Aller au contenu principal

Chine : pourquoi le pays ne parvient pas à réduire sa dépendance alimentaire au reste du monde ?

La Chine ne parvient pas à réduire sa dépendance agroalimentaire et énergétique du reste du monde. En même temps, une indépendance pourrait mettre en péril le marché mondial.

© David Peterson de Pixabay

« Malgré une volonté affichée de s’affranchir de toute dépendance commerciale et économique, la Chine n’est pas encore autosuffisante dans tous les secteurs », selon les résultats d’une recherche de l’école de guerre économique (EGE) parue en juin. Le pays a importé 107,1 milliards d’euros de produits agroalimentaires en 2018 et du charbon, sa première source d’énergie, à hauteur de 19 milliards de dollars.  

  • Les importations de bœuf constituaient 5% de la consommation nationale chinoise (2010)
  • Celles de produits laitiers, 20% de la consommation chinoise. Les importations étaient originaires de Nouvelle-Zélande et d’Australie (2010)
  • La Chine importait 80% de sa consommation totale de soja en provenance des États-Unis et du Brésil (2013)

De faibles moyens de production

La productivité agricole de la seconde puissance mondiale est très faible. La Chine dispose de 8,5% des terres arables mondiales. La majorité des exploitations agricoles s’étendent, en moyenne, sur 0,6 hectare. La Chine ne parvient pas à nourrir 1,4 milliard d’habitants, malgré une modernisation du secteur depuis les années 1970. Les coûts de production sont également élevés. La production locale est donc fragilisée face aux importations.

Croissance démographique et nouveaux régimes alimentaires

Dans dix ans, la population chinoise sera chiffrée à 1,5 milliard d’habitants. Déjà, des changements démographiques sont observés. L’émergence d’une classe moyenne conduit à de nouveaux comportements alimentaires, en particulier chez les citadins. Avec la hausse des revenus, la part du budget alimentaire des ménages chinoise s’est décuplée. Elle est d’environ de 28%. Par conséquent, la consommation de viande a triplé depuis 1990. Elle atteignait 49,2 kg/habitant en 2018. Sur la même période, la consommation d’œufs et de produits laitiers a été multipliée par 26. Par ailleurs, l’alimentation urbaine peut s’apparenter à celle de l’Occident. Les importations de vins en provenance de France se sont accentuées dans les grandes villes chinoises.

Risque d’une dépendance agro-alimentaire et énergétique

Les importations chinoises dépendent principalement des États-Unis (23%), du Brésil (19%) et de l’Australie (7%). A eux trois, ces pays totalisent presque la moitié des importations agroalimentaires et énergétiques chinoises. Une variation sur l’un de ces marchés pourrait entraîner des répercussions sur les places chinoises.

La Chine tente de réduire cette dépendance

Pékin achète de nombreuses entreprises et terres agricoles, notamment sur le continent africain, afin d’assurer sa souveraineté et sa sécurité alimentaire.

Risques pour le reste du monde

La Chine dispose d’un stock d’environ 300 millions de tonnes de grains. En les vendant sur le marché international, le pays « aurait le potentiel de faire effondrer les cours des marchés agricoles […]. Il s’agit donc d’une arme commerciale redoutable pour dissuader ses adversaires économiques », souligne la recherche.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio