Faut-il d’ores et déjà se préparer à l’arrivée massive de viandes sud-américaines dans nos assiettes ? Cela fait déjà quelques années que la question se pose aux producteurs européens, confrontés à l’irrésistible émergence de ces pays sur les marchés mondiaux. L’ombre des gauchos et de la pampa risque de se rapprocher un peu plus de l’Europe, si l’on se réfère aux négociations entamées par la Commission de Bruxelles. Le 22 mars , Franz Fischler a annoncé aux ministres des Quinze qu’il comptait soumettre à la mi-avril aux pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) une offre « améliorée» dans le secteur agricole, à la condition que ceux-ci se décident à améliorer leur propre offre dans d’autres domaines, en particulier les services et les marchés publics. En clair, l’agriculture serait au centre d’un vaste « deal » commercial dont les éleveurs européens ont toutes les chances de faire les frais. Un certain nombre de signes tendent à montrer que cette issue n’a rien d’hypothétique. D’abord, parce que les perspectives européennes de production de viande bovine pour les deux années qui viennent en Europe sont bien pessimistes. Selon les dernières estimations des Etats-membres, la production communautaire serait en baisse de 1% en 2004 et de 2,5% en 2005. Ajoutez à cela une tendance du marché qui fait de plus en plus appel à des produits élaborés dont la matière première est de moins en moins identifiée : tous les éléments sont réunis pour faire le lit de la viande sud-américaine en Europe. Pour le consommateur, ce n’est certes pas forcément un objet d’inquiétudes. Encore faudrait-il reconnaître que c’est bien l’objectif poursuivi.
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