Le secrétaire général du CIHEAM s’inquiète de l’augmentation des disparités Nord-Sud dans la zone Méditerranée.
Le sixième rapport annuel du Centre International de Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM)
Le CIHEAM est un organisme de recherche et de coopération, mais il assure aussi des formations postuniversitaires agronomiques. vient d’être publié pour l’année 2003, marquée par trois éléments essentiels : la réforme de la PAC, l’élargissement de l’Union européenne et la crise de l’OMC à Cancun.
Dans ce contexte, le CIHEAM a observé et cherché à comprendre les transformations des agricultures méditerranéennes et leur place dans chacun des pays, ainsi que dans la totalité de la région.
À l’occasion d’une conférence de presse, mardi, Bertrand Hervieu, secrétaire général de cette institution intergouvernementale, a commencé son bilan en insistant sur l’écart de niveau de vie qui augmente sans cesse entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte d’urbanisation et de littoralisation toujours croissantes. L’écart était de 1,5 point en 1980, il est désormais de 3,5 points. Partant de ce constat inquiétant, B. Hervieu a développé quatre axes de réflexion.
D’abord, les céréales : c’est un enjeu géostratégique majeur dans cette zone car à l’heure actuelle les intérêts divergent, la France étant un grand exportateur et les pays du Maghreb des importateurs.
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Hervieu souligne que, «
le bassin méditerranéen est dénué d’outils de transformation agroalimentaire». Du coup, l’ouverture actuelle du marché des productions agricoles et la pénétration très rapide dans la région méditerranéenne de nouveaux modes de consommation de produits agroalimentaires venus d’ailleurs aboutissent à une déstructuration des sociétés rurales, incapables de se développer. Pour autant, l’élargissement et l’ouverture des marchés pourraient permettre à certains opérateurs du sud de la Méditerranée d’exporter dans les pays qui rejoignent actuellement l’UE.
Troisième point : le problème des transferts de connaissances entre le nord et le sud de la Méditerranée. De nouveaux savoirs sont nécessaires aux acteurs du Sud pour faire face aux enjeux actuels. C’est d’ailleurs un point sur lequel
le CIHEAM a un rôle à jouer, comme l’indique B. Hervieu : «
Le CIHEAM est mandaté afin de former des cadres de l’Agriculture pour les treize pays méditerranéens».
Enfin, pour faire face aux défis multiples auxquels sont confrontées les agricultures méditerranéennes, «
il faut trouver des cadres intellectuels pour penser la Méditerranée ». B. Hervieu insiste sur l’obligation d’homogénéisation et d’unification des intérêts du nord et du sud de la Méditerranée afin de «
formuler un véritable projet d’avenir ».