Aller au contenu principal

Blé en Ukraine : le commerce et la production s’en sortent bien, rapporte Fastmarkets

Les coûts du Fobbing ont baissé en Ukraine, revenant à des niveaux proches de ceux observés avant la guerre début 2022.

Le secteur céréalier ukrainien se montre résilient pour le moment.
© Joachim Schnürle-Pixabay

Malgré la guerre déclenchée par l’invasion des forces russes du territoire ukrainien en février 2022, le commerce et la production ukrainiennes de blé tendre retrouvent des niveaux relativement élevés en 2024, a expliqué l’analyste de la société Fastmarkets Masha Belikova, lors du Global Grain à Genève du 12 au 14 novembre. 

Lire aussi : Ukraine : 20 % de blé en moins à cause de la guerre avec la Russie

Lire aussi : Blé et Maïs : « L’offre décroît et la demande n’est pas très dynamique... avec des stocks de report prévus à 584 Mt », selon le CIC

4,5 Mha de blé en Ukraine en 2025-2026 ?

Côté production, il est évident que le conflit a considérablement réduit les assolements ukrainiens entre 2022 et 2024. Ces derniers dépassaient allègrement les 5 Mha en 2021-2022, pour tomber en dessous de ce niveau en 2023-2024. Mais ils se sont stabilisés depuis, et s’affichent à 4,48 Mha en 2024 (récolte 2025, campagne commerciale 2025-2026), soit un niveau proche de 2023 (récolte 2024, campagne commerciale 2024-2025), alors que 96 % des travaux étaient accomplis début novembre 2024, selon les données de Fastmarkets. « Les conditions de semis ne sont pas très favorables mais cela peut encore s’améliorer », commente Masha Belikova. Les autorités ukrainiennes sont encore plus optimistes, tablant sur 5 Mha le 21 novembre dernier, contre 4,6 Mha l'an dernier.

Disponible exportable à 16 Mt en 2024-2025

Pour la présente campagne commerciale 2024-2025 (récolte 2024), « malgré des prévisions antérieures tablant sur une moisson en baisse par rapport à 2023-2024 (récolte 2023), nous estimons finalement une progression de 3 % en volume, à 22,3 Mt. Environ 30 % à 40 % des lots seraient de qualité meunière, soit un niveau semblable à l’an dernier », complète l’experte. Cela donne un disponible exportable de 16 Mt environ, d’après la même source, dont 7,96 Mt ont déjà été chargées depuis le début de la présente campagne. L’Espagne constitue la première destination.

« Environ 30 % à 40 % des lots de blé ukrainien seraient de qualité meunière, soit un niveau semblable à l’an dernier », déclare Masha Belikova.

77 % des céréales ukrainiennes transitent par navire 

Autre signe que l’Ukraine s’adapte au contexte de guerre : le retour en force des exportations via la mer Noire. Avant la guerre, 95 % transitaient par ce biais. Ce taux a naturellement chuté à 0 % au début de la guerre en 2022, suite au blocus russe des ports ukrainiens. Mais il est ensuite reparti à la hausse. Aujourd’hui, Fastmarkets estime que 77 % des expéditions se réalisent par bateaux, soit un niveau tout à fait honorable. Ceci grâce à l’instauration d’un nouveau corridor pour le transit des grains, conséquence de l’action des forces de Kiev. Corolaire de ce fait : les coûts de Fobbing repartent à la baisse, pour atteindre des niveaux se rapprochant de ceux observés avant la guerre. « Nous estimons les coûts de Fobbing en portuaire à environ 14-16 $/t, alors que nous avions atteint des pics à 20-25 $/t pendant la guerre. Avant l’invasion russe, ces coûts s’élevaient à 10-12 $/t », précise Masha Belikova.

« Nous estimons les coûts de Fobbing en portuaire à environ 14-16 $/t, alors que nous avions atteint des pics à 20-25 $/t pendant la guerre. Avant l’invasion russe, ces coûts s’élevaient à 10-12 $/t », précise Masha Belikova

Les agriculteurs ukrainiens plus patients

Grâce à l’accès aux ports en eaux profondes de la mer Noire, le comportement commercial des agriculteurs ukrainiens semble changer. « Ils commencent à ne plus vendre dès que possible, et ainsi à planifier leurs ventes à termes », indique la spécialiste de Fastmarkets. 

Les plus lus

Graphique de production française d'aliments pour animaux en 2023, 2024 et 2025.
Nutrition animale : la production française d’aliments composés s’accroît de 1,1 % en 2025

La production française d’aliments composés a progressé, pour la deuxième année consécutive, passant de 18,65 Mt à 18,86 Mt…

Pellet de tourteau de colza au creux de deux mains jointes.
Marché bio : un resserrement inhabituel des prix entre les tourteaux de soja et de tournesol

Le marché biologique des tourteaux se distingue actuellement par un resserrement inhabituel des niveaux de prix.

Les impacts à venir de la guerre entre l'Iran et Israël/Etats-Unis sur les marchés agricoles

Après trois jours de hauts et de bas sur les marchés à terme agricoles, que faut-il avoir à l'esprit dans l'hypothèse où le…

Photo des dirigeants d'Euralis : de gauche à droite, Christophe Congues, président d’Euralis, et Thomas Chambolle, directeur général d’Euralis.
Euralis enregistre une progression de son résultat net en 2024-2025

Bien qu’encore négatif, le résultat net d’Euralis a progressé sur la campagne commerciale 2024-202 par rapport à la précédente…

Meunerie française, une santé fragile et une problématique d’importation

L’Association nationale de la meunerie française (ANMF) publie une étude commandée à la Banque de France sur l’état économique…

Julien Darley et Alexandre Jonet, traders pour Granit Négoce
« Nous ne sommes pas optimistes sur le redéveloppement de la prime brassicole d’ici à la fin 2026 », affirme Julien Darley, directeur général de Granit Négoce

Pour les traders de Granit Négoce, filiale d’Axéréal, seul un événement climatique adverse sur la récolte 2026 pourrait…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne