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« Le valet de ferme électrique est cohérent avec nos productions »

En Bretagne, Franck Houssais utilise quotidiennement son valet de ferme électrique Weidemann eHoftrac pour manipuler des balles et curer le fumier.

Agriculteur en Gaec avec son épouse Véronique à Domalain, en Ille-et-Vilaine, Franck Houssais est possesseur d’un valet de ferme électrique depuis deux ans. Ce dernier constitue le troisième valet de ferme de l’exploitation. « Nous avons eu deux autres valets de ferme par le passé, un peu par hasard, confie Franck Houssais, qui avant d’acheter le premier, recherchait un appareil de type skid-steer pour curer les porcs. Lors du dernier investissement, nous avons porté notre choix sur un modèle électrique. Cela avait pour nous toute sa cohérence avec la production d’électricité sur l’exploitation par les panneaux photovoltaïques. » Même si toute l’électricité produite est aujourd’hui revendue, le valet de ferme s’inscrit dans la stratégie d’autonomie de l’exploitation. « Il n’y a que le tracteur qui roule au GNR. »

Une brouette de luxe

Véritable outil à tout faire, le valet de ferme acheté 42 000 euros en janvier 2020 n’affiche que 350 heures au compteur, quand le précédent, à moteur thermique, en accumulait 400 chaque année. « Il ne compte pas les heures de la même façon, explique Franck Houssais. Sur les modèles à motorisation thermique, lorsque le valet reste inactif mais moteur allumé, les heures continuent de défiler. Ici, si l’on n’actionne ni l’hydraulique de manutention, ni la transmission, l’engin est à l’arrêt. »

Fort de quelques années d’expérience avec des valets de ferme diesel, Franck Houssais s’est rapidement fait une opinion sur les avantages et limites du modèle électrique. La première différence concerne le bruit. « Hormis un petit bruit électrique, c’est un engin très silencieux. On peut se parler sans avoir à crier. Il était annoncé comme n’effrayant pas les animaux : c’est tout le contraire qui s’est passé, s’amuse à raconter Franck Houssais. Les bêtes sursautaient en le voyant juste à côté d’elles sans l’avoir entendu venir. » Bien entendu, les animaux en ont très vite pris l’habitude et l’ignorent totalement désormais.

Puissance et efficacité

La seconde différence concerne la force de levée. Il soulève sans difficulté une botte d’enrubannage de près d’une tonne ou deux bottes cubiques de paille. Sa monte large de pneumatiques procure une certaine stabilité à cet engin dont les configurations d’essieux et de pneus lui permettent de ne pas dépasser 97 cm de large. S’il n’a pas pu comparer précisément avec le modèle thermique équivalent, Franck Houssais apprécie les performances hydrauliques, notamment la vitesse de montée et descente. L’impression est un peu différente concernant la traction. « Impossible de jouer sur le patinage, y compris en appuyant vivement sur la pédale d’accélérateur, constate Franck Houssais. Même si une roue se trouve sur un support plus glissant que les trois autres, elle ne patinera pas. » La gestion de transmission permet d’optimiser la traction et la poussée.

Une autonomie limitée

Doté d’une batterie au plomb étanche, l’engin de manutention est rechargé une à deux fois par semaine. « L’autonomie reste limitée, reconnaît Clément Valienne, le gendre de Franck Houssais, qui prévoit de s’installer prochainement sur l’exploitation. Quand on fait de la manutention lourde, par exemple au curage des cases de cochons, on ne dispose que d’une autonomie de 2,5 à 3,5 heures, en veillant à garder un peu de ressources pour les vaches le soir. Une fois qu’on le sait, on anticipe pour organiser son emploi du temps. » Pour une recharge complète, il faut compter 6 heures. « Il existe chez les concurrents d’autres technologies de batterie, comme le lithium-ion, mais le prix n’est pas le même », indique Franck Houssais. Au besoin, pour faire durer plus longtemps la batterie, il existe un mode Eco, pas forcement apprécié par tous les utilisateurs de l’exploitation.

Côté coût d’utilisation, cet engin électrique demande très peu d’entretien — un graissage régulier des articulations — n’implique pas de vidange régulière et se montre peu coûteux en énergie. Ce qui devrait permettre de rentabiliser assez rapidement le surcoût à l’achat.

En chiffres

La ferme des Gendronnières

Exploitation biologique depuis 2001
54 hectares de SAU
355 000 litres pour (combien ?) vaches laitières
300 à 400 porcs par an, en vente directe
19 kWe de production d’électricité photovoltaïque depuis 2008
1 salarié à tiers-temps

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