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Combiné Pöttinger Novacat A10 Cross Flow - "Il fauche et andaine sans demander beaucoup de puissance"

Charly Macé a testé pendant une semaine le combiné de fauche Pöttinger A10 Cross Flow, dans les campagnes du Calvados.

Agriculteur et entrepreneur de travaux agricoles à Fontaine-le-Pin, dans le Calvados, Charly Macé a pris en main le combiné de fauche Pöttinger Novacat A10 Cross Flow, en association avec une faucheuse frontale de même marque de 3 m de large. Cet équipement sans conditionneur peut travailler en épandage large (fauchage à plat). Il propose deux positions mécaniques pour ses unités de coupe, l’une adaptée à une faucheuse frontale de 3 m, l’autre à une version de 3,50 m. S’ajoute à cela une plage de réglage hydraulique offrant une course de 74 cm, selon que l’on fauche en ligne droite (recoupement minimal) ou en courbe. Il se distingue par son système d’andainage à vis de gros diamètre, assurant un transport de l’herbe tout en douceur. Formant des andains de 1,90 à 3,20 m de large, ce dernier trouve son intérêt en début et fin de saison, pour l’enrubannage ou l’ensilage, mais également pour le méteil, notamment pour la méthanisation. Selon Pöttinger, cette combinaison faucheuse-andaineuse consomme 20 % d’énergie en moins par rapport à un ensemble de même largeur conditionnant et andainant avec un groupeur à tapis : il est également 20 à 30 % moins cher.

La Novacat A10 Cross Flow, dispose d’une sécurité non-stop Lift relevant, qui permet au lamier de pivoter vers l’arrière, se dégager et s’incliner vers le haut, pour passer par-dessus l’obstacle.

L’ensemble à l’essai est piloté depuis un boîtier aimanté Select Control. En option, il accède au boîtier Power Control, plus complet, ou aux terminaux Isobus Expert 75 et CCI 1200, ouvrant la voie à d’autres fonctionnalités.

Les plus

Qualité de travail

Fourrage préservé

Légère et économique

Polyvalence

Les moins

Fonctionnalités réduites sans Isobus

Levée indépendante des lamiers

Nettoyage

Au travail - Jusqu’à 20 km/h en andainage

 

 
© L. Vimond

 

La faucheuse Pöttinger Novacat A10 réalise un fauchage à plat en ouvrant les capots des compartiments à vis d’andainage. Pour cela, il faut, depuis la cabine, mettre les lamiers en position bout de champ (lamiers relevés). Néanmoins, parce qu’elles sont positionnées dans le flux d’herbe, les vis continuent à tourner, pour ne pas engendrer de bourrages.

Le tracteur de 220 ch avance à 8 km/h dans du gros fourrage. Dans une luzerne moyennement dense, avec le combiné fauchant près de 9,50 m, il évolue à 14 km/h. Côté puissance, le tracteur est autant sollicité qu’avec ma faucheuse-conditionneuse de 8,50 m avec le conditionneur tournant "à vide". Il affiche une consommation instantanée de 41 l/h.

Du fait que les deux disques aux extrémités de chaque lamier tournent dans le même sens, la faucheuse tend à recentrer sur 6 à 7,50 m, quand on coupe à 8,80 m. C’est à vitesse élevée ou dans les gros volumes que l’effet andainage est le plus marqué, car malgré les tôles arrière ouvertes, les vis d’andainage continuent de tourner et dévient un peu le fourrage : il faudrait dans l’idéal avoir une boîte de vitesses pour réduire le régime des vis. Ou bien escamoter celles-ci. Mais au final, ce n’est pas gênant. Au lieu d’avoir deux bandes sans fourrage au niveau des passages de roue du tracteur, on les a aux extrémités des lamiers arrière. Ça a l’avantage d’éloigner le fourrage du bord de champ lors du détourage, ce qui facilite les reprises à la faneuse et à l’andaineur. Il est également possible d’accentuer cet effet en ne fermant les carters de vis que du côté extérieur.

 

 
© L. Vimond

 

En mode andainage, la faucheuse ne donne pas l’impression de demander plus de puissance. Je suis monté jusqu’à 20 km/h dans de la petite luzerne. C’est génial et ce n’est pas tirant comme avec un conditionneur. La qualité d’andainage est très bonne. Plus on va vite, plus les andains sont réguliers. Dans les brins longs, ça va mieux qu’avec un tapis regroupeur.

