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« Nous étions les seuls producteurs d’œufs plein air de l’Aube »

Pour retrouver le lien entre cultures et élevage, Sonia et Fabien Ledhuy ont créé, en 2011, le premier élevage de poules pondeuses plein air de l’Aube.

<em class="placeholder">Avec son épouse Sonia, Fabien Ledhuy a monté le premier bâtiment de poules plein air de l&#039;Aube.</em>
Avec son épouse Sonia, Fabien Ledhuy a monté le premier bâtiment de poules plein air de l'Aube.
© C. Julien

À Ortillon, dans l’Aube, les poulaillers de Sonia et Fabien Ledhuy détonnent dans cette plaine champenoise, connue pour sa production et son agro-industrie végétale. Ils sont le fruit d’une réflexion sur la complémentarité entre productions végétales et animales. « J’ai rejoint, en 2003, mon oncle sur les 100 hectares de la ferme familiale. Je me suis vite posé des questions sur le manque de matière organique de nos sols, se souvient Fabien Ledhuy. Je me disais que pour réduire les intrants et améliorer la vie de nos sols, il faudrait apporter des fertilisants organiques. » L’idée de monter un atelier d’élevage fait son chemin et se concrétise en 2010, quand CDPO développe la production d’œufs plein air dans la région. « Nous avons exploré différentes pistes pour nous lancer dans l’élevage, retrace Fabien Ledhuy. Ma femme n’est pas fan des vaches. Les porcs, ça ne nous tentait pas. Nous avons visité un élevage avicole. La production de poules pondeuses plein air nous a plu. » Ce projet représentait également l’opportunité pour Sonia et Fabien de ne plus être pluriactifs et de travailler ensemble sur l’exploitation.

Les premiers producteurs aubois d’œufs plein air

Pour concrétiser ce projet, ils disposent d’une parcelle, avec suffisamment de place pour le parcours et près d’une route hors gel, ce qui sécurise l’accès des camions, pour l’enlèvement des œufs ou la livraison d’aliments. Sonia et Fabien Ledhuy construisent un bâtiment de 2 000 m2 pour 16 500 poules. Ce bâtiment est sur caillebotis avec pondoir central. Il est complété par un parcours de 7 hectares.

Lire aussi : Moderniser pour gagner en performances et en confort de travail

À sa mise en service, en 2012, ils sont alors les seuls producteurs d’œufs plein air de l’Aube. « Avec un projet à 800 000 euros et une production peu courante dans notre département, nous avons dû aller voir plusieurs banques avant d’en trouver une qui reconnaisse l’intérêt de notre projet, se souviennent les éleveurs. Nous avions décidé de travailler avec CDPO, dont le centre de conditionnement est à 80 km d’Ortillon et qui nous a proposé un contrat sur douze ans. Cette lisibilité économique nous a aidés à trouver le financement. »

<em class="placeholder">Dans la plaine champenoise, plus connue pour ses productions végétales, le poulailler détonne.</em>

Être pionnier en lançant une nouvelle production sur un territoire demande de lever de nombreux freins, d’abord celui du financement, mais aussi celui de l’accompagnement technique. « Nous achetions nos poulettes au couvoir Lanckriet, dans la Somme, qui nous a assuré un très bon suivi. Au début, le technicien venait tous les 15 jours. On travaille avec le même vétérinaire, qui n’est, certes, pas à côté mais est spécialisé en volailles. Cet accompagnement nous a permis de ne pas nous sentir seuls face à une interrogation, même si nous n’avions pas de collègue à proximité », apprécie Fabien Ledhuy, qui estime qu’étant néophyte en production avicole, il n’avait pas de schéma de fonctionnement préconçu. « Nous nous sommes beaucoup basés sur l’observation pour comprendre les réactions des animaux et nous sommes montés progressivement en compétences. »

Développer l’atelier avicole

Les deux éleveurs ont souhaité agrandir leur élevage pour pouvoir embaucher et déléguer certaines tâches. Aujourd’hui, ils travaillent avec deux salariés à temps partiel. Plutôt que de monter un autre bâtiment de pondeuses, Sonia et Fabien Ledhuy décident de se lancer dans l’élevage de poulettes en système alternatif. Ils construisent deux poussinières en 2021, une de 40 000 poulettes conventionnelles, l’autre de 30 000 poulettes bio, le tout en intégration avec la Ferme Schafbusch, en Alsace. « L’élevage en volières demande beaucoup de travail pour que les poulettes démarrent bien, qu’elles soient bien mobiles, reconnaît Fabien Ledhuy. Mais c’est un créneau sur lequel il y a de la demande. »

Un robot palettiseur pour limiter le port de charges

Un robot Ovoconcept a été installé en janvier 2025. Il se charge de mettre les œufs sur les plaques, puis de les palettiser. 

<em class="placeholder">Sonia et Fabien Ledhuy ont investi dans un robot de pallettisation afin de réduire la pénibilité de cette tâche.</em>

« Ce modèle a une cadence de 10 000 œufs à l’heure. Cela ne va pas plus vite qu’un chargement manuel, car notre but n’était pas d’accélérer la cadence mais de ne plus avoir de port de charges, tous ces mouvements de rotations qui usent à force. » En plus, cela permet une optimisation du chargement car le robot peut aller jusqu’à cinq hauteurs sur la palette, alors qu’avec un chargement manuel, l’empilement se faisait sur quatre. Les éleveurs ont été aidés par Ambition éleveurs à hauteur de 40 % des 60 000 euros investis.

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