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Dossier 200 à 300 ch - Des tracteurs multi-usages
Un tracteur de tête lourd et puissant

Bertrand Collumeau et son frère Romain ont investi à crédit, sans apport, dans un tracteur puissant et à forte valeur de revente. Ils exploitent près de 450 hectares en Seine-et-Marne.

Bertrand Collumeau devant le John Deere 8320R de 320 chevaux provient du centre de formation de la marque : remise supplémentaire et réduction du délai d’attente.
© G. Coisel

Suite aux mauvaises récoltes de 2016, les frères Collumeau ont préféré se séparer de leur tracteur, un John Deere 8230 (5 000 h, 10 ans), pour récupérer de la trésorerie. Installés en Gaec à Lorrez-le-Bocage-Préaux, en Seine-et-Marne, les exploitants, se sont rééquipés depuis juin avec un John Deere 8320R de 320 chevaux (368 maxi avec boost). Plus puissant que son prédécesseur d’environ 70 chevaux, ce tracteur réalise 500 à 600 heures par an de travaux lourds, du déchaumage profond avec un outil à dents porté de 5 mètres et du labour avec une charrue portée de six corps. Le tracteur effectue aussi du transport à la moisson et à la récolte des betteraves.

« Nous tenions absolument à ce que le tracteur soit équipé de pneumatiques de 650 mm à l’avant et de 710 mm à l’arrière (2,17 m de hauteur), précise Bertrand Collumeau. Pour le confort, nous voulions un siège pneumatique basse fréquence et de l’autoguidage hydraulique pour plus de précision. Le choix de la transmission était également un critère d’achat. La full powershift e23 est plus réactive, moins gourmande en puissance que les transmissions variables continues CVT, comme celle de notre 7260R. Elle est plus adaptée aux travaux de traction, principalement effectués par le tracteur. Elle s’utilise de la même manière que la CVT, bien que l’on ressente obligatoirement quelques légers à-coups lors du passage des rapports."

Le tracteur provient du centre de formation de la marque, ce qui a permis à Bertrand Collumeau et son frère de bénéficier d’une remise supplémentaire et de réduire leur délai d’attente. « Nous avons eu un 8320R au prix d’un 8295R neuf. L’écart entre un 250 et un 300 chevaux ne s’élevait qu’à 4 500 euros. Nous ne voulions pas d’un 7R de 300 chevaux, un peu trop léger à notre goût, même si nous apprécions les qualités telles que la maniabilité et la nervosité de notre 7260R », détaille le céréalier.

Après avoir effectué la moisson, les travaux de transport et le déchaumage, les agriculteurs s'estiment satisfaits de leur choix. "C'est un tracteur confortable, puissant, ce qui laisse la possibilité d’augmenter les largeurs du parc matériel, et simple d’utilisation, souligne Bertrand Collumeau. Il est lourd toutefois, ce qui n’est pas à son avantage au transport."

Même pour six mois par an, la location est trop coûteuse

Pour se rééquiper, les deux associés ont envisagé la location, le crédit-bail ou le crédit classique. Ces trois alternatives ont été testées avec trois marques différentes : Claas, Fendt et John Deere. Le premier proposait un Axion 920. « Nous étions intéressés par la location, d'autant plus que notre tracteur de tête ne sert que six mois de l’année. Mais il fallait compter 40 euros de l'heure (avec entretien) pour 600 heures d’utilisation sur une durée de dix-huit mois. Même si notre objectif était d’obtenir un coût horaire bien défini, ce dernier nous paraissait exorbitant. Il ne faut pas oublier qu’à la fin du contrat, on n’a rien à revendre ! » argumente Bertrand Collumeau. Fendt proposait de son côté une offre alléchante, en crédit-bail, avec une valeur résiduelle forte. Mais l’éloignement de la concession (45 km) et la proposition de la concurrence ont mis un terme à la négociation. C’est finalement John Deere qui a été retenu, à la fois pour la valeur de revente du tracteur à laquelle le Gaec attache beaucoup d’importance et pour son offre commerciale : un financement à 100 % par un crédit classique à 0,7 % sur sept ans, avec le financement de la TVA gratuit. Le Gaec bénéficiait également à l’époque du suramortissement permis par la loi Macron.

26 000 euros d’annuités sans compter l’extension de garantie

Le tracteur acheté 175 000 euros représente pour le Gaec des annuités de 26 000 euros, sans compter l’extension de garantie souscrite auprès de son assureur, l'offre du constructeur ayant été jugée trop onéreuse (15 000 € pour 4 ans). Le coût d’utilisation revient à 43 euros de l'heure, sans intégrer l’entretien, réalisé par le concessionnaire pour respecter les garanties, ni la valeur de revente. En intégrant cette dernière, il faudrait diviser par deux le coût horaire d’utilisation.

En termes de renouvellement, les agriculteurs se fixent comme objectif d’éviter les mauvaises surprises. "L’électronique aujourd’hui ne rassure pas et on se sent impuissant, résume Bertrand Collumeau. Disons que dans cinq ans, nous y réfléchirons fortement."

 

 

En chiffres

450 ha de SAU dont 135 de blé, 110 d’orges (hiver + printemps), 65 de betteraves, 65 de colza, 8,5 de miscanthus et le reste en prairie.

Élevage de 60 chevaux

Un tracteur John Deere 8320R, 320 ch

175 000 € de prix d'achat

500-600 h/an d'utilisation

26 000 € d'annuités

43 €/h (sans entretien, ni valeur de revente) de coût d'utilisation

Deux autres tracteurs

1 John Deere 7260R (de 2014) utilisé 600 h/an pour semis, transport, préparation du lit de semences, engrais
1 John Deere 6430 + chargeur utilisé 400 h/an pour semis betteraves, rouleau, fenaison, travaux de cour

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