Aller au contenu principal

« Les deux robots pailleurs nous font gagner du temps et de la paille »

Chez Stéphane Danion, toutes les principales tâches de l’élevage laitier sont désormais automatisées : traite, alimentation, abreuvage des veaux et, depuis peu, le paillage. Son objectif est de réduire les besoins en main-d’œuvre, afin notamment de limiter l’astreinte le week-end.

Depuis juin 2021, Stéphane Danion, installé seul en SCEA à Paimpont en Ille-et-Vilaine, délègue à deux robots Wasserbauer Flypit le paillage de sa stabulation de 4 250 m2 abritant des aires paillées et des logettes. Ces équipements constituent le point d’orgue dans la démarche d’automatisation de cet agriculteur, à la tête d’un troupeau de 200 vaches laitières (220 VL à terme), qui cherche à réduire autant que possible les tâches gourmandes en main-d’œuvre. « Mon objectif est d’offrir de bonnes conditions de travail à mes trois salariés, avec notamment des horaires convenables. Ils n’attaquent, par exemple, qu’à 7h30-8 heures le matin. La robotisation permet aussi de limiter l’astreinte le week-end. Un seul d’entre nous est en effet sur la ferme du vendredi soir au lundi matin. Comme nous sommes quatre, cela permet d’être libre trois week-ends sur quatre. » Pour atteindre ce niveau de confort, Stéphane Danion a d’abord installé en 2008 un distributeur automatique de lait, puis acquis en 2012 deux robots de traite, complétés cette année par un troisième pour accompagner l’agrandissement du troupeau (de 140 à 180 VL en traite). Il s’est aussi équipé d’un robot d’alimentation en 2017.

45 minutes gagnées par jour

Avant d’acquérir les deux automates Wasserbauer pour un peu moins de 200 000 euros, l’éleveur utilisait une vieille pailleuse, qui lui a coûté 5 000 euros en 10 ans (achat compris). Cette machine servait tous les jours pour pailler les 900 m2 d’aires de couchage des génisses. Elle était aussi utilisée pour déposer, une semaine sur deux, un tas de paille devant les rangées de logettes des vaches laitières, qui était ensuite étalé à la main, chaque jour, en petite quantité. Ces opérations mobilisaient quotidiennement une personne durant plus d’une heure. « Grâce aux robots Flypit, nous gagnons trois quarts d’heure par jour. Le temps que nous passions sur le tracteur est désormais consacré au suivi du troupeau. Et contrairement à ce que certains pensent, l’automatisation nous rapproche des animaux », précise Stéphane Danion. Bien que les couloirs d’exercice soient nettoyés par un racleur à chaîne, il reste encore une tâche manuelle quotidienne : le coup de rabot pour retirer les bouses des logettes. « Pas facile de passer avec un petit automoteur dans des allées en présence des vaches. »

720 mètres de rails fixés à la charpente

Les robots pailleurs, circulant suspendus à un rail, évoluent tous les deux dans le même bâtiment abritant l’ensemble des bovins, des veaux de 8 jours aux vaches laitières. Ils fonctionnent sur batteries et se rechargent pendant leurs phases d’inactivité. Chaque automate a son parcours dédié et il n’y a pas d’aiguillage. Les deux rails sont, en effet, indépendants et d’un seul tenant (jonctions soudées). Leur accrochage à la charpente via des chaînes garantit une certaine souplesse et gomme les phénomènes de dilatation. Le premier wagon, doté de deux disques d’épandage, évolue au-dessus des aires paillées des génisses, disposées en enfilade dans le bâtiment de 110 mètres de long. Son rail mesure 220 mètres de long, car il forme un grand U, afin de bien pailler toute la surface des cases de 8 mètres de profondeur. La largeur de projection est en effet limitée et le robot doit effectuer deux passages parallèles. Le second automate est identique au premier en termes de contenance (2 000 litres), mais il ne possède pas de plateaux d’épandage. Il circule sur un rail de 500 mètres formant plusieurs lacets, afin de pailler les 204 logettes, les cases des veaux et l’aire de préparation au vêlage.

