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dans le Maine-et-Loire
Un nouveau site « au top » pour le couvoir Boyé

Les nouveaux élevages d’œufs à couver sont conçus pour offrir un maximum de confort aux exploitants et aux reproducteurs. Exemple chez Sébastien Guéret, en contrat avec Boyé accouvage.

Autre temps, autres élevages… L’époque des bâtiments de reproducteurs sans chauffage, avec des pondoirs en bois, sans tapis de collecte ni emballeuse, est bel et bien révolue. Aujourd’hui, les accouveurs renouvellent leur parc d’élevage en y mettant les moyens. Ils permettent à leurs éleveurs en contrat de travailler dans de bonnes conditions et de gagner correctement leur vie. C’est le prix à payer pour attirer de nouveaux éleveurs et pour obtenir des œufs en quantité et en qualité. C’est le cas chez Sébastien Guéret qui vient de mettre en place ses premières poules et coqs parentaux Ross 308 pour le compte du couvoir Boyé. Sébastien a d’abord été mécanicien, « mais j’avais aussi l’envie d’être agriculteur. J’intervenais régulièrement chez mon oncle agriculteur. À 26 ans, j’ai décidé de changer de cap. » Fin 2015, Sébastien retourne à l’école pour préparer son installation. Dans la foulée, un voisin de son oncle lui propose de reprendre à Le Voide (49) les 60 ha de sa ferme, sans les bovins. Sébastien accepte. Il y travaille un an en doublon (parrainage), avec l’intention d’y ajouter un projet avicole, en chair ou en œuf. La poule repro s’est imposée par son « caractère très technique » après de nombreuses visites et discussions, notamment avec un technicien de Val’iance qui l’a orienté vers le couvoir, aussi filiale de Terrena. Selon Jacques Pasquier, responsable production de Boyé, trouver un candidat pour mener un partenariat sur le long terme n’est pas chose aisée. « Il doit réunir de nombreuses qualités (rigueur, réactivité, sens de l’hygiène, contact avec l’animal…) et le site doit être bien choisi (distance aux tiers notamment). Le temps incompressible du montage administratif du dossier (devis, financement…) permet aux futurs partenaires de valider leurs choix. Il nous est arrivé d’arrêter des projets déjà bien avancés. » Chez Sébastien, un peu moins de deux ans ont été nécessaires jusqu’à la rentrée des poules en octobre.

Toujours deux salles pour occuper deux personnes

L’élevage de Sébastien est le second site construit sur un modèle à deux salles d’élevage de 11 à 12 000 poules selon la souche, sachant que sept sites fonctionnent déjà sur ce principe. « Cela permet de travailler avec deux personnes à temps plein, pour assurer la continuité du suivi et d’investir dans des équipements facilitant les conditions de travail, justifie Jacques Pasquier. Un plein temps permet de sécuriser, de mieux gérer les imprévus et d’améliorer les résultats techniques. Au bout du compte, le surcoût de 12-15 000 euros (un demi Smig chargé) est récupérable. » Sébastien est secondé par sa salariée Céline, encore néophyte qui devra être capable de mener cet élevage de A à Z.

Le couvoir a élaboré un cahier des charges précis. « Nous sommes attentifs aux conditions de travail et aux équipements intérieurs, notamment à l’alimentation et à l’abreuvement. » Sans parler de la biosécurité, avec le rotoluve à l’entrée du site, de la délimitation physique du périmètre, avec l’externalisation des containers d’animaux morts, du groupe électrogène et des cuves de gaz évitant d’entrer dans le périmètre sécurisé. Evidemment, le passage par le bloc douche est incontournable. Une salle de pause est donc aménagée dans les locaux techniques. Outre l’emballeuse (Prinzen), la zone technique comporte une table élévatrice (Atlas) pour poser les 16 casiers d’œufs par chariot.

Nourrir les poules en un minimum de temps

L’atelier comprend deux salles d’élevage de 1550 m2 pour les volailles (120 m de long pour 13,5 m de large) équipées à l’identique : pondoir central (Big Dutchman), trois circuits de chaînes plates (Ska) avec une trémie centrale par ligne, deux lignes d’eau (Lubing) de type dinde (godet et pendule) sur le caillebotis, le tout relevable. « Avec ces trémies positionnées au centre et des vitesses de défilement à 36 mètres par minute, les lignes sont remplies en 2 à 3 minutes, ce qui est très important pour l’homogénéité du poids des poules », souligne Jacques Pasquier. S’ajoutent deux lignes d’assiettes (Roxell) pour les coqs. L’éclairage est assuré par des réglettes leds (120 fois 18 W). De plus, deux canons à air chaud (Systel) sont installés pour un meilleur confort thermique des volailles. « Par le passé, on ne le faisait pas, rappelle Jacques Pasquier. Cela nous aurait parfois évité d’avoir des problèmes avec des coqs. » La structure a été réalisée par le fabricant Onillon. Comme Sébastien voulait une hauteur minimale de 2,8 m sur le côté (pour le passage d’engins), la longrine est haute (1,05 m) par rapport aux deux mètres de bardage en panneaux sandwich. La ventilation dynamique est entièrement longitudinale (concept Sodalec). L’air pénètre par des trappes bilatérales et est extrait par un ventilateur progressif complété par six turbines placées au pignon. Deux grandes jalousies placées au pignon opposées complètent le tout en cas de besoin (forte chaleur). L’éleveur a investi 1,1 million d’euros financés par deux banques (Crédit agricole et Crédit mutuel) sur trois durées (7 ans pour le groupe et l’emballeuse, 12 ans pour l’équipement intérieur et 15 ans pour la structure). Le couvoir Boyé apporte une aide mensuelle sur les dix ans du contrat, équivalente à 20 % de l’investissement. S’ajoute l’aide PCAE de 54 000 euros qui atteint le maximum. Avec un tel équipement, Sébastien Guéret compte bien obtenir des performances au-dessus de la moyenne, c’est-à-dire 145-150 poussins obtenus par poule (contre 130 en moyenne) ou encore 3,5 millions de poussins de chair à livrer.

 

Construire un site par an

Situé dans les Deux-Sèvres, le couvoir Boyé produit en moyenne 230 000 pintadeaux et 1,1 million de poussins par semaine, dont 20 % en coloré. Les poussins standards se partagent à parts égales en souches Ross 308 et Ross PM3. Les œufs de poule sont fournis par 30 producteurs répartis dans quatre départements (Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne), eux-mêmes approvisionnés par dix éleveurs de reproducteurs, tous en contrat. « Depuis quelques années, nous avons un ou deux départs à la retraite par an. Nous sommes dans une logique de renouvellement du parc qui atteint les 110 000 m2, explique Jacques Pasquier. Nous avons donc besoin de bâtir de 2000 à 3000 m2 par an. Il s’agit de remplacer des sites trop vétustes non adaptés aux nouvelles souches ou qui sont impossibles à reprendre (voisinage, accès, taille insuffisante). »

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