 160 ch, avec une autonomie d’une journée, quel que soit le chantier à réaliser. Soit l’équivalent en énergie de 200 l de GNR. « Pour cela, on ne peut pas partir d’une conception de tracteur classique, avec un châssis et des ponts du marché, explique le fondateur. Il faut embarquer le maximum de batteries et réfléchir l’engin autour de ces batteries en considérant tous les points consommateurs d’énergie, afin de les optimiser. »

La commercialisation prévue en 2025

Pour parvenir à son objectif, la startup vient d’embaucher une petite dizaine d’ingénieurs, pour la plupart spécialistes des batteries, notamment grâce à une première levée de 1,2 million d’euros effectuée auprès de la société d’investissement Épopée Gestion, du fonds breton Breizh Up, de business angels et de Bpifrance. Toute l’équipe est logée dans les locaux de l’incubateur de l’Ensta Bretagne. « Et nous travaillons avec tout un écosystème d’industriels autour de nous », poursuit Arthur Rivoal.

Le premier prototype devrait être assemblé pour cet été. Et la commercialisation du premier tracteur prévue pour 2025. Son coût d’achat sera probablement plus élevé qu’un équivalent diesel. Mais grâce à un coût énergétique réduit, Seederal promet de réduire le coût total de possession de 30 % pour les agriculteurs.

Le choix de l’électrique

Dans les choix des énergies, Arthur Rivoal a écarté la piste de l’hydrogène. « L’hydrogène vert est produit à partir d’électricité, justifie-t-il. Le rendement global de la chaîne n’est pas top. Autant exploiter directement l’électricité sur le tracteur » Quant à l’aspect ressources pour construire les batteries, le centralien fait remarquer que le lithium, le nickel, le cobalt, l’aluminium et le cuivre ne sont pas des terres rares. « Et surtout, en fin de vie, les batteries ne finissent pas au rebut. Il y a une filière de recyclage qui est en train de se construire. Aujourd’hui, plus 95 % des composants d’une batterie sont recyclés. Toute l’énergie consommée pour extraire ces minerais est à ramener non pas sur un cycle de vie, mais sur 20, ce qui en fait un coût énergétique plus raisonnable. »

 

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