Aller au contenu principal

Le Chinois H&H monte à 49,9 % du capital d'Isigny-Sainte-Mère

L'associé non coopérateur H&H passe de 20 à 49,9 % du capital de la coopérative normande Isigny-Sainte-Mère. Faut-il s'en inquiéter ?

Le site U3 en mai dernier.  © Isigny Sainte Mère
Le site U3 en mai dernier.
© Isigny Sainte Mère

Le conseil d'administration de la coopérative normande Isigny-Sainte-Mère a voté la montée au capital du groupe chinois H&H de 20 à 49,9 %, le 30 août dernier. Cette décision n'a pas nécessité le vote de tous les adhérents de la coopérative. Néanmoins, dans la foulée, une réunion des adhérents a été organisée pour expliquer ce choix.

Le président d'Isigny-Sainte-Mère, Arnaud Fossey, a expliqué au journal L'Agriculteur normand pourquoi le groupe chinois H&H, associé non coopérateur, et client important de la coopérative (30 % du chiffre d’affaires d'Isigny), monte au capital social. « Les autorités chinoises font évoluer leur réglementation. Il s’agit d’une opération technique qui anticipe les changements réglementaires en Chine. H&H prouve ainsi aux autorités de son pays que le sourcing est sécurisé. Cette augmentation de capital représente 10 millions d‘euros. Cette opération permettra de renforcer nos fonds propres et de nous acquitter d’une partie de la dette contractée en 2013 avec H&H (17 millions). »

Une anticipation de la règlementation chinoise

Le niveau de 49,9 % est le maximum autorisé par le Code rural« Si les autorités chinoises jugent ce lien capitalistique encore insuffisant, d'autres solutions sont possibles, pour permettre à Isigny et H&H de poursuivre leurs activités. »

Arnaud Fossey se veut rassurant : « Nous avons travaillé tout l’été avec nos avocats pour sécuriser tout ce qu’il faut. Nous avons la chance de profiter du droit coopératif : une personne = une voix. N’oublions pas que si Isigny rémunère correctement ses producteurs, c’est aussi en partie grâce à notre partenariat avec H&H. Nous avons un partenariat fort depuis dix ans et nous voulons continuer à lier nos destins. » Enfin, le président précise que la coopérative a des solutions de repli, comme le retour de H&H à 20 % du capital. La solution de la création d'une filiale, jugée moins sécurisante, n'a pas été retenue.

Cette opération ne donne pas plus de pouvoir à H&H« Le groupe H&H ne garde qu’un seul siège au conseil d’administration, comme maintenant. Ils n‘auront pas plus de droits de vote, ils ne participeront pas à la gestion au quotidien de la coopérative, ils n’auront toujours pas droit aux dividendes. »

Dominique Guillemine, éleveur en Gaec dans l’Orne : "Je ne suis pas inquiet" :

"Cette montée au capital social de notre coopérative Isigny-Sainte Mère ne m’inquiète pas. J’étais présent à la réunion du conseil d’administration à laquelle participait le PDG d’H&H. Notre partenaire chinois a tenu ses engagements depuis notre collaboration qui remonte à dix ans et il les a réaffirmés. La laiterie et les producteurs ont parfaitement mesuré les retombées financières de cette collaboration. Le partenariat qui a été noué est solide. On sait dans la région qu’il y a d’autres partenaires chinois qui n’ont pas été aussi fiables que ça. H&H vend notre poudre de lait avec nos spécificités (Normande, pâturage…). La société participe même financièrement à la normandisation des troupeaux. Grâce à son envergure, elle peut nous amener d’autres débouchés même en France. Par ailleurs, malgré l’augmentation de capital, H&H n’a toujours qu’un seul administrateur au conseil d’administration contre 14 pour les producteurs.

Mes inquiétudes portent plus sur la volonté d’hégémonie de l’État chinois. C’est d’ailleurs l’évolution de la réglementation chinoise qui a poussé H&H à augmenter sa part de capital social. Je pense que nos représentants et collègues du conseil d’administration seront suffisamment prudents pour préparer l’avenir. S’il fallait se priver du jour au lendemain de H&H, ça serait assez problématique sachant qu’il représente une partie assez significative de notre chiffre d’affaires : 50 % pour la poudre de lait infantile et environ 30 % du chiffre d’affaires global de la coopérative. La tour de séchage qui a été faite il y a huit ans était liée à ce partenariat. Elle est presque payée. Il y en a une nouvelle qui va rentrer en fonctionnement en octobre. Cela va nous permettre d’augmenter en volume la part que nous allons livrer à H&H sans pour autant augmenter les ratios de 50 % et 30 %. Il va donc falloir développer de nouveaux marchés. Avec cette seconde tour, nous devrions valoriser la totalité de la matière grasse et de la protéine avec des produits à haute valeur ajoutée. Notre coopérative se porte bien. Si on en est là aujourd’hui, c’est en partie grâce à H&H."

Propos recueillis par Franck Mechekour

Les plus lus

<em class="placeholder">démonstrateur centrale agrivoltaïque Voltalia sur prairie avec des vaches</em>
Agrivoltaïsme : les ombrières de faibles hauteurs perturbent peu les vaches mais modifient la composition de la prairie à Poisy, en Haute-Savoie

Avec des hauteurs inférieures à 2,20 mètres, les panneaux fixes installés sur une prairie pâturée de la ferme de Poisy, en…

<em class="placeholder">Éleveurs et leur conseiller devant les robots de traite</em>
« Nous avons habitué nos vaches aux robots grâce au DAC, dix jours avant la mise en route », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont…

<em class="placeholder">Au Gaec de la Dame de Haye, toutes les générations sont représentées. De gauche à droite : Steve Jouquelet, Johann Vévert, Paul Comte, Aymeric Caron, Pascal Ebel, ...</em>
« La convivialité, c’est primordial pour la cohésion d'équipe de notre Gaec », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec de la Dame de Haye en Meurthe-et-Moselle, la cohésion de l’équipe de neuf personnes est une priorité pour les cinq…

<em class="placeholder">Vaches prim&#039;Holstein en attente devant les robots de traite en batch milking</em>
« Le batch milking nous permet une bonne gestion de la main-d’œuvre salariée », dans les Yvelines

La Ferme de la Tremblaye dans les Yvelines a opté pour le batch milking pour la traite de ses 220 vaches…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de Vernoux</em>
« Nous apportons de la paille broyée dans la ration de nos laitières pour la fibre efficace », dans le Maine-et-Loire

Au Gaec Vernoux, de nouveaux critères d’analyse des fourrages mesurant la part de fibres efficaces ont amené les associés à…

<em class="placeholder">Ludovic André avec ses vaches au pâturage</em>
« Je passe mes vaches laitières en monotraite l’été pour mieux passer les coups de chaud », dans les Côtes d’Armor
Installé en bio dans les Côtes d’Armor, Ludovic André a opté pour la monotraite de mi juin à fin août, avec des vêlages groupés à…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière