S’estimant lésée par l’élargissement, Moscou attend des compensations. Les nouveaux certificats d’export sont inutilisables.
Une épée de Damoclès menace les exportations vers la Russie. Au 1er mai, Moscou envisage de barrer la route aux viandes européennes. «
Le risque d’embargo est bien réel,estime Frédéric Macqueron, attaché vétérinaire régional à l’ambassade de France
. Cette mesure durera-t-elle un jour, quelques semaines ou six mois ? » Nul ne possède la réponse. Mais, le syndicat national du commerce du porc (SNCP) ne paraît guère optimiste. «
Dans l’attente d’un accord russo-européen, nous vous confirmons que le vétérinaire russe présent à Rungis continuera à valider les certificats d’exportation jusqu’au 30 avril 2004,écrit-il dans sa dernière circulaire hebdomadaire.
Au-delà, on peut supposer que les exportations seront interrompues. »
L’élargissement de l’Union européenne, lui, ne fait aucun doute. Dans une quinzaine de jours, les Etats membres accueilleront dix nouveaux entrants. C’est précisément ce qui irrite la Fédération de Russie. Moscou demande l’utilisation de certificats uniques d’exportation pour les viandes. Or ces documents posent plusieurs difficultés.
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D’une part, ils excluent la notion de régionalisation. Bruxelles s’y oppose, car si une seule zone de l’ensemble de l’Union européenne est victime d’épizootie, toute possibilité d’exportation vers la Russie serait suspendue. D’autre part, les conditions sanitaires prévues dans les certificats se peuvent être validées par les services vétérinaires français, note le SNCP.
Vers une régionalisation
La Commission et le ministère russe de l’Agriculture multiplient les contacts pour trouver des solutions. «
Moscou semble sur le point d’accepter le principe d’une régionalisation », signale Frédéric Macqueron. Un round de négociations est prévu le 20 avril prochain à Dublin. Pas moins de quatorze points figurent à l’ordre du jour, des quotas céréaliers au prix du pétrole, en passant par les droits de l’Homme en Lettonie. Les aspects vétérinaires ne sont donc pas les seuls en jeu. «
Concernant la viande, la Russie s’estime pénalisée à deux niveaux,précise-t-il.
Les conditions sanitaires de l’UE vont changer suite à l’élargissement, d’après elle. C’est inexact. En revanche, les nouveaux entrants vont toucher des subventions de Bruxelles et exerceront une plus forte concurrence. »