Alors que débute le Grenelle bis de la protection animale, le Comité Noé monte en puissance. Son objectif : faire entendre la voix de ceux qui vivent « des relations équilibrées avec la nature et les animaux ». Explications de son secrétaire général, Thierry Coste.
LM :
Dans quel état d’esprit abordez-vous les rencontres « animal et société » ?
Thierry Coste : Le Comité Noé veut mettre un terme au monopole d’influence de ceux qui se disent les défenseurs des animaux, mais qui privilégient la sensiblerie médiatique en refusant tout dialogue avec les autres catégories sociales concernées par les animaux domestiques ou sauvages. Ils se présentent comme les porte-parole de l’opinion publique, alors qu’ils ne représentent en réalité qu’une infime minorité de la population. L’initiative du président Sarkozy, de lancer ce Grenelle bis de la protection animale, mérite d’être saluée. Toutefois, le comité se montrera d’une extrême vigilance, durant toute la durée des travaux, afin que seules des mesures pragmatiques et consensuelles voient le jour, dans l’intérêt bien compris des animaux eux-mêmes et de ceux qui les soignent, les gèrent ou les utilisent. Nous voulons faire entendre la voix de tous ceux qui vivent avec passion au quotidien, dans nos campagnes comme dans nos villes, une relation équilibrée avec la nature et les animaux, loin de toute idéologie et de tout sectarisme. Le respect de l’animal et sa bientraitance doivent être une priorité qui concerne tous les secteurs de l’économie et du loisir, sans pour autant pratiquer un anthropomorphisme exacerbé.
LM :
Comment allez-vous mener votre action ?
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Thierry Coste : En employant les mêmes méthodes que celles des associations de protection animale. Nous sommes devenus assez influents auprès du Parlement et du ministère, ce qui a permis de peser fortement dans la composition des groupes de travail des rencontres « animal et société ». Pour la première fois, nous venons d’adresser une lettre ouverte à 10 000 élus, accompagnée d’un manifeste visant à les interpeller sur les rapports de l’homme et des animaux dans la société. Il est nécessaire de se battre sur des concepts autant qu’à travers des actions concrètes. En réunissant un groupe de travail scientifique, nous avons pu définir une position équilibrée, de nature à faire consensus, qui revient à reconnaître à l’homme le droit d’utiliser les animaux. La deuxième étape de notre action va débuter dans les semaines qui viennent. Des évènements médiatiques seront organisés, mettant en avant des célébrités acquises à notre cause. Le comité veut se battre avec les mêmes armes que celles employées par Peta ou la Fondation Brigitte Bardot.
LM :
Qui est représenté dans votre organisation ?
Thierry Coste : Le Comité Noé rassemble les principales organisations professionnelles et les associations représentatives de ceux qui élèvent, gèrent ou utilisent des animaux domestiques ou sauvages pour leurs activités économiques et de loisirs. Il fonctionne en réseau depuis janvier 2006. Avant cela, des syndicats d’éleveurs avaient déjà mis en place une organisation interne pour s’occuper de la bientraitance des animaux, que ce soit à la FNSEA, à l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture, dans la production porcine, avicole, laitière, dans le foie gras. Mais, le sujet a pris une autre dimension lors de l’élection présidentielle, vu les engagements de Nicolas Sarkozy. Nous avons officialisé le comité en juin 2007, qui regroupe non seulement des syndicats d’agriculteurs, mais aussi de chasseurs, d’éleveurs amateurs, d’éleveurs de chiens. D’autres organisations frappent à notre porte. Le comité s’attache à développer un réseau national et européen. Une partie des menaces vient en effet de l’UE.