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Dossier 200 à 300 ch - Des tracteurs multi-usages
Deux tracteurs de 200 et 250 chevaux pour tout faire

Philippe et Clément Gouillart, agriculteurs et entrepreneurs de travaux agricoles à Sibiville, dans le Pas-de-Calais, ont choisi deux tracteurs de même gabarit pour réaliser leurs travaux.

Philippe et Clément Gouillart devant les deux Claas Axion 800 et 850. Les deux tracteurs sont complémentaires et ne sont jamais utilisés avec un même outil.
© G. Coisel

Dans la cour de ferme de Philippe et Clément Gouillart, les deux tracteurs Claas Axion 800 et 850 réalisent tous les travaux de l’exploitation ou presque. Ils se distinguent par leurs 50 chevaux d’écart, mais également par leurs équipements, que les propriétaires ont voulu bien distincts. Cela commence par la transmission, semi-powershift pour l’un, à variation continue (CVT) pour l’autre. « Les deux tracteurs sont complémentaires et ne sont jamais utilisés avec un même outil », explique Philippe Gouillart. A contrario de ce que l’on pourrait penser, dans notre cas nous valorisons davantage le 800 à transmission semi-powershift sur la route que celui équipé de la CVT. » Cela s’explique notamment par la monte de pneumatique plus adaptée du premier, en 620 mm à l’arrière et 540 mm à l’avant, les petits trajets qu'il effectue et son poids de 8,6 tonnes, soit 500 kg de moins que le 850. Le 800 est plus nerveux, mais il consomme légèrement plus du fait de son régime moteur plus élevé à 40 km/h. Il est également plus confortable, car la dimension des pneus limite les effets de tangage, et le pont avant suspendu d’origine Carraro est plus efficace que le Dana. Dernier arrivé dans l’entreprise, ce tracteur s’illustre depuis juin comme second. Il sert aux semis de betteraves et de colza (semoir monograine de 12 rangs), au binage et au transport avec une remorque de 18 tonnes. Fiscalement parlant, il ne remplace aucun tracteur.

L’Axion 850 est entré sur la ferme un an plus tôt. Il est mieux équipé, avec des distributeurs à commande électrohydraulique, des pneumatiques plus larges, jumelé, ainsi qu'un relevage avant de plus forte capacité. Les semis de céréales avec le combiné décompacteur, herse rotative et trémie frontale constituent sa spécialité. Il réalise également l’intégralité des silos d’ensilage et lorsque c'est nécessaire, il s’affaire au transport des betteraves et du grain avec une benne de 24 tonnes. « On apprécie sa souplesse et sa précision au travail. Il reste cependant un peu plus complexe à conduire que le 800, ce qui limite le nombre d’utilisateurs », explique Philippe Gouillart. Le reste des équipements, à savoir le freinage pneumatique, l’autoguidage hydraulique ou les phares au xénon sont identiques d’un tracteur à l’autre.

Une garantie de cinq ans exigée

En termes de consommation, Clément Gouillart constate que « ces tracteurs de 9 tonnes environ sont faits pour les travaux lourds et non pour le bricolage. À titre d’exemple, il faut seulement compter 14 l/ha pour le 850 en semis de céréales et moins de 5 l/ha pour le 800 avec le semoir monograine ».

Une garantie de cinq ans a été négociée pour les deux tracteurs, un point d’honneur pour les deux agriculteurs lors de l’achat des tracteurs. L’Axion 850 remplace un tracteur de 8 000 heures qui a rencontré de nombreux problèmes mécaniques sur les 2 000 dernières heures. Après avoir réglé les 19 000 euros de frais pour sa remise en état, Philippe et Clément Gouillart ont préféré jouer la carte de la prudence en renouvelant le tracteur repris 40 000 euros. Adeptes de la location pour leur ensileuse, ils pensaient faire de même pour le tracteur. Mais le constructeur demandait 30 euros de l'heure pour un Axion 850 pour 600 heures par an, auquel il fallait rajouter 30 % de majoration de l’heure supplémentaire. Le coût leur a paru trop important. Ils se sont donc rabattus sur l’option du crédit-bail pour le 850, avec une offre à 1 % de valeur de rachat, un système qui se rapproche d’un crédit, avec un dernier loyer de rachat peu élevé. Pour le 800, les agriculteurs ont préféré un crédit classique. Le coût d’utilisation s’élève à 22 euros de l'heure pour le 850 acheté 140 000 euros. Il est de seulement 15 euros de l'heure pour le 800 acheté 92 000 euros, un tarif particulièrement bien placé car le tracteur était en parc à la concession. Quant au renouvellement, il aura certainement lieu à l’issue des cinq ans de garantie.

 

 

En chiffres

70 ha de SAU dont 42 de blé, 15 de betteraves et 13 d’orges d’hiver.

2,5 UTH sur la ferme et l'ETA (prestations : du semis à la récolte céréales + betteraves. Ensilage, binage, déneigement et élagage)

Un Claas Axion 850, 250 ch

140 000 € de prix d'achat

750 h/an d'utilisation

17 000 € d'annuités

22 €/h (sans entretien) de coût d'utilisation

Un Claas Axion 800, 194 ch

92 000 € de prix d'achat

1 000 h/an d'utilisation

14 000 € d'annuités

15 €/h (sans entretien) de coût d'utilisation

Quatre autres tracteurs 

1 Renault Temis 630 pour la pulvérisation

3 Renault Ares (836, 133.54 et 155.54) pour l'élagage

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