Une délégation de service public est à l’étude pour la gestion sous l’autorité de la Région .
La rétrocession des installations portuaires par l’Etat aux collectivités territoriales a provoqué des remous autour du port de Sète. Faute d’un accord avec le gestionnaire, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Sète, en fin d’année dernière, la région Languedoc-Roussillon a créé de toutes pièces un établissement public chargé de gérer, transitoirement, les installations portuaires depuis le 1
er janvier dernier.
« Nous sommes en train d’établir un cahier des charges pour lancer un appel d’offres pour une délégation de service public », détaille Jean-Loup Bertret, directeur de l’établissement public régional Port de Sète Sud de France. Et la Région entend bien faire figurer dans ce cahier des charges les impulsions nouvelles qu’elle souhaite donner au port sétois.
« Plusieurs projets sont à regarder de près, tant sur le port de commerce que pour le port de pêche. Il est notamment envisagé un déplacement du silo à céréales pour le rapprocher de l’usine de trituration d’oléagineux Saipol, alors que les deux outils sont relativement éloignés aujourd’hui, afin de pouvoir dégager des synergies entre les deux activités. On peut par exemple imaginer qu’il serait plus facile ainsi pour les péniches qui convoient des céréales jusqu’au port puis prendre le chemin inverse avec des tourteaux », envisage-t-il. Une solution qui permettrait, en outre, de dégager de l’espace proche de la ville pour favoriser le trafic passager.
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Le développement du trafic lié à l’agro-industrie est d’ailleurs retenu comme une des marges de progrès du port, avec l’importation de voitures et les produits cimentiers. Du côté des pêcheurs, la situation est plus délicate.
« Sète a des atouts comme tous les ports méditerranéens, l’absence de marée qui permet à la vingtaine de chalutiers rattachés de vendre à la criée le poisson pêché du matin, l’absence de quotas de pêche, à l’exception du thon… »Malgré des tonnages en légère hausse d’année en année, un accroissement de la valeur des produits débarqués, Jean-Loup Bertret s’interroge toutefois :
« L’Union européenne semble toujours vouloir réduire la flottille, et il ne se trouve pas aujourd’hui de jeune étant capable ou ayant le souhait d’investir dans ce métier. On peut se demander à quoi ressemblera en effet la pêche dans dix ans. »
En attendant, le nouveau concessionnaire, devra relever ces enjeux dès le début de l’année 2009, pour conserver, au nom de la Région, l’activité portuaire sétoise.