La décision de Bruxelles d’instaurer des droits anti-subvention sur les importations de biodiesel à base d’huile de palme en provenance d’Indonésie «va dans le bon sens», estime Kristell Guizouarn, présidente de l’European Biodiesel Board (EBB). «Cela permet de protéger le marché européen contre les subventions à l’industrie du biodiesel à base d’huile de palme de ce pays [entre 8 % et 18 %], engendrant des prix artificiellement bas par rapport aux produits à base d’huile de colza en Europe», explique-t-elle. Selon l’EBB, les soutiens publics aux producteurs indonésiens s’élèvent à environ 210 €/t de biodiesel produit. La fin des droits anti-subvention en 2018 avait engendré l’arrivée massive d’agrocarburant indonésien sur l’UE : environ 800 000 t en 2018, d’après l’EBB.
Originellement prévus pour le 6 septembre, ces droits pourraient s’appliquer dès le 13 août, rapporte Kristell Guizouarn. Ces droits provisoires s’appliquent jusqu’à ce qu’un vote des États membres sur leur mise en place définitive ou non ait lieu, vote qui surviendrait en fin d’année 2019, pour une décision au plus tard le 6 décembre, indique la présidente de l’EBB. «Lorsqu’on parle de droits définitifs, on parle d’une durée d’application de cinq ans», précise-t-elle. Toutefois, le feuilleton n’est pas terminé. L’Indonésie compte riposter, et peut trouver un compromis avant fin 2019, comme l’Argentine l’avait fait début 2019. «L’UE avait accepté un système de prix minimum, qui protège actuellement plutôt bien le marché européen», rassure Kristell Guizouarn.
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