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Rétention hydrique : texture et matière organique, le duo gagnant

La matière organique ne stocke pas l’eau comme une éponge. Elle fait mieux : elle est au cœur de la biologie, la structure et la porosité qui permettent au sol de capter, retenir et restituer l’eau.

<em class="placeholder">Structure de sol après des années de couverts végétaux pâturés en Australie</em>
Photo de la structure du sol après des années de couverts végétaux pâturés par des vaches avec irrigation chez Grant Sims, agriculteur et conseiller agricole en Australie du Sud. Photo prise le 13 avril 2025
© Marie Morineau

Une étude souvent citée à l’appui de cette idée, Minasny & McBratney (European Journal of Soil Science, 2018), fondée sur une méta-analyse de 60 études et plus de 50 000 mesures mondiales, conclut qu’une augmentation de 1 % de carbone organique n’augmente la réserve en eau disponible que de 1,16 mm par 100 mm de sol, alimentant un scepticisme sur le rôle de la matière organique (MO) dans la rétention hydrique.

Ce que le débat omet parfois : les effets indirects, décisifs

Réduire le rôle de la MO à son seul effet direct sur la rétention hydrique, c’est ignorer l’essentiel. La MO agit sur le stockage de l’eau par au moins trois mécanismes indirects.

En premier, elle est le substrat énergétique de la vie biologique du sol. Bactéries, champignons et vers de terre en dépendent directement. Or ce sont ces organismes qui créent et maintiennent la macroporosité et la microporosité du sol, qui conditionnent l’infiltration et le stockage rapide de l’eau lors des épisodes pluvieux. La MO est ensuite le liant structural du sol. Via la glomaline (glycoprotéine, colle du sol) produite par les champignons mycorhiziens (Rillig, Canadian Journal of Soil Science, 2004) et les polysaccharides bactériens, elle cimente les particules minérales en macro-agrégats stables, résistants à l’impact des gouttes de pluie et à la création de croûte de battance (Le Bissonnais, European Journal of Soil Science, 1996).

La MO outil d’optimisation

Enfin, la MO est le siège des échanges ioniques du sol, via le complexe argilo-humique (CAH), l’association des argiles et des humus. C’est via ce complexe que la MO conditionne simultanément la biologie, la structure et la performance hydrologique du sol, trois conditions indissociables d’un réservoir hydrique efficace.

La MO ne remplace pas la texture mais elle en optimise l’expression hydrologique. Elle fait du sol un réservoir vivant et performant.

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