Broyeur sous clôture - Un outil passe-partout pour sécuriser les herbages
La maîtrise de l’enherbement sous les clôtures est souvent gérée à l’aide d’une épareuse à bras hydraulique ou d’une débroussailleuse à dos, mais les broyeurs sous clôture se révèlent plus adaptés, en apportant confort et précision.
La maîtrise de l’enherbement sous les clôtures est souvent gérée à l’aide d’une épareuse à bras hydraulique ou d’une débroussailleuse à dos, mais les broyeurs sous clôture se révèlent plus adaptés, en apportant confort et précision.
L'entretien sous les clôtures est une opération chronophage, surtout lorsque la belle saison est régulièrement arrosée. Cette opération est souvent réalisée à l'aide d'une épareuse montée sur tracteur. Le broyage est menu et efficace, avec une largeur de 80 à 120 cm par passage. En passant par-dessus la clôture, on peut s'attaquer aux ronces et autres herbes qui pourraient à terme venir se coucher sur la clôture électrique et rendre cette dernière moins efficace. Mais avec une hauteur hors tout de 50 à 60 cm, la tête de broyage de l'épareuse est assez encombrante et donc peu maniable sous les fils de clôture assez bas. La fauche à proximité des piquets est particulièrement délicate, voire impossible. C'est pourquoi l'éparage à la machine est souvent complété et/ou suppléé par des passages de débroussailleuse à dos. Plus maniable, ce dernier outil permet un nettoyage précis autour du piquet, mais son utilisation est aussi plus fastidieuse.
C'est pourquoi est apparu un troisième type d'outils : les broyeurs sous clôture. Ceux-ci se composent d'une tête de broyage basse se faufillant plus facilement sous les fils. La grande majorité de ces appareils se composent d'un rotor à axe vertical animant plusieurs couteaux et fauchant sur une largeur de 45 à 100 cm. Sous le rotor, un patin circulaire central assure généralement le contrôle de la hauteur de coupe.
Un palpeur pour les clôtures amovibles
Le rotor des broyeurs sous clôture est monté sur un support mobile et s’efface au contact du piquet. Selon les marques et les modèles, l’effacement peut être actionné de différentes façons. Le plus simple et le plus économique consiste en un système mécanique par ressort : c’est la fermeté du piquet face à la pression de la tête de broyage qui déclenche le retrait de cette dernière. En jouant sur la tension du ressort, il est possible de faire varier la résistance à l’effacement et donc de s’adapter aux types de piquets. Les poteaux en bois bien ancrés sont plus aisés à entretenir que les clôtures amovibles métalliques ou plastiques qui se couchent plus facilement.
Un autre montage consiste à ajouter une baguette, un palpeur, qui, lors de son contact avec le piquet, actionne une commande électrohydraulique et déclenche l’effacement de la tête de broyage. Plus chère, cette solution offre aussi une plage de réglages plus étendue qu’un ressort et permet de s’adapter plus facilement aux types de clôture, mais aussi à la nature de la végétation à faucher.
Outre la sensibilité, il est possible de régler la hauteur du palpeur et sa garde, c’est-à-dire la distance de sécurité entre la tige et l’extrémité des couteaux. La garde la plus importante est paramétrée lorsque le piquet est souple et/ou incliné, afin de ne pas l’abîmer. La plus courte est retenue pour faucher au plus près. Le palpeur se positionne plus haut lorsque la végétation développée oppose une résistance importante.
Le pilotage manuel pour toutes les conditions
La troisième option d’effacement est le déclenchement par le chauffeur à l’aide d’une commande en cabine. Pouvant se cumuler à un palpeur, cette solution permet de gérer les clôtures avec différentes natures de piquets, mais aussi d’agir de manière plus agressive avec certaines essences comme le genêt, dont la résistance, comparable à celle de certains piquets, peut déclencher l’effacement, les épargnant au passage.