En revanche, lorsqu’on ramasse l’andain à l’ensileuse, il faut le prendre à contresens. Sinon, on tend à plaquer l’herbe au sol et à en laisser. C’est un constat à prendre en compte lorsqu’on décide du sens dans lequel on fauche. Cette situation ne se produit plus dès lors que la faucheuse frontale dispose d’un conditionneur, complète-t-on chez Pöttinger.

 

 
© L. Vimond

 

Piloter individuellement le relevage de chacun des deux lamiers n’est pas forcément très simple. En anticipant l’arrivée en pointe, il faut sélectionner sur le boîtier Select Control le lamier que l’on souhaite relever en premier. Ensuite, au distributeur, une première pression lève le lamier sélectionné et une deuxième pression lève le second lamier. On ne peut pas le faire à la descente : il faut appuyer deux fois sur les boutons du boîtier. Au final, je préférerais piloter chaque lamier avec deux distributeurs. D’autant plus que le relevage individuel de chaque lamier est bien moins réactif que relever les deux lamiers ensemble. Selon Pöttinger, la version Isobus en option permet de faciliter la gestion du relevage en bout de champ.

La gamme

 

 
© L. Vimond

 

L’offre en groupes de fauche Pöttinger de type papillon se décompose en quatre gammes. Se distinguant par une suspension à ressort en bout de lamier, les Novadisc 732 ; 812 et 902 (7,24 ; 8,08 et 8,92 m) sont des machines légères et peu tirantes dépourvues de conditionneur. Dotées d’une articulation centrale des lamiers, les Novacat sont déclinées en trois familles : A, S et X. D’une largeur de travail fixe de 8,30 m, la Novacat X8 est l’un des rares groupes de fauche du marché pouvant travailler en combinaison avant/arrière ou en poste inversé. Il se décline en version sans conditionneur ou avec un conditionneur à rouleaux ou à doigts, cette dernière version pouvant être accompagnée d’un tapis andaineur baptisé Collector.

Affichant une plage de largeur de coupe respective de 9,10 à 9,52 m et de 10,75 à 11,20 m, les Novacat S10 et S12 sans conditionneur offrent un bon rapport débit de chantier/puissance demandée, un tracteur de 160 ch suffisant pour emmener le plus gros modèle. Les deux lamiers se replient vers l’arrière ne dépassant pas 2,20 m de large.

La gamme Novacat A se compose de deux largeurs : l’A9 propose deux dimensions de châssis pour une largeur de coupe de 8,92 ou 9,18 m. L’A10 dispose aussi de deux dimensions de châssis, ainsi qu’un réglage hydraulique de la largeur de coupe pour une plage de 8,88 à 10,02 m. Elle est déclinée en version sans conditionneur ou en version avec conditionneur à rouleaux ou à doigts, avec ou sans tapis regroupeur Collector. S’ajoute le modèle à l’essai, l’A10 Cross Flow, caractérisée par un groupeur à vis, sans conditionneur.

L’œil de l’expert 

 

 
© L. Vimond

 

+ / Le système d’andainage propose en son centre un système de peigne qui stoppe le flux de fourrage, évitant les projections vers l’autre moitié de la largeur. Il se déploie automatiquement dès que l’on pose les lamiers et se replie quand on les lève. Selon la densité et le volume de fourrage, le chauffeur peut régler différentes positions (six au total) pour ce peigne en fonction de la largeur de l’andain souhaitée.

 

 
© L. Vimond

 

+ / L’option Isobus propose des fonctionnalités plus avancées en contrôlant et en corrigeant le recroisement en fonction de l’angle de braquage du tracteur, optimisant ainsi en permanence la largeur de coupe.

 

 
© Pöttinger

 

+ / L’entraînement Y Drive se compose d’un boîtier à renvoi d’angle doté d’ailettes pour le refroidissement et de sécurités à friction pour chaque lamier. Sa conception permet d’avoir des cardans longs, réduisant les angles au niveau des croisillons, tout en proposant un dégagement important au centre du combiné.

 

 
© L. Vimond

 

+/-/Le remisage de la faucheuse arrière s’effectue à la verticale sur quatre béquilles intégrées. Si les pieds arrière sont accessibles et faciles à sortir et rentrer, grâce à des axes à ressort, ceux à l’avant sont plus difficiles à atteindre.

