Autoguidage - Différents signaux de correction pour une précision jusqu'au centimètre près
Les systèmes d’autoguidage améliorent l’efficacité des chantiers et facilitent la conduite des tracteurs et des engins agricoles. La précision du positionnement par satellite dépend du signal de correction utilisé : du simple Egnos au RTK, en passant par les solutions PPP, le point sur les différentes solutions.
Les systèmes d’autoguidage améliorent l’efficacité des chantiers et facilitent la conduite des tracteurs et des engins agricoles. La précision du positionnement par satellite dépend du signal de correction utilisé : du simple Egnos au RTK, en passant par les solutions PPP, le point sur les différentes solutions.
L’utilisation d’un signal de correction est essentielle pour affiner la position du tracteur par satellite Egnos ou GNSS (Global Navigation Satellite System) qui est de 20 à 30 centimètres.
Des signaux de correction RTK cellulaires gratuits
Le signal de correction RTK (Real Time Kinematic) cellulaire apporte une précision de correction à deux centimètres. Il fonctionne à l’aide des données mobiles, nécessitant alors une connexion internet via la 3G, la 4G par carte SIM ou le partage de connexion mobile (peu recommandé pour une utilisation de longue durée). L’antenne placée sur le tracteur capte les satellites et, à l’aide d’une connexion internet, les signaux de correction des balises RTK réparties partout dans le monde. Les utilisateurs français peuvent profiter, nationalement, d’un accès gratuit aux réseaux de balises Centipède, développé par Arvalis et les Chambres d’agriculture. À noter que certains tractoristes fournisseurs de solutions d’autoguidage, comme John Deere ou le groupe Agco, doivent apporter une évolution matérielle sur les antennes, afin de capter les signaux réseau Centipède, moyennant 4 000 à 5 000 €. Leurs antennes sont toutefois compatibles d’usine pour utiliser leurs propres balises RTK disponibles avec un abonnement de plusieurs centaines d’euros par an et par récepteur.
La correction RTK radio pour les zones non couvertes en signal cellulaire
La correction RTK peut également fonctionner via des fréquences radio, à la place d’ondes cellulaires. Elle utilise dans ce cas des balises locales installées, par exemple, sur le toit d’un bâtiment de l’exploitation ou posées sur un trépied au bord de la parcelle. La correction RTK radio peut atteindre la même précision que celle cellulaire, c’est-à-dire au centimètre près. Bien que ce principe soit de moins en moins utilisé, il reste essentiel dans les zones où la couverture par les réseaux mobiles (comme le Centipède) est mauvaise ou inexistante, mais le champ d’action se limite à un rayon de 10 km.
Une correction RTK satellitaire
Le signal de correction RTK satellitaire utilise un réseau de stations de référence mondiales et diffusées via des satellites géostationnaires. Il autorise une précision de correction de 5 à 10 cm, pouvant atteindre 2 cm via un réseau amélioré. Ce signal assure aussi une répétabilité longue durée sur les lignes de guidage, mais le temps de calcul de la position corrigée peut être plus lent, nécessitant parfois jusqu’à huit minutes pour se connecter aux stations. L’exploitation des signaux de correction RTK satellitaires requiert tout de même un abonnement annuel d’environ 500 €.
Quid du PPP et du SBAS
Les signaux PPP et SBAS n’utilisent pas de balises externes pour affiner la position du tracteur par satellite Egnos ou GNSS. Le PPP (Precise Point Positioning) est un algorithme intégré dans la console d’autoguidage, qui force le système à corriger de lui-même la trajectoire du tracteur. Ce système fonctionne en anticipant la trajectoire. Il est le plus efficace lorsque le guidage s’effectue en ligne droite, contrairement au travail en courbe où les calculs de correction demandés sont trop complexes. Le SBAS (Satellite-Based Augmentation System) est quant à lui lié à la sélection des constellations de satellites (GNSS). Il permet à l’utilisateur de choisir précisément la constellation de satellites qu’il souhaite utiliser, par exemple en décidant de travailler uniquement avec le système européen Galileo. Cependant, le choix d’une constellation spécifique, comme le système américain GPS, l’Européen Galiléo, le Chinois BeiDou ou le Russe Glonass n’a aucune importance pour l’utilisateur final.
Le Centipède : un réseau RTK totalement gratuit
Le Centipède est un réseau de balises de correction RTK (Real-Time Kinematic) cellulaire destiné à l’autoguidage des engins agricoles. Ce réseau est le fruit d’une démarche collaborative mobilisant les agriculteurs, les acteurs privés, les scientifiques et les collectivités qui ont installé des balises sur leur terrain, afin d’assurer une couverture nationale. En 2025, il compte environ 720 bases opérationnelles en France, sur un total de 1 100. Chaque borne supplémentaire peut être installée par l’utilisateur avec l’aide de la communauté.
Financé par Arvalis et les Chambres d’agriculture
Grâce au soutien financier d’Arvalis et des Chambres d’agriculture, le réseau Centipède est accessible gratuitement à tout utilisateur d’une solution d’autoguidage avec une correction RTK cellulaire (3G ou 4G). L’utilisateur configure l’antenne de son système d’autoguidage, afin qu’elle se connecte à la balise la plus proche. Dans un rayon de 20 km, la précision de correction de la trajectoire du tracteur atteint 2 cm, contre 3 cm au-delà de 30 km. Le RTK Centipède offre une qualité équivalente aux signaux RTK provenant des balises payantes des fournisseurs concurrents.
Un nouveau serveur Millipède
Le réseau Centipède dispose depuis le 18 mars 2025 d’un nouveau caster dénommé Millipède (serveur centralisant l’ensemble des bases RTK Centipède) et libre d’accès. Élaboré par le développeur informatique Pierre Beyssac, ce serveur accepte 50 fois plus d’utilisateurs. Les antennes des systèmes d’autoguidage se connectent dorénavant automatiquement à la balise la plus proche, même en cours d’utilisation.