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« Le désherbage de précision avec une bineuse simple »

Plutôt que d’investir dans une bineuse neuve intégrant un système de correction de trajectoire, le Gaec Talbot a opté pour l’interface Laforge Dynatrac, qui leur permet de désherber mécaniquement avec précision avec leur machine âgée de 3 ans.

Berthy et Laurent Talbot, installés en Gaec à Chanteloup dans les Deux-Sèvres et récemment convertis à l’agriculture biologique, utilisent depuis un an l’interface Laforge Dynatrac pour guider leur bineuse Monosem Multicrop. « Nos terres sont assez vallonnées et nous avions, en dévers, des difficultés à intervenir sans abîmer la culture avec notre bineuse dépourvue de système de guidage. Pour gagner en précision, nous avons d’abord envisagé de remplacer notre machine, âgée de 3 ans, par un modèle haut de gamme intégrant un mécanisme de correction électronique de la trajectoire. Or, le long délai de livraison de la marque sélectionnée ne répondait pas à notre exigence. Par conséquent, nous avons retenu la solution Laforge, plus économique et immédiatement disponible », précisent les deux frères. Le Gaec Talbot a déboursé aux alentours de 30 000 euros pour acquérir l’interface Dynatrac dotée du système de guidage par caméra. Cet équipement, également disponible avec le pilotage par GPS, s’intercale entre le tracteur et la bineuse. Il corrige par translation, grâce à de gros coulisseaux, la position relative de la machine par rapport aux deux rangs de culture surveillée par le capteur optique. Pour sa première année, l’ensemble Dynatrac + Multicrop a désherbé 235 hectares, à raison de trois passages sur les 65 hectares de maïs et deux interventions dans les 20 hectares de tournesol.

Le capteur optique préféré à la correction RTK

Berthy et Laurent Talbot sont adeptes de l’agriculture de précision et pratiquent notamment le Controlled Traffic Farming (CTF), afin d’optimiser la circulation des engins agricoles dans les parcelles et de respecter le sol en limitant les zones compactées. Dans cette logique, leurs deux tracteurs de tête bénéficient de l’autoguidage avec correction RTK pour une précision centimétrique. Ils intègrent également la gestion automatique des demi-tours, qui garantit un parfait placement du tracteur par rapport à la ligne de guidage. « Comme nous réalisions déjà les semis avec les dispositifs GPS, nous pensions que de réutiliser les lignes mémorisées aurait suffi au binage. Ce n’est en réalité pas le cas, car l’antenne fixée sur le tracteur pilote uniquement sa trajectoire. Par exemple, si le système actionne la direction vers la droite, la bineuse se déporte à gauche et détruit la culture », indiquent les frères. L’interface de correction se révèle alors indispensable et complémentaire pour compenser le coup de volant. Cet équipement a besoin d’une information pour assurer un guidage précis et les deux associés ont préféré la solution de la caméra à celle du récepteur RTK supplémentaire fixé sur la bineuse. « Nous sommes céréaliers dans une région de polyculture élevage et il est fréquent de perdre le signal de correction lorsque nous travaillons le long des nombreuses haies. Avec la caméra embarquée sur l’interface, nous nous garantissons un fonctionnement permanent. Ceci revêt une grande importance en bio, car si nous abîmons la culture, nous laissons le champ libre au développement des adventices et avons peu de possibilités pour rattraper la situation », soulignent-ils.

Des caméras pour bien se placer dans le rang

Le désherbage mécanique se déroule à une allure de 7,5 à 8 km/h avec un tracteur de 140 chevaux. Pour gagner en efficacité, les agriculteurs ont apporté quelques modifications sur leur interface de guidage. Ils ont, par exemple, complété le capteur optique d’un phare halogène allumé en permanence. « Cet éclairage annule notamment les différentes nuances de couleur au moment du coucher du soleil, qui perturbent l’identification des rangs de culture. Le meilleur résultat en termes de détection s’obtient d’ailleurs la nuit, en l’absence d’ombre », remarquent-ils.
Le bon positionnement de la bineuse en bout de ligne est un autre critère important, car il conditionne la préservation de la culture sur les premiers mètres travaillés. Pour faciliter cette opération, les deux associés ont adapté deux caméras reliées à un écran dédié en cabine. « Lors des départs en dévers, les images nous permettent d’agir manuellement sur l’interface, afin de bien centrer les éléments par rapport aux rangs. » Berthy et Laurent Talbot ont rencontré l’an dernier des difficultés à gérer correctement la hauteur du relevage du tracteur, ce qui influençait la zone de lecture du capteur optique et causait des soucis de guidage. Ils ont alors utilisé des chaînes pour faire office de butée basse, mais ce montage n’était pas idéal pour les bras de relevage. Pour la prochaine campagne, ils espèrent avoir trouvé la solution avec l’ajout cet hiver de deux roues de jauge sur la partie fixe de l’interface, qui évolueront dans les traces du tracteur. Les frères ont aussi modifié leur bineuse en supprimant une des deux poutres du châssis, dans le but de réduire le porte-à-faux des éléments et leur amplitude de balayage en dévers. Ils viennent aussi d’équiper leur tracteur de sorties hydrauliques load sensing (Power Beyond), afin d’éviter de passer par les distributeurs et d’optimiser le fonctionnement du Dynatrac. Afin de valoriser l’interface Laforge, ils n’écartent pas l’idée de l’utiliser pour les travaux liés à leur nouvelle production de pommes de terre de semences.

Chiffres clés

• 145 ha de SAU
• 65 ha de maïs
• 20 ha de tournesol
• 235 ha binés en développé (3 passages sur maïs et 2 en tournesol)
• 30 000 € HT d’investissement dans l’interface Laforge Dynatrac et le système de guidage par caméra

Des interrangs différents sur le semoir

Pratiquant le Controlled Traffic Farming, les agriculteurs retiennent la même voie de 1,95 mètre sur leurs tracteurs. Cette valeur a une incidence sur le paramétrage des interrangs du semoir monograine, et par conséquent sur les écartements entre les éléments de la bineuse. Les 4,5 mètres de largeur de travail du semoir sont ainsi répartis en quatre interrangs de 60 centimètres et deux de 75 centimètres, là où passent les roues du tracteur.

 

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