Pommes de terre : une production 2026 en repli de 25 à 30 %

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Certains industriels ont revu leur grille de calibre à la baisse pour s'adapter aux conditions de l'année. Crédits : © G. Coisel

La sécheresse a fortement pénalisé les rendements des pommes de terre en 2026. Alors que les arrachages se poursuivent dans des conditions difficiles, la qualité des tubercules est également affectée, avec des conséquences sur leur valorisation commerciale. Les perspectives pour la campagne 2027 restent incertaines.

La production française de pommes de terre pourrait reculer de 25 à 30 % en 2026 par rapport à 2025, selon les premières estimations de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). Ce recul est la conséquence d’une baisse des surfaces (- 9,7 %) combinée à une chute des rendements du fait de la sécheresse. Les arrachages, toujours en cours, ne font que confirmer l’ampleur des pertes estimées à la mi-septembre par le NEPG (groupement des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen) à 21,5 % pour la France.

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Aucun des grands pays producteurs voisins de la France n’est épargné. La Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas connaissent la même situation avec un contexte de sécheresse et des rendements en net recul.

Des arrachages freinés par la sécheresse

Selon l’UNPT, la récolte des pommes de terre destinées au marché du frais devrait être achevée d’ici la fin de la semaine du 12 octobre. En revanche, pour celui de l’industrie, seules 60 % des surfaces ont été arrachées au 13 octobre, avec de fortes disparités selon les territoires, entre 80 et 90 % dans les Hauts-de-France et environ 50 % dans les régions plus au sud. Les arrachages se déroulent dans des sols très secs, ce qui augmente les risques de chocs sur les tubercules et de dégradation de leur qualité.

Jusqu’à 30 t/ha de perdu en non-irrigué

Toutes les régions de production ont subi la sécheresse. Les écarts de rendement observés sont liés à la possibilité ou non d’irriguer. L’UNPT estime la perte de rendement en irrigué entre 5 et 10 tonnes à l’hectare (t/ha) comparé à une année normale, et en sec, entre 20 et 30 t/ha. « Des producteurs annoncent des rendements à 15 t/ha en sec contre 43 habituellement, indique le syndicat et certains parlent même de 7 t/ha. »​​​​​

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L’irrigation n’a toutefois pas suffi à préserver la rentabilité des cultures. Selon les calculs de l’UNPT, des producteurs ayant réalisé en moyenne huit passages de 25 à 30 mm rentrent à peine dans leurs frais. « Ils ont maintenu un potentiel mais n’ont pas gagné d’argent. » Et si les conditions de l’année incitent les producteurs à réfléchir à l’irrigation, la ressource n’est pas toujours présente dans les territoires, rappelle le syndicat.

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Des tubercules plus petits et moins longs

« Les conditions météorologiques ont considérablement affecté la qualité (taille, longueur) des tubercules, ce qui pourrait poser des difficultés pour atteindre une longueur suffisante et compliquer leur utilisation pour certains débouchés industriels », indique le NEPG dans son communiqué de presse. L’UNPT indique pour sa part qu’il y a beaucoup de petits calibres et qu’ils sont très hétérogènes. Ces problèmes de calibre obligent les différents débouchés à adapter leurs exigences.

Dans un communiqué du 13 octobre, le CNIPT (interprofession des pommes de terre fraîche) appelle la grande distribution « à traduire ses engagements de soutien à la filière dans les faits, en adaptant ses pratiques d’achat et ses agréages aux réalités de la récolte ». Le CNIPT avait décidé le 2 septembre dernier d’abaisser exceptionnellement de 50 à 45 mm le calibre minimum des pommes de terre portant l’allégation « frites ». Mais l’organisation se désole de constater que, suite à des retours de professionnels sur le terrain, « toutes les enseignes ne se montrent pas aujourd’hui au même niveau d’engagement ». Côté industriels, l’UNPT indique que beaucoup ont revu leur grille de calibre à la baisse, pour passer à 45 mm +. Les process de fabrication vont devoir être adaptés en conséquence.

Un marché du libre encore dans l’attente

Si les prix des pommes de terre contractualisées sont fixés à l’avance, ceux des volumes commercialisés sur le marché libre dépendront notamment de leur calibre. Les petits tubercules pourraient être orientés vers des débouchés industriels moins rémunérateurs que la fabrication de frites.

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L’UNPT indique que le marché du libre est « extrêmement calme pour l’instant. »​​​​​​ Les producteurs n'ont pas encore tous commencé à commercialiser leur récolte, tandis que les industriels attendent d'évaluer les volumes qu'ils devront acquérir sur le marché libre. Malgré la baisse attendue de la production, l’évolution des prix sur le marché libre reste incertaine. Le syndicat reste très prudent sur ce point : « Nous aurons plus de lisibilité sur les prix d’ici début novembre. »

Très peu de visibilité sur les surfaces 2027

Après une campagne particulièrement difficile, les intentions de plantation pour 2027 restent très incertaines. Plusieurs facteurs entreront en jeu : l’état des trésoreries, le niveau des prix proposés dans les contrats et le niveau de risque que les producteurs seront prêts à accepter. « L’ambiance générale est mauvaise, il y a eu beaucoup de casse cette année », se désole l’UNPT qui milite pour une stabilisation des surfaces en 2027 pour éviter la situation de surproduction de 2025.

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