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Prix, délais de livraison - Grosses inquiétudes des constructeurs et des concessionnaires

Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, les représentants de la filière des agroéquipements tirent la sonnette d’alarme sur une conjoncture très dégradée. L’inflation des matières premières relancée par la guerre en Ukraine et les difficultés d’approvisionnement se traduisent par une hausse inquiétante des prix des machines agricoles et des délais de livraison qui s’allongent.

Constructeurs et concessionnaires adressent conjointement une lettre ouverte aux pouvoirs publics sur la situation délicate que connaît le machinisme agricole
Constructeurs et concessionnaires adressent conjointement une lettre ouverte aux pouvoirs publics sur la situation délicate que connaît le machinisme agricole
© Agco

Après une année 2021 record pour la vente de matériels agricoles, 2022 ne prend pas le même chemin. Les sources d’inquiétude sont nombreuses, selon Axema et le Sedima, représentants des constructeurs et des concessionnaires. La répercussion de la hausse spectaculaire des prix des matières premières et des difficultés de production va se traduire par de nouvelles augmentations de prix des machines et des retards de livraison. Les agriculteurs déjà fortement impactés par la hausse du prix des intrants risquent de retarder leurs investissements, ce qui se traduirait par une chute des ventes de matériels. Quant à ceux qui ont déjà investi, leurs machines risquent de n’être pas livrées à temps pour la saison. Par conséquent, les acteurs de la filière demandent un soutien urgent de la part des pouvoirs publics.

Du côté des industriels, la guerre en Ukraine a aggravé une situation déjà bien dégradée par la crise de la Covid-19. Outre une pénurie durable sur certains composants, le prix des matières premières ne cesse de grimper. « Les tôles en acier départ Europe du Nord se négociaient en janvier 2021 à 680 euros la tonne, puis à 950 euros début janvier 2022, pour atteindre désormais des cours à 1 800 euros la tonne, avec des pointes à 2 200 euros », illustre Axema. Les constructeurs sont contraints d’appliquer de nouvelles hausses de prix après celles de 10 à 15 % déjà observées en 2021. Certaines marques n’arrivent pas à répercuter la totalité de la hausse de leurs charges, mettant à mal leur trésorerie. Les entreprises présentes sur les marchés russes et ukrainiens sont particulièrement impactées, en étant privées d’un débouché en pleine croissance jusqu’en 2021.

L’Union des industriels met également en avant les difficultés d’organisation de certains sites de production qui sont contraints d'allonger leurs délais de livraison. « Ils sont actuellement de 19 semaines en moyenne, pour l’ensemble des entreprises adhérentes d’Axema, et montent à 30 semaines pour les tracteurs. Sur certains sites de production, des centaines, voire des milliers de machines, sont stockées dans l’attente de pièces pour un assemblage final. »

La trésorerie des concessionnaires mise à mal

Les concessionnaires subissent de plein fouet les difficultés des constructeurs. Ils ont de plus en plus de mal à appliquer les hausses de prix auprès de leurs clients agriculteurs, au risque de mettre en péril leur équilibre financier. Les retards de livraison sur le matériel neuf les contraignent à trouver des solutions de substitution avec des machines d’occasion. Et surtout, « la valeur vénale du matériel repris à l’agriculteur dans le cadre de son achat de matériel neuf est forcément plus basse que prévu et déséquilibre la relation financière entre distributeurs et agriculteurs », observe le Sedima.  

Cliquez ci-dessous pour télécharger la lettre commune du Sedima et d'Axema

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