Les modifications apportées par l'ONIGC à ses bilans prévisionnels d'octobre à l'occasion de la réunion de son conseil spécialisé du 12 novembre (voir notre édition de mercredi), ne modifient fondamentalement pas la physionomie de la campagne 2008-2009 telle qu'elle se dessinait avant même la moisson. Ce sont des bilans lourds, encore renforcés sensiblement en maïs, qui pèseront sur la fin de campagne et ne ménagent pas le marché actuel.
En début d'année encore, les prix des céréales flambaient, avec un cours rendu Rouen pour le blé standard atteignant jusqu'à 280 euros. On en est aujourd'hui à moins de 140 euros, soit 15 euros de moins qu'en novembre 2006-2007. Nul en mars dernier n'aurait évoqué le risque de l'intervention. Aujourd'hui, il est bien là et les premières offres au stockage public sont enregistrées dans l'Est de l'UE (voir analyse de marché en page 5).
Les risques de la déréglementation
Pourtant, la Commission de Bruxelles n'a eu de cesse de manoeuvrer pour réduire ce pilier de l'organisation du marché céréalier, profitant de l'euphorie créée par les prix élevés de la dernière campagne.
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Le système d'intervention sur le maïs, réduit à un contingent de 700 000 tonnes, dégressif, avait trouvé sa justification dans la constitution d'un stock gigantesque constitué la campagne précédente par des livraisons systématiques dès l'ouverture du stockage public par nos partenaires hongrois ou tchèques. L'intervention prise comme un débouché commercial commode, notion mise souvent en pratique antérieurement par notre partenaire allemand, méritait sans doute d'être corrigée. Sa réduction à un quota de 700 000 t risque cependant d'être insignifiante cette campagne, compte tenu de l'abondance de la récolte européenne.
En revanche, le nouveau mode de fonctionnement destructeur de protection du marché contre une baisse excessive des prix est vivement rejeté par les producteurs des Etats membres concernés par la production céréalière. La filière française, notamment, considère à juste titre que la proposition de Bruxelles, fondée sur des enchères descendantes n'opposera plus de limite à la baisse.
Hubert Grallet, président de Coop de France métier du grain, a rappelé à l'occasion du premier congrès de l'organisation, mercredi, la proposition qu'elle formule pour contrer celle de la Commission. Elle a le mérite du réalisme qui engendre l'efficacité ; Coop de France métier du grain propose de limiter l'ouverture des achats publics aux trois derniers mois de la campagne. Ce qui permettrait des mises à l'intervention massives dès le début de la campagne comme cela s'est produit en 2004 et 2005. Un phénomène qui inciterait les opérateurs à donner la priorité au marché et
« cantonnerait les achats publics à leur rôle de dernier recours » ; c'est le système que les négociateurs français pourraient défendre dans les débats sur l'état de santé de la PAC.