Importées des pays anglo-saxons, les préoccupations nutritionnelles gagnent rapidement du terrain en France. Les pouvoirs publics multiplient les messages de prévention et cherchent à encadrer la publicité des industriels. Ces derniers réagissent en se précipitant au Congrès des médecins généralistes ou à des salons comme Dietecom, la semaine prochaine à Paris. Ils cherchent aussi à atteindre le consommateur avec des allégations nutritionnelles et de santé (près de 3 000 dossiers auraient ainsi été déposés à l’EFSA), qui font le bonheur des fabricants d’ingrédients fonctionnels. Mais encore faut-il avoir le bon profil, actuellement en cours de définition à Bruxelles. Sur le sujet, un vif débat secoue la Commission européenne, les DG agriculture et entreprises s’opposant à la DG santé. Elles lui reprochent de ne pas avoir mené une réelle étude d’impact économique. Selon un opérateur, avec la première version du texte sur les profils nutritionnels (fixant pour les fromages les limites maximales d’acides gras saturés à 10 g/100 g et de sodium à 600 mg/100 g), à peine 10 % des fromages auraient pu passer une allégation santé et seulement la moitié une allégation nutritionnelle. Le sénateur Jean Bizet et la commission des affaires européennes du Sénat se sont émus, le 11 mars, de cette situation. Assaillie de critiques similaires de la part d’autres états membres, la Commission européenne aurait revu sa copie, en faveur des industriels.
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