Les conseils pour bien récolter le maïs versé avec une ensileuse
La récolte du maïs versé n’est généralement pas une partie de plaisir pour les chauffeurs d’ensileuses. Heureusement, pour faciliter cette tâche, les constructeurs de becs à maïs recommandent certains équipements et prodiguent des conseils de conduite.
Les chantiers de récolte de maïs versé peuvent vite se transformer en grosse galère. « Dans tous les cas, la première chose à faire est de trouver le bon sens pour ramasser, précise Julien Claudon de Krone France. Malheureusement, une parcelle ne fait pas l’autre. »
L’expérience et la dextérité du chauffeur de l’ensileuse se révèlent alors comme des atouts indéniables, mais cela ne suffit pas toujours. Heureusement, les constructeurs de becs à maïs comptent à leur catalogue des accessoires spécifiques améliorant la qualité de ramassage en conditions difficiles. Ils sont aussi en mesure de prodiguer des conseils de conduite en se référant aux solutions les plus efficaces mises en place les années difficiles.
Claas - Les becs Orbis prédisposés pour le maïs versé
Chez Claas, depuis plus de trois ans, tous les becs rotatifs Orbis sont livrés avec une pointe centrale amovible spéciale maïs versé et un kit de pointes. Les gros cônes pour le maïs versé sur les toupies extérieures sont fournis en standard sur les Orbis 600, 750 et 900.
« Il est primordial d’ajuster l’angle du bec pour passer en dessous du maïs versé, précise Benjamin Harris, responsable produit ensileuses chez Claas. D’ailleurs, sur tous les Orbis, il est possible de modifier le piquage grâce à des lumières sur le cadre d’attelage. »
Le constructeur indique qu’il faut également retirer, au-dessus du bec, les arceaux reteneurs d’épis maintenus par des boulons. Il conseille de ne pas hésiter à jouer sur les vitesses de bec, en ralentissant dans du maïs très vert et lourd ou en accélérant dans du maïs sec, mais il reconnaît qu’il n’y a malheureusement pas de règles valables pour tous les chantiers de récolte en conditions versées.
Krone – Augmenter le piquage du bec en jouant sur la suspension de l’essieu arrière
« En cas de maïs versé, très peu de modifications sont nécessaires sur les ensileuses Krone pour assurer le meilleur ramassage possible, que ce soit avec les cueilleurs EasyCollect ou les XCollect, précise le responsable produits Krone France. L’objectif principal est de faire passer les pointes du cueilleur sous les pieds couchés. » Comme les ensileuses Big X bénéficient de série de la suspension indépendante des roues arrière, le chauffeur peut, depuis la cabine, modifier l’assiette de l’automotrice pour incliner l’outil frontal vers le sol.
Cette action améliore le guidage du maïs versé vers les organes de coupe (disques sur XCollect ou sections sur EasyCollect). Les doigts du collecteur prennent ensuite le relais pour amener le maïs vers la chambre d’alimentation. Si la qualité de ramassage n’est pas optimale après cette première étape, Krone recommande de démonter les pointes intermédiaires et les tubes supérieurs de guidage, situés le long du collecteur.
Enfin, si cela ne fonctionne pas encore correctement, il est possible d’installer en lieu et place des pointes jaunes, un kit de pointes plus fines, disponibles en pièces de rechange, qui pénètrent plus facilement sous les pieds versés.
Kemper – Des pointes spéciales maïs couché
L’équipementier allemand Kemper compte à son catalogue les becs rotatifs 300pro à petites toupies et les modèles 400pro à grands tambours. Pour le ramassage du maïs versé, il recommande en priorité d’aborder les plantes perpendiculairement au sens dans lequel elles sont couchées, avec une vitesse d’avancement relativement élevée pour obtenir rapidement un flux de récolte.
Les becs 300pro disposent d’un cadre d’attelage réglable selon deux positions pour accroître le piquage. Ils disposent de pointes de peignes ajustables en inclinaison, qui peuvent être retirées pour augmenter l‘agressivité du bec, tout en conservant la protection des scies et porte-scies, grâce à leur support restant en place.
Kemper propose un kit de pointes spéciales maïs couché qui soulèvent les tiges versées. Il conseille aussi d’enlever les tubes au-dessus des petits tambours, qui font office de pièges à épis. Cette opération augmente l‘agressivité des toupies et limite l’accumulation de maïs dormant. Comme le maïs couché entre à l‘horizontal dans les toupies d‘alimentation et non à la verticale, les plaques de fond de canal des becs 300pro peuvent être retirées pour laisser passer plus de volume de fourrage.
Les becs rotatofs Kemper de la série 400pro, dotés de grandes toupies, bénéficient, eux, de quatre réglages de l’angle de piquage, qui doit être important en maïs couché. Ils sont également éligibles au montage d’un kit de pointes spéciales, qui servent à soulever les tiges et améliorent l’alimentation. Comme pour les becs de la série 300pro, ils accèdent à des pièces d’usure HD en matériaux plus résistants pour une meilleure durabilité, notamment en conditions difficiles de récolte.