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Poules pondeuses : le recours aux vaccins « vivants » salmonelles s’intensifie dans le Sud-Est

Les vaccins « vivants » contre les salmonelles sont utilisés en France depuis deux ans en filière ponte. En Auvergne Rhône-Alpes où la prévalence salmonelles est forte, des organisations de producteurs, telles que Fermiers du Sud Est, ont intégré cette vaccination dans leur stratégie globale de lutte.

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Des évolutions récentes de la politique sanitaire encouragent le recours à la vaccination des poulettes.
© P. Le Douarin (archives)

Lors de la journée poules pondeuses organisée par l’Itavi à Valence en avril 2026, la gestion des salmonelles a alimenté les questions des participants. 

Lire aussi : La filière œufs incitée à vacciner contre la salmonelle

Pour avancer dans la résolution de ce problème préoccupant pour la santé des consommateurs, Alice Richard, directrice du CNPO a résumé la position de l’interprofession : « nous voulons inciter et généraliser la vaccination afin de faire baisser le taux de prévalence. Sur les vaccins salmonelles, nous ne faisons pas de distinction entre vaccin vivant et vaccin inactivé. Les deux sont désormais autorisés pour les éleveurs. Le point de vigilance serait le maintien d’un bon niveau de biosécurité, qui doit aller de pair avec la vaccination. »

En présentant le dispositif des contrôles de biosécurité dans les élevages de volailles qui a évolué depuis 2024, Laurent Hivert, intervenant pour la Draaf (1) Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), a rappelé combien la situation est préoccupante : « Depuis 2018, nous constatons que le nombre de détections a été multiplié par trois. Le taux de prévalence en France dépasse le seuil de 2 % imposé en Europe et il est plus important dans notre région – prévalence de 5 % en 2025 en région Aura –, où la souche Enteritidis est prédominante. »

Lire aussi : Poules pondeuses : un nouveau plan de lutte contre les salmonelles pour favoriser la vaccination

Des évolutions récentes de la police sanitaire encouragent le recours à la vaccination. Par exemple, les modalités de dépistage ne concerneront plus que les fientes pour les lots vaccinés ; des tests de confirmation sous conditions sont réintroduits ; il est prévu une obligation d’abattage anticipé pour les pondeuses non vaccinées, etc...

Des convaincus dans le Sud-Est

En Auvergne-Rhône-Alpes, des organisations de producteurs ont opté pour les vaccins « vivants » sans attendre ces évolutions. « Dès le premier semestre 2023, 50 % des poulettes ont été vaccinées en vaccins « