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Lindner Lintrac 90 avec chargeur Hydrac EK 2100 : « Aussi maniable qu’un télescopique »

Ludovic Billard, éleveur à Laurenan (Côtes-d’Armor), a pris les commandes pendant deux semaines du Lindner Lintrac 90 de 102 chevaux. Il nous livre ses impressions.

La gamme Lintrac se compose pour l’instant d’un seul modèle de 102 chevaux décliné en deux versions à deux ou quatre roues directrices, la seconde étant celle essayée. Il vient d’être rejoint par un modèle étroit spécialement dédié aux cultures spécialisées et sera prochainement proposé avec d’autres puissances. Le Lintrac 90 est motorisé par un 4 cylindres Perkins répondant aux normes Tier 4i à l’aide d’un DOC et d’un FAP. Il dispose d’une transmission à variation continue spécialement développée par ZF. Très compacte, celle-ci se caractérise par une faible part d’hydrostatique dans le transfert de la puissance. Elle dispose de deux plages de vitesses à passage automatique, la première limitée à 20 km/h étant adaptée aux travaux de traction. Elle est gérée selon quatre modes : Drive (route), Éco, Power et Pro, ce dernier offrant un maximum de personnalisation dans les réglages. Complétée de deux modes spécifiques : pédale et prise de force, le premier permettant de gérer le régime moteur à la pédale tout en conservant une vitesse constante, le second offrant un régime constant, quelle que soit la vitesse. Outre sa transmission, le Lintrac dispose d’une cabine spécifique dont l’implantation permet de limiter sa hauteur et celle de son centre de gravité, le rendant particulièrement adapté aux zones montagneuses. La cabine reprend le tableau de bord numérique des Geotrac regroupant tous les paramètres du tracteur. Elle inaugure un accoudoir intégrant l’original commande Ldrive de la transmission et un joystick hydraulique. À noter que malgré sa puissance modeste, le Lintrac embarque un circuit hydraulique load sensing alimenté par une pompe à cylindrée variable.

Les conditions du test

Mise en œuvre fin novembre, la prise en main du Lintrac s’est réalisée au semis avec un combiné de 2,50 m, à l’affouragement en vert avec une remorque faucheuse autochargeuse de 20 m3 et aux travaux de cour pour la manutention.

Fiche technique

Moteur

• Puissance nominale et maxi (ISO 14396) : 102 à 2 200 tr/min
• Couple maxi : 420 Nm à 1 400 tr/min
• Cylindrée : 3 400 cm3
• Norme et système de dépollution : Tier 4i avec EGR + DOC + FAP
• Capacité d’huile du moteur : 7 l
• Espace entre chaque vidange : 500 h (250 h pour la première)

Transmission

• Type : variation continue
• Régime moteur à 40 km/h : 1 900 tr/min
• Régimes de prise de force et régimes moteur correspondants : 540 et 1000 à 2 100 tr/min ; 540E et 1000E à 1 500 tr/min

Circuit hydraulique

• Type, débit et pression : load sensing, pompe à cylindrée variable 88 l/min à 200 bars
• Volume d’huile hydraulique exportable : 30 l maxi
• Nbre de distributeurs : 2 à 5 à commande électrique

Relevage

• Capacité maxi aux rotules sur toute la course : 3 800 kg

Dimensions

• Capacité du réservoir de carburant : 85 l
• Hauteur hors tout : 237 cm (241 avec pneus standards : 420/85 R 30)
• Empattement : 226 cm
• Poids à vide : 3 750 kg
• Rayon de braquage : 3,5 m (4,5 m avec 2 roues directrices)
• Monte pneumatique du modèle essayé : 420/65 R20 et 480/70 R28

Prix catalogue

Au 1er janvier 2016 du modèle essayé avec le chargeur : 95 000 euros hors taxes

En cabine « Un équipement haut de gamme »

L’implantation basse de la cabine permet de monter et descendre très facilement du poste de conduite. Attention en revanche aux rétroviseurs qui sont à portée de tête pour les grands… L’habitacle est relativement spacieux, contrairement à l’impression donnée à l’extérieur. La climatisation manuelle est efficace, tout comme l’insonorisation. Les espaces de rangement sont présents, mais pas suffisamment profonds. Seul point faible de cette cabine basse, le bloc de climatisation limite la hauteur du hayon, obligeant à se contorsionner pour bien voir l’attelage arrière.

