« Redéploiement des paiements directs : Jean Glavany en a rêvé, Michel Barnier s'en donne les moyens ». Quand on sait le peu d'affection que portait le syndicalisme majoritaire pour le ministre de l'Agriculture de Lionel Jospin, la réaction des céréaliers aux mesures issues du bilan de santé vaut son pesant d'amertume. D'autant que les producteurs de blé, de maïs et d'oléoprotéagineux tiennent le ministre de l'Agriculture pour l'artisan principal de l'accord du 20 novembre et estiment qu'il bénéficiera d'une capacité de redistribution de leurs ex-aides directes beaucoup plus ample qu'annoncée. Les réactions de leurs organisations le montrent : le secteur de l'élevage bovin et ovin est le seul bénéficiaire potentiel du compromis de Bruxelles, via notamment le maintien du recouplage de la prime au maintien du troupeau allaitant (PMTVA) et le soutien renforcé aux surfaces herbagères, mais peut-être aussi grâce à d'autres mécanismes de soutien au cas par cas, au titre du développement rural. Car l'accord obtenu entre les 27 n'est manifestement qu'un début et donnera lieu au sein de chaque Etat à de savants arbitrages entre filières. Tandis que le monde céréalier assurait il y a quelques semaines être favorable à un « rééquilibrage » des aides, il ne semble plus désormais disposé à céder de terrain, d'autant que le marché céréalier s'est depuis retourné en leur défaveur. Tout cela promet de sérieuses tensions au sein du monde agricole et sans doute au sein du syndicalisme. L'organisation des producteurs céréaliers en a d'ores et déjà appelé à l'arbitrage de la FNSEA. D'après ce que l'on a cru comprendre des premières réactions de la rue de la Baume, celle-ci n'est pas indifférente à ces arguments.
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