 

 
© L. Vimond

 

+/-/La faucheuse s’attelle très proche des roues arrière du tracteur. Si cela permet de rapprocher le centre de gravité de la faucheuse, et donc les besoins en termes de capacité de relevage, cela complique l’accès pour atteler ou dételer.

 

 
© L. Vimond

 

-/Les carters de protection à l’extérieur des lamiers de la faucheuse frontale sont à repliage manuel (hydraulique en option).

À la loupe - Un bon suivi du sol

 

 
© L. Vimond

 

La faucheuse Novacat A10 Cross Flow propose un réglage individuel de la pression de chaque lamier. Sans Isobus, comme dans le cadre de l’essai, on se sert des distributeurs. On ouvre une des deux manettes, on règle la pression à l’aide du manomètre (un par lamier) et on referme la manette une fois la pression souhaitée atteinte. L’Isobus permet de régler individuellement et de corriger la pression à droite et à gauche en fonction du dévers, afin d’avoir la même pression sur le lamier amont que sur le lamier aval.

 

 
© L. Vimond

 

À l’avant, prend place une faucheuse frontale Novacat 301 Alpha Motion Pro, fauchant 3,04 m. Celle-ci se compose d’un lamier tracté, qui recule et se lève en cas d’obstacle. Elle reçoit de série le graissage centralisé, ainsi que deux disques de recentrage du fourrage (quatre sur le modèle à l’essai), dont l’angle, donc l’intensité d’andainage, est réglable à l’aide d’un levier et des graduations.

 

 
© L. Vimond

 

La vis est entraînée par le disque extérieur, via un renvoi d’angle et trois courroies. D’un diamètre de 500 mm et positionnée en oblique par rapport au lamier, elle propose un dégagement prévu pour de grandes quantités de fourrage. Outre la vis, le système d’andainage s’appuie sur des carters cylindriques, assurant le transport en douceur et sans perte du fourrage, sur lesquels sont fixés deux fers plats à hauteur réglable (six boulons chacun). Favorisant la translation du fourrage, ces derniers sont ajustés en fonction de la nature et du volume de fourrage. Un fer plat doit être ôté pour les fourrages très longs.

 

 
© L. Vimond

 

La suspension hydraulique est positionnée en plein centre du lamier. Elle procure un suivi de sol bien meilleur que mon combiné à suspension à ressort. On a l’impression que la faucheuse ne bouge pas. En bout de champ, deux vérins stabilisent les lamiers pour éviter les balancements lors des manœuvres.

Entretien - Les graissages récapitulés sur le terminal

 

 
© L. Vimond

 

Tous les lamiers sont dotés de disques à changement rapide des couteaux. Leur accès est facilité par une bâche se repliant vers l’arrière.

La maintenance comprend une bonne vingtaine de points de graissage à effectuer toutes les 50 heures et une quinzaine toutes les 100 heures. Au besoin, le boîtier Select Control en cabine informe le conducteur du nombre d’heures restant avant le prochain graissage. Optionnel, le graissage centralisé automatique est l’apanage des modèles à conditionneur.

Sur la faucheuse frontale, la majorité des graisseurs sont centralisés sur la version Pro des Alpha Motion.

Pour le nettoyage, la présence de la vis complique le lavage de la machine.

Fiche technique

Pöttinger Novacat 301 Alpha Motion Pro/Novacat A10 Cross Flow

Largeur de travail : 3,04/8,88 à 9,62 m

Hauteur et largeur de transport : NC et 2,98/3,99 et 2,70 m

Poids à vide : 890/3 310 kg

Type de fixation du lamier : pendulaire

Type de suspension : mécanique à ressorts/hydraulique

Puissance requise : 60/160 ch

Lamier

Nombre de disques : 7/2x8

Type de sécurité : sécurité à friction/double sécurité à friction sur entraînement

Quantité d’huile : 3 l/3,5 l par lamier

Périodicité d’entretien : une fois par an

Attelage

Régime de prise de force : 1 000 tr/min de série

Nombre et type de distributeurs : 1 SE/1 SE + 1 DE ou LS + signal + retour libre

Budget

Prix catalogue de la combinaison de fauche essayée : 19 878/76 714 euros HT

Durée de garantie : 1 an

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