De grosses économies de paille

Les robots Flypit travaillent matin et soir en effectuant à chaque fois quatre voyages pour passer partout. Leur caisse emportant 35 à 40 kg de paille, ils en appliquent chacun environ 300 kg par jour. « Comme la paille hachée par le module de chargement présente une plus grande capacité d’absorption des jus que celle des brins longs, nous avons diminué d’un tiers la quantité apportée sur les aires paillées des génisses, soit une économie de 200 kg par jour. La dose pour les logettes est restée, elle, d’un kilo par VL et par jour. » Le ravitaillement des deux wagons pailleurs est réalisé, au même endroit, par un convoyeur équipé d’un aspirateur de poussière. La paille est au préalable hachée par un module installé en hauteur, qui emmagasine jusqu’à six balles rondes approvisionnées obligatoirement par un chargeur télescopique, tous les deux à trois jours. La longueur de hachage est définie au moment de l’acquisition de l’équipement et est par conséquent la même pour tous les animaux.

SCEA La Garenne en chiffres

300 UGB

200 vaches laitières (180 en traite)

4 250 m2 de bâtiment pour les VL et leur suite

2 robots de paillage

3 robots de traite

1 robot d’alimentation

1 Dal

Un pilotage précis des quantités de paille épandues

 

 

Les robots pailleurs Wasserbauer Flypit se repèrent sur leur trajet en fonction de la distance parcourue sur le rail depuis l’espace de rechargement. Les différentes zones à pailler (logettes, cases, aires de couchage…) sont enregistrées au moment de la mise en route et, par conséquent, l’automate stoppe l’épandage automatiquement dès qu’il survole un couloir ou une allée. Même si un écran tactile équipe chaque wagon, le système se pilote à distance depuis un smartphone ou un ordinateur, à condition de disposer d’une connexion internet. L’éleveur utilise l’interface web pour modifier les quantités apportées dans chaque zone en jouant sur la vitesse d’avancement du robot, ainsi que sur le régime de son tapis de fond. Il a aussi la possibilité d’arrêter temporairement le paillage de certaines logettes ou des cases non utilisées.

Les plus lus

Remplissage du réservoir d'un engin agricole de GNR
Comment évolue le prix du GNR ?
Le prix du gazole non routier pèse sur le compte d’exploitation des agriculteurs qui en ont besoin pour alimenter leurs engins…
Un tracteur avec un outil porté de plus de 2,55 mètres de large est limité sur la route à 25 km/h.
Quand puis-je rouler à 50 ou 60 km/h avec mon tracteur ?
Les tractoristes livrent en France des tracteurs roulant à 50 km/h ou 60 km/h, mais est-il possible de circuler sur la voie…
Le dispositif FireSafe de Siwi autorise un dételage instantané de la presse en cas de départ de feu sur celle-ci.
[VIDEO] Siwi - Sauver le tracteur en cas d’incendie de presse
Le dispositif FireSafe du danois Siwi permet de dételer instantanément une presse à balles cubiques subissant un départ de feu.…
L'automoteur de fauche Cutaro SR 1100 est fabriquée chez ARB-Tec en Suisse.
VIDEO - Cutaro SR 1100, l'automotrice de fauche suisse
L'entreprise suisse ARB-Tec dévoile au salon Agrama la version définitive de son automotrice de fauche Cutaro SR 1100.
L'hybridation des moteurs thermiques ouvre la voie à l’entraînement électrique des outils attelés derrière le tracteur, comme peut le faire le John Deere 8R 410 équipé de la transmission à variation continue électromécanique eAutoPowr.
Engins agricoles : L’électrification prend le relais des moteurs thermiques
Les progrès technologiques et la démocratisation des composants électriques vont permettre le développement d’engins électriques…
De gauche à droite, Patrick Petit, président de SV-Pro, Jean-Pierre Giacomel, Didier Largy, associé des Ets Giacomel depuis 2007, et Fabien Billault, directeur général de SV-Pro.
Réseau John Deere - Giacomel repris par SV-Pro
Le rachat des Ets Giacomel par le concessionnaire John Deere SV-Pro a été officialisé le 1er novembre 2022.
Publicité