Camarades, les temps ont changé !

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J’écoutais l’autre jour Nicolas Forissier, reçu par une organisation professionnelle en province. Je ne cache pas ma surprise : voici un homme jeune, de qualité, qui nourrit des ambitions légitimes à l’aube d’une carrière politique qui s’annonce plutôt bien. Or son discours était celui d’un vieux sénateur rad-soc de la III ème, et encore il y en avait de plus percutant. Entre deux évocations d’une «ruralité équilibrée» et de la «convivialité» des marchés aux bestiaux, le secrétaire d’Etat a servi à ses hôtes, d’ailleurs ravis par tant d’honneur, une bouillie clairette sans analyse concrète, sans la moindre évocation des mesures que ces gens là attendent et qu’ils attendront donc encore un peu. Faut-il déplacer les motards, trois grosses berlines, des gardes du corps et un préfet pour cela ? Ne s’aperçoit-on pas dans les hauteurs ministérielles que les temps ont changé, que les banalités d’antan n’ont plus cours, que les gens veulent qu’on s’occupe de leurs vrais problèmes, sans belles phrases ? Pire : le mal a gagné d’autres sphères. J’entendais récemment des responsables professionnels dire à la tribune le contraire de ce qu’ils me disent du même sujet en privé. Pourquoi ? Parce que «ça, on ne peut pas le dire.» Ca va mal finir, très mal...

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