Pour l’animation du broyeur sous clôture, les systèmes varient selon les constructeurs. Sur le modèle S1 de Lagarde monté sur l’attelage du tracteur, l’entraînement est mécanique, combinant boîtier renvoi d’angle sur la prise de force et courroies. "C’est la solution la plus économique (9 000 euros prix catalogue), qui s’adapte sur tous les tracteurs", explique Thierry Oyhenart, de Lagarde. Mais la grande majorité des appareils dispose d’un entraînement hydraulique du rotor. "Sur le monodisque Pro, l’entraînement combine un moteur hydraulique et une courroie, ce qui permet d’avoir une tête de tonte encore plus basse", précise Mathieu Jadé, de Desvoys. Les besoins en débit hydraulique dépendent notamment du diamètre du rotor, débutant à 30-40 l/min pour les premiers modèles. "Il faut 65 l/min pour correctement animer uniquement le monodisque de 1 m de diamètre, ajoute Mathieu Jadé. À cela, il faut ajouter les fonctionnalités additionnelles comme le déport hydraulique, l’inclinaison, etc. Pour gérer l’ensemble, il faut compter 90 l/min. Et comme on attelle généralement cet outil sur un petit tracteur, qui n’a pas forcément une grosse pompe hydraulique, l’option centrale hydraulique est régulièrement cochée."
Le broyeur à axe horizontal pour les buissons
Autre solution, le broyeur à axe horizontal, à l’image du Speedy/TL de Berti. "Disponible en largeur de 60, 80 et 100 cm, ce broyeur, qui convient bien aux piquets en bois, se montre plus efficace en présence de ronces, de fougères, de genêts ou d’arbustes, explique Aurélien Peyrot, de Sterenn Équipements, qui importe Berti. De plus, les marteaux sont plus robustes que les couteaux des broyeurs à axe vertical, notamment en présence de pierres." Demandant un tracteur de 50 ch minimum, l’appareil d’une hauteur de 41 cm dispose de sa propre centrale hydraulique pour fournir les 80 l/min nécessaire. Il est facturé un peu moins de 11 000 euros.
Une tête de broyage multiple
Qu’ils soient à axe horizontal ou vertical, les broyeurs sous clôture monorotor ont une limite : l’impossibilité de nettoyer derrière les piquets. Cela peut nécessiter un passage de débroussailleuse à dos pour finaliser le travail. Pour éviter cette opération, le constructeur allemand Kneilmann propose le broyeur sous clôture ZK 3, importé en France par PM-Environnement. Facturé environ 12 500 euros, cet outil se compose d’un bras doté d’un système d’effacement et de trois rotors à axe vertical à rotation libre. Cette conception permet de tourner tout autour des piquets. De plus, elle combine des couteaux protégés sous le carter et des fils qui vont venir "lécher" le pied du piquet.
Variant de 8 000 à 18 000 euros selon les équipements, les broyeurs sous clôture représentent un budget non négligeable. Leur utilisation ponctuelle justifie leur achat en groupe, comme dans une Cuma. Mais cet investissement peut être justifié par une condition au versement des primes PAC 2023 : celle d’entretenir ses parcelles, en empêchant l’enfrichement. "De plus, il est possible de bénéficier de subventions des FDCuma, ajoute Guillaume Prunier, de la concession Savagri. Selon les départements - la Sarthe et l'Eure-et-Loir pour ce qui nous concerne - ces aides atteignent 30 à 50 %."
De multiples supports pour la tête de broyage
Selon les marques, il existe différents châssis et supports pour le broyeur sous clôture. Cet appareil est le plus couramment attelé sur le relevage arrière. Il peut recevoir un châssis coulissant à déport mécanique ou hydraulique, ainsi qu’une correction hydraulique pour les dévers. Selon les marques, la tête se replie à la verticale au transport. Certains constructeurs proposent également le montage à l’avant, sur le relevage ou sur un outil de manutention (chargeur frontal, valet de ferme, etc.). Comparativement à l’arrière, cette position est assez confortable pour le chauffeur qui n’a pas à se retourner pour contrôler le travail de l’outil. Elle permet aussi d’être plus réactif pour corriger une trajectoire, un coup de volant recentrant immédiatement l’outil.
La tête de broyage peut également être fixée sur le côté d’un broyeur ou sur une épareuse. "Avec une épareuse à bras avancé, on a une visibilité directe sur l’outil et le bras permet d’ajuster finement la position du broyeur", explique Thierry Oyhenart, de la société Lagarde.