La visibilité sur l’avant est encombrée par le gros chargeur, implanté assez haut pour ne pas limiter la hauteur de levage. Le chargeur bloque d’ailleurs l’ouverture du pare-brise. Le toit vitré est souvent utile pour suivre la progression du chargeur. Au tableau de bord, le grand écran affiche tous les paramètres du tracteur. On navigue dans des menus assez intuitifs qui permettent de tout régler : temps et débit des distributeurs, compteur de surface et consommation, automatisme de prise de force et surtout la transmission. En mode Pro, on règle la chute de régime, la progressivité de l’accélération, le régime mini et maxi… L’écran n’étant pas tactile, il faut utiliser la petite molette en haut à droite de l’écran et les boutons. C’est d’ailleurs plus précis que la molette de l’accoudoir qui est trop sensible. Le commodo et la commande d’inverseur sont trop rapprochés.

La console de droite est bien organisée avec des commandes rapidement identifiées. Les trois distributeurs fingertip disposent d’une position flottante. Le petit potentiomètre de l’accélérateur à main s’accompagne d’une mémoire de régime moteur. L’originalité du tracteur se situe dans le petit boîtier intégré au montant qui permet de gérer les différents modes de direction : 2 ou 4 roues directrices, marche crabe, hybride et manuel. Deux baregraphes nous indiquent la position des roues, le réalignement étant automatique.

L’accoudoir intègre la commande la transmission qui se caractérise par une grosse molette assurant le réglage de la vitesse. En la basculant en avant ou en arrière, on change le mode de transmission, et vers la gauche, on accède aux paramètres de réglage. La molette est entourée de cinq boutons dédiés à l’enclenchement du pont et au blocage de différentiel, à la sélection de la petite gamme de vitesse, du régulateur de vitesse et du mode pédale. C’est finalement assez intuitif. L’accoudoir dispose également de deux boutons pour le relevage et surtout du joystick hydraulique, auquel on peut attribuer deux distributeurs au choix, en l’occurrence ceux du chargeur. Il intègre également le pilotage de la troisième fonction et l’inverseur du sens de marche.

Au travail « Un valet de ferme à l’aise sur tous les terrains »

Au combiné de semis, le tracteur est bien équilibré en laissant le chargeur attelé. En mode Power, la gestion moteur/transmission est très réactive, le moteur ne baisse jamais de régime. Je gère la vitesse à l’aide de la commande de l’accoudoir. Avec la remorque autochargeuse, j’ai apprécié de pouvoir changer la vitesse d’avancement en conservant un régime moteur constant, gage de qualité de coupe. La consommation moyenne atteint les 8 litres/heure sur l’ensemble des travaux réalisés, ce qui me semble remarquable. Pour le semis, j’ai utilisé le mode hybride de la direction, qui active la direction du pont arrière à partir d’un certain angle de braquage, ce qui permet de tourner très court dans les bouts et ne pas zigzaguer lorsque l’on corrige la trajectoire sur la ligne.

Au chargeur, il est imbattable avec ses quatre roues directrices et son circuit hydraulique load sensing. Je pense que l’on ne fait pas mieux avec un télescopique compact. Le gros chargeur lève suffisamment haut et son attelage est particulièrement bien pensé. La masse de 800 kg sur le relevage arrière est indispensable pour équilibrer ce tracteur court. Je garde toujours la main droite sur le joystick hydraulique et pilote la transmission à la pédale. L’inverseur et les accélérations sont à la fois vifs et progressifs. Outre la visibilité, l’imposant chargeur limite l’efficacité des phares de travail qui ne sont pas assez nombreux.

Sur la route, son petit gabarit ne le handicape pas trop. Sa suspension de cabine le rend plutôt confortable. La gestion de la transmission depuis le levier et le mode Drive, bien adapté aux trajets routiers, complètent l’agrément de conduite. Le moteur manque toutefois un peu de nerf pour tenir la vitesse sur les faux plats.

L’attelage arrière est bien organisé. La faible hauteur du tracteur est un avantage pour le confort de travail, mais elle limite la garde au sol. L’essieu arrière directeur limite en effet la hauteur d’implantation de la prise de force et par conséquent celui de la barre d’attelage.

Entretien « C’est très compact, mais accessible »

Après ouverture du petit capot moteur à la finition soignée avec ses feux de jour à leds, on découvre un agencement très compact. Le filtre à air est placé devant les radiateurs. Un de ces derniers coulisse pour faciliter leur nettoyage. Les filtres à huile et gazole sont regroupés du côté gauche, tout près de la cabine. Le gros chargeur ne gêne pas leur accès. La jauge à huile moteur est du côté droit, tout comme la batterie facilement accessible sous le marchepied. Le FAP est implanté au-dessus du moteur, il dégage des calories lorsque qu’il est en régénération. Le pot d’échappement à gauche est inhabituel, mais il semble assez protégé. Le filtre de la climatisation est situé sous la casquette, avec un accès à hauteur d’homme. La séparation des huiles hydraulique et de transmission est plutôt rassurante. Enfin, avec le réservoir de 85 litres, on doit souvent refaire le plein.

Les plus

Maniabilité
Gestion moteur/transmission
Niveau d’équipement
Débit hydraulique

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