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Quand l’outil pilote le tracteur

Au fur et à mesure de son développement, la norme Isobus intègre de nouvelles fonctionnalités. À l’origine, l’Isobus permet une communication unidirectionnelle du tracteur vers l’outil, mais avec l’arrivée de la fonctionnalité TIM (Tractor Implement Management), la communication devient bidirectionnelle. Concrètement, l’outil peut piloter certaines fonctions du tracteur de manière à optimiser son propre fonctionnement. Cette fonctionnalité très avancée de l’Isobus se traduit chez les tractoristes par le niveau Isobus Classe 3. Du côté des constructeurs d’outils, la certification TIM n’en est qu’à ses débuts. Certains d’entre eux se sont engagés rapidement avec les tractoristes pour fournir des solutions compatibles. Mais le développement de l’Isobus Classe 3 devrait s’accélérer avec la certification de la fonctionnalité TIM par l’AEF. De nouvelles avancées seront présentées par l’AEF à l’occasion du salon Agritechnica en novembre prochain.

Des compatibilités conditionnées par des tests de sécurité

Les premières applications existent pourtant depuis quelques années. Dès 2010, John Deere présentait son dispositif Baler Automation permettant à une presse à balles rondes de piloter l’avancement du tracteur et les fonctions hydrauliques. La marque américaine a ensuite décliné cet automatisme sur ses semoirs monograines. Mais les contraintes de sécurité ont pour l’instant limité la compatibilité à des attelages de même marque ou à un accord entre tractoriste et constructeur d’outils. Ceux-ci réalisent des tests avant de libérer les fonctionnalités de sécurité sur le tracteur. John Deere reste le tractoriste le plus avancé avec sa fonction TIA (Tractor Implement Automation) dont il garantit le fonctionnement pour ses tracteurs Isobus Ready (6R (6 cylindres), 7R, 8R, 9R) sans surcoût, avec des outils de plusieurs constructeurs : Grimme, Krone, Joskin, Samson, Fliegl et Horsch.

Ce pilotage de certaines fonctions du tracteur par l’outil permet d’optimiser le fonctionnement de ce dernier, tout en réduisant la fatigue du chauffeur. Il assure également à un salarié, peu expérimenté, qualité de travail et débit de chantier.

Plébiscité pour les travaux de plantation

« L’application la plus demandée pour l’Isobus Classe 3 est le guidage du tracteur par l’outil lors de la plantation de pommes de terre sur butte, indique Nicolas Morel, chef produit tracteur chez New Holland. Nous avons un accord avec Grimme pour valider le fonctionnement de l’automatisme. » New Holland propose par ailleurs l’Isobus Classe 3 pour ses presses à balles rondes ou carrées avec l’option IntelliCruise. « Le principal avantage est la variation de la vitesse, afin de mieux alimenter la presse, d’où une optimisation du débit de chantier et une meilleure régularité de la densité. Pour les presses à balles rondes, l’automatisme gère également l’arrêt du tracteur pour le liage. Reste que la demande est encore faible au pressage, l’avantage procuré par l’automatisme étant moins visible qu’à la plantation », complète le spécialiste.

Autres applications pour lesquelles John Deere valorise l’Isobus Classe 3, le pilotage du tracteur par une tonne à lisier équipée du capteur Manure Sensing. Le dispositif gère la vitesse du tracteur, afin d’apporter la dose fertilisante définie au préalable. Dans le cas de Machine Sync, c’est la moissonneuse-batteuse qui pilote la trajectoire et la vitesse du tracteur lors des phases de vidange de la trémie.

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