L'organisation des producteurs de grandes cultures craint les conséquences de la réforme de la PAC.
L’assemblée générale d’Orama, organisation qui regroupe l’AGPB, l’AGPM et la FOP réunira son assemblée générale à Troyes, le 11 juin. Ce sera l’occasion pour elle de rappeler la position des producteurs en grandes cultures sur le bilan de santé de la Pac et leur rejet de certaines des propositions de Marian Fischer Boel, sujet que nous avons traité dans ces colonnes.
Les producteurs de grandes cultures contestent notamment le démantèlement des instruments de gestion du marché.
« Les prix des grains ne resteront pas durablement élevés », estime Philippe Pinta, président d’Orama rappelant que les prix du blé rendu Rouen qui se situaient à 155 euros/tonnes début juin 2007 ont atteint 296 euros/tonnes début septembre 2007 pour revenir à 178 euros début juin 2008, évolution que nous avons suivie et commentée dans nos analyses régulières des marchés. D’où la nécessité de garder un filet de sécurité et de
« constituer des stocks quand les prix sont bas pour les remettre sur le marché quand ils sont plus élevés ».
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C’est la raison pour laquelle le projet de la Commission d’étendre la mise à zéro de l’intervention à toutes les céréales fourragères est contesté, tout comme la proposition de remplacer le régime d’intervention sur le blé tendre par un système d’adjudication. Non seulement le déclenchement de l’intervention sur le prix du port de Rouen conduirait à une décote sur les prix au départ des régions productrices de l’ordre de 8 à 15 euros/tonnes, mais le système de l’adjudication dégressive entraînerait une spirale à la baisse.
Assurance récolte
Orama dénonce également le projet de Bruxelles de porter la modulation vers le deuxième pilier de 5 à 13 %, auquel devrait s’ajouter le redéploiement des crédits au sein du premier pilier à hauteur de 10 % :
« des propositions inacceptables qui se traduiraient par un prélèvement global de 25 % ». « La modulation au titre du deuxième pilier doit tendre vers zéro ». Quant au prélèvement de 10 %, Orama propose la clé de répartition suivante : 5 % pour financer une partie de l’assurance récolte à laquelle s’ajouterait la création d’un caisse pour aléas. Les autres 5 % seraient affectés à une enveloppe de flexibilité pour venir en aide aux productions en difficulté
« Nous sommes favorables à un système à l’Américaine où les aides bougent en fonction de la situation du marché », conclut Orama.