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Des champs plus propres avec le relevage automatique des éléments bineurs

Le relevage indépendant des éléments des bineuses évite d’abîmer la culture sarclée et laisse moins de place aux adventices pour se développer. Les mécanismes les plus évolués fonctionnent comme la coupure de tronçons par GPS sur un pulvérisateur.

En plus des différentes solutions de guidage embarquées sur les bineuses pour désherber mécaniquement au plus près du rang, le relevage indépendant des éléments renforce la précision dans les interventions. Piloté manuellement ou automatiquement, il permet de travailler quasi 100 % de la surface, tout en préservant les plants cultivés en fourrières. Il réduit ainsi les zones favorables au développement des adventices et est d’autant plus justifié dans les parcelles biscornues. Le relevage individuel des rangs, disponible par exemple chez Kongskilde depuis 2013, se retrouve aujourd’hui chez de nombreux fabricants de bineuses. Il se commercialise aussi en tant qu’accessoire pour équiper des modèles déjà en service, à l’instar du système Sat’Bine développé par Vantage avec Hydrokit.

Des amplitudes de dégagement bien différentes

L’architecture du mécanisme se révèle assez simple sur le plan mécanique, car elle fait appel à un vérin hydraulique solidaire du parallélogramme reliant chaque élément bineur au châssis. L’amplitude de levée dépend de la conception et varie entre les marques. Chez Carré, par exemple, les unités de binage restent parallèles au sol et remontent de 20 cm. Le constructeur français considère que cette hauteur suffit pour passer au-dessus des pieds de maïs sans les dégrader. Le Kit Sat’Bine retient un basculement à la verticale, permettant d’intervenir dans des cultures plus développées et de réaliser un passage supplémentaire. Dans sa version la plus basique, le dispositif de relevage des éléments se contrôle manuellement pour passer, par exemple, de 12 à 8 rangs, ou pour gérer visuellement les pointes et les fourrières. Plus précise, la gestion automatique fonctionne comme le système de coupure de rangs par GPS sur un semoir monograine. Elle demande de recourir à un tracteur équipé d’un système d’autoguidage par GPS et impose de surcroît la correction par signal RTK à la précision centimétrique. L’utilisation du relevage individuel automatique est en revanche très simple. Il faut d’abord réaliser les contours du champ avant de travailler en bandes. L’électronique reconnaît les surfaces travaillées et pilote le soulèvement des éléments bineurs. Le chauffeur gagne en confort de conduite et n’a, par exemple, plus à actionner le relevage du tracteur lors des manœuvres en bout de champ, car tous les éléments se relèvent automatiquement. Ce genre d’équipement représente un surcoût important, de 6 000 à 12 000 euros, selon les marques, pour une bineuse de 8 rangs, soit de 750 à 1 500 euros par rang.

Les éléments de binage réglés en un clin d’œil

La largeur de la bande sarclée par chaque élément de binage s’ajuste en fonction du stade de la culture et de la volonté de travailler plus ou moins près du rang. Cette opération prend du temps, car elle demande généralement d’intervenir manuellement sur la machine. Elle s’effectue aussi plus ou moins facilement selon le mode de fixation des organes de sarclage : par vis ou par axes et goupilles. Avec les deux solutions distinctes développées par l’équipementier autrichien Samo et la firme néerlandaise Steketee, ce réglage devient facile et rapide.
Selon Samo, son dispositif VarioChop permet de configurer la bineuse en cinq secondes depuis la cabine. Il ouvre la voie au pilotage en continu à l’aide de caméras. Le VarioChop retient des éléments pourvus chacun d’un vérin hydraulique déformant un parallélogramme, qui supporte les organes de sarclage (dents, disques cache plant, roues à doigts Kress…). Un capteur d’angle fixé sur le mécanisme sert à déterminer la largeur effective.
L’EC-Space de Steketee (groupe Lemken) se différencie par le montage des organes de binage sur des coulisseaux. Il se décline en trois versions. La première, de type mécanique, se compose d’une manivelle déplaçant transversalement les supports des socs. Une graduation permet de repérer la valeur appliquée et de la reporter sur l’ensemble des éléments. La seconde version retient des moteurs électriques pilotés depuis un terminal mobile pour visualiser le réglage directement sur la bineuse depuis le sol. La troisième utilise le guidage par caméra IC-Light de Steketee pour ajuster les éléments automatiquement au travail.

 

A lire aussi : 

Quel guidage de bineuse choisir ?

Des solutions pour affiner les réglages

Cuma La Belmontaise, dans le Gers : "Une herse étrille sous contrôle"

Vincent Seyeux, en Mayenne : « La précision du binage se raisonne dès le semis »

Laurent Gendron, en Dordogne : « Des pointes mieux désherbées avec facilité »

Berthy et Laurent Talbot, dans les Deux-Sèvres : « Le désherbage de précision avec une bineuse simple »

Geoffroy Philippoteaux, dans la Marne : "Nous binons entre les rangs et les pieds sur le rang"

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