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Moisson 2025 : la campagne 2025-2026 débute entre soulagement et inquiétudes

À l’issue de son conseil spécialisé du 16 juillet, FranceAgriMer a présenté ses bilans céréaliers prévisionnels 2024-2025 et les premières prévisions très attendues pour la nouvelle campagne 2025-2026. Si les niveaux de production rassurent d’après les premières estimations, il reste beaucoup d’incertitudes sur la commercialisation et l’exportation alors que les prix restent actuellement insuffisants pour rémunérer les agriculteurs.

une moissonneuse dans un champ de blé avec un agriculteur qui teint des grains de blé dans ses mains en premier plan.
La moisson 2025 rassure mais la campagne de commercialisation 2025-2026 interroge.
© Image générée par IA / Openart

À l’issue de son conseil spécialisé du 16 juillet, FranceAgriMer a présenté la mise à jour de ses bilans céréaliers 2024-2025 et présenté ses premières estimations sur la nouvelle récolte 2025. Sur la base des derniers chiffres d'Agreste, la production de blé tendre 2025-2026 progresse de 27 % à 32,576 Mt, un premier chiffre rassurant, mais qui reste dans la fourchette basse sur les cinq dernières campagnes. Les utilisations demeurent en ligne avec les années précédentes avec 14,249 Mt. 

Cependant, ce sont les exportations de blé 2025-2026 qui sont attendues au tournant. FranceAgrimer les estime à 14,324 Mt. Les exportations à destination de l’Union européenne sont en adéquation avec la campagne précédente à 6,724 Mt. En revanche, FranceAgrimer avance des exportations vers les pays tiers à 7,5 Mt, soit une progression de +114 % par rapport à la campagne 2024-2025. La campagne de commercialisation qui a débuté le 1er juillet interroge et inquiète en raison des difficultés rencontrées en 2024-2025, avec la perte de l’Algérie, une destination clé pour le marché français. FranceAgrimer table donc sur une première prévision prudente en attendant de récolter des éléments plus concrets pour le prochain conseil programmé en septembre.

Ainsi, les stocks 2025-2026 sont en forte progression de 66 % à 3,867 Mt, des chiffres très provisoires qui risquent de bouger avec les stocks de la campagne précédente, alerte FranceAgriMer. 

Des exportations dynamiques de blé en mai

 Sur la campagne 2024-2025, le principal changement vient des exportations avec une progression bienvenue +362 000 t sur cette fin de campagne, dont 250 000 t vers les pays tiers et 112 000 t vers l’Union européenne.

« Les exportations sont soutenues à destination de l'Espagne, du Portugal, des Pays-Bas et de la Belgique », indique Habasse Diagougara, chargé d'études économiques sur les marchés français des céréales à FranceAgriMer. Signalons les bonnes exportations au mois de mai avec 1,5 Mt, soit une progression de 15 % sur le même mois en 2024. C’est le premier mois de cette campagne 2024-2025 qui superforme un mois de la récolte précédente.

Finalement, les stocks 2024-2025 se réduisent de 154 000 t à 2,33 Mt, compte tenu de la correction en hausse de la collecte de 228 000 t. 

Une forte progression des stocks d'orge 2025-2026

Les chiffres de FranceAgriMer confirment les bons retours du terrain sur la récolte 2025 avec un volume de 11,776 Mt, soit une hausse de 19 % sur un an. Les exportations sont estimées en hausse de 6 % à 5,571 Mt, avec une progression de 17 % vers les pays tiers. Les stocks finaux 2025-2026 d'orge sont estimés en hausse de 76 % à 1,639 Mt en raison de la progression limitée des exportations par rapport à la production.

Sur la précédente campagne 2024-2025, les chiffres sont stables à l’exception du disponible qui est réduit de 109 000 t. Le stock final 2024-2025 est estimé par FranceAgriMer en juillet à 932 000 t, soit une diminution de 111 000 t sur un mois et une baisse de 27 % sur la campagne précédente.

Maïs 2024-2025 : des exportations françaises record en mai

En maïs, la production 2024 est abaissé de 196 000 t selon les dernières données du SSP. Sur la campagne 2024-2025, les utilisations sont stables contrairement aux exportations qui augmentent de 320 000t dont 310 000 t vers l’Union européenne avec comme principales destinations le Portugal, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. En mai, les exportations de maïs se sont élevées à 753 000 t, soit la meilleure performance sur un mois depuis juin 2015, précise Habasse Diagouraga. Le stock final 2024-2025 de maïs français est réduit de 250 000 t à 3,276 Mt soit une progression de 64 % sur la campagne précédente.

Pour conclure cette conférence de presse, Benoit Piètrement, président du conseil spécialisé grandes cultures, a souligné la bonne surprise des niveaux de rendements de la moisson 2025 après les craintes au printemps. Cependant, il rappelle que les niveaux de prix du blé sont actuellement insuffisants pour rémunérer les producteurs. Avec des fondamentaux rassurants sur cette nouvelle récolte, il espère des bouleversements géopolitiques qui puissent inverser la tendance des prix des céréales à la hausse.

Lire aussi : Le Kazakhstan réduit sa production de blé et diversifie ses destinations d’exportation

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