Cultures intermédiaires : les nouvelles références et fonctionnalités de l'outil Merci
Depuis plus de dix ans, la méthode d'évaluation des restitutions des cultures intermédiaires (Merci) s’est imposée comme une référence pour apprécier le retour des couverts végétaux sur la fertilité des sols. Avec le temps et le cumul des données, elle est devenue plus précise sur la vitesse des retours en azote en fonction du mode de destruction, sur la valeur alimentaire si fourrage, la valeur énergétique si méthanisation, l’impact carbone... Depuis mars 2025, des évolutions de la plateforme améliorent les calculs avec en prime, l’impact du pâturage des couverts.
De nouvelles fonctionnalités ont été développées afin de faciliter l’utilisation de la plateforme Merci. Des infos bulles ont été ajoutées et fournissent une définition rapide du paramètre permettant de limiter les erreurs lors de la réalisation des calculs.
Pour les utilisateurs inscrits, il est maintenant possible de recharger, modifier et dupliquer un calcul, mais aussi de modifier les informations personnelles de votre compte (adresse mail, nom...). La bibliothèque et la Foire aux questions ont été enrichies.
Des tests de cohérence ont été ajoutés lors de la saisie des dates, la biomasse aérienne verte ou la surface de prélèvement. Ils permettent de limiter les erreurs de saisie et de préciser les résultats.
Paramétrage des calculs
Cette nouvelle version a également permis de compiler environ 6 800 essais mis en place de 1982 à 2025, rassemblant 18 845 références sur les couverts végétaux, afin d’améliorer la finesse des calculs. La teneur en matière sèche est aujourd’hui appréciée pour six durées de développement du couvert avec un renforcement des données pour des dates de destruction tardives : __SWYP_INC__ 60 jours ; 60 à 90 jours, 90 à 120 jours, 120 à 180 jours, 180 à 240 jours et > 240 jours.
Pour la teneur en azote des parties aériennes (%N), les données ont pu être réparties en sept classes de biomasse aérienne afin d’obtenir une estimation satisfaisante des quantités d’azote accumulées dans les parties aériennes, tout en prenant en compte le phénomène de dilution de l’azote observé dans les végétaux. On remarque que cette dilution est logiquement importante en début de végétation et s’estompe progressivement avec la croissance en matière sèche. Cette baisse de concentration en azote ou augmentation du C/N est également présente chez les légumineuses. Ces nouvelles données expliquent et viennent corriger certaines surestimations pour des couverts très chargés en légumineuses à forte biomasse. Dans tous les cas, la course à la biomasse continue de payer en azote : entre 14 et 28 kg/t de MS mais aussi en carbone, même si le délai de retour est légèrement décalé.
Enfin, de nouvelles espèces ont été paramétrées : vesce de Narbonne, chia, carthame, rave… afin de suivre l’évolution des pratiques.
Intégration du pâturage
Les modalités de calcul de gestion du couvert à la sortie restent inchangées par rapport à la deuxième version de 2020 de la méthode Merci, sauf dans le cas du pâturage du couvert végétal où de nouvelles équations de calcul ont été établies. Elles permettent la prise en compte de l’évolution du retour de l’azote suite à l’ingestion du couvert végétal par les animaux et la restitution par les déjections animales (calculs spécifiques pour N, P, K et C). Les calculs différencient le pourcentage de biomasse pâturée de chaque espèce afin d’apprécier les éventuelles différences d’appétence par rapport à la consommation par les animaux.
Cette nouvelle fonction va permettre d’évaluer plus précisément l’impact des animaux et d’en établir plus nettement les bénéfices agronomiques.
Mise en garde
Même si l'outil intègre aujourd'hui une ample base de données et des calculs précis, la méthode Merci demeure une évaluation avec des marges d’erreur. Elle permet néanmoins de mieux estimer les retours sur investissement des couverts végétaux et d'améliorer leurs gestions et sorties.