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Perspectives économiques mondiales
[Coronavirus Covid 19] La reprise sera lente et incertaine selon l’OCDE

Lors de la présentation de ses « Perspectives économiques de printemps », l’OCDE appelle à une mobilisation et à une concertation conjuguées au niveau mondial pour soutenir la reprise économique.

© Gerd Altmann / Pixabay

Selon les nouvelles « Perspectives économiques de printemps » publiées ce mercredi 10 juin 2020 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le PIB mondial pourrait reculer de 6 % sur l’année et rebondir de + 5,2 % en 2021. La baisse pourrait atteindre 7,5 % en cas de deuxième vague avant une croissance de 2,8 % en 2021 dans ce cas de figure. Ce qu’Angel Gurria, secrétaire général, et Laurence Boone, économiste en chef, n’excluent pas. « Ces perspectives sont sombres. Les incertitudes sont immenses car on ne sait pas grand-chose de ce virus. Il recule dans certains endroits mais il progresse ailleurs. Nous ne pouvons pas faire de projections comme nous avons l’habitude de les faire. Voilà pourquoi nous envisageons deux scenarii » précise Laurence Boone, en introduction.

Dans le détail, « dans la zone euro, le PIB va selon les prévisions chuter de 11,5 % cette année en cas de seconde vague, et d’un peu plus de 9 % si une deuxième vague peut être évitée ; les reculs correspondants seront respectivement de 8,5 % et 7,3 % aux États-Unis, et de 7,3 % et 6 % au Japon. Parallèlement, les économies émergentes telles que le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud doivent faire face aux défis particuliers posés par les tensions auxquelles sont soumis leurs systèmes de santé, qui ajoutent encore aux difficultés provoquées par la chute des prix des produits de base. Leur croissance économique pourrait plonger de 9,1 %, 10 % et 8,2 % respectivement dans le scénario des deux chocs successifs, et de 7,4 %, 8 % et 7,5 % en cas de choc unique. Le PIB de la Chine et celui de l’Inde seront relativement moins affectés, accusant respectivement une baisse de 3,7 % et 7,3 % dans l’hypothèse de deux chocs successifs, et de 2,6 % et 3,7 % dans celle d’un choc unique » peut-on lire dans le document. Par ailleurs, le chômage et les dettes, publiques comme celles des entreprise, vont très fortement augmenter partout sur la planète.

Pour la France, et dans le cas ou la pandémie serait contenue au moment de l’été, le PIB pourrait reculer de 11,4 % pour l’année 2020 et rebondir de 7,7 % en 2021. Dans le cas d’une deuxième vague, apparaissant notamment en automne, le recul du PIB serait de 14,1 % pour l’année en cours avec une reprise de + 5,2 % pour l’année prochaine. Les mesures prises par le gouvernement, bienvenues selon l’OCDE, permettront de « contenir » la montée du chômage mais avec un taux qui atteindrait 12,4 % de la population active (scénario sans deuxième vague) et 13,7 % (scénario avec deuxième vague). L’OCDE précise par ailleurs, « qu’en dépit des mesures prises par le gouvernement, l’investissement et la consommation ne se rétabliront que progressivement ».

Points de vulnérabilité et prendre le temps

Outre une possible deuxième vague, Laurence Boone identifie trois points de vulnérabilité, au niveau mondial, qui devront faire l’objet d’une attention spéciale dans les politiques publiques de relance. D’abord, les personnes les plus jeunes et celles les moins qualifiées car elles travaillent souvent dans les secteurs les plus touchés et ceux dont les contrats de travail sont les moins favorables ; ensuite, la dette des entreprises, car, là encore, les entreprises les plus endettées appartiennent souvent aux secteurs les plus touchés et, enfin, les marchés émergents.

« Le commerce doit être un outil pour combattre le virus » et relancer l’économie, « pas le protectionnisme car les relocalisations seront longues à mettre en place et elles se traduiront par des augmentations des coûts de production » explique Laurence Boone. L’OCDE plaide en faveur d’un soutien budgétaire, au niveau mondial par les Etats, tout en ayant bien conscience que rien n’est gratuit. « L’heure n’est pas à l’application des règlements à la lettre. Il faut d’abord combattre l’ennemi et ensuite il faudra faire face aux niveaux d’endettements des uns et des autres, états, entreprises, ménages… » a martelé Angel Gurria.

« Il est nécessaire de mettre en place des incitations financières pour les entreprises : possibilité de licenciements temporaires, s’occuper des embauches des jeunes qui arrivent sur le marché du travail, renforcer les services de placement et d’accompagnement pour trouver un emploi… On peut envisager des prises de participation par l’Etat et trouver des mesures pour traiter les insolvabilités et reprises sans stigmatiser les entreprises » complète Laurence Boone en matière de recommandations de l’OCDE pour les mois à venir.

Pour les deux représentants de l’OCDE, il convient absolument de ne pas réitérer les erreurs post crise de 2008-2009, en prenant le temps de traiter les effets de la crise du Coronavirus sans vouloir « procéder aux ajustements trop rapidement et en fléchant les investissements » pour construire un monde d’après Covid-19. C’est l’idée d’une « croissance plus résiliente, plus durable, plus inclusive ».

Un élément positif demeure dans ce tableau rempli d’incertitudes de l’économie mondiale : l’inflation devrait rester à un niveau très bas, ce qui donne des marges de manœuvre aux différentes instances internationales et aux gouvernements pour alimenter des politiques publiques de relance.

Angel Gurria a résumé en une formule ce qu’il conviendrait de faire dans les mois à venir : « un plan Marshall et un New Deal combinés mais avec une vision mondiale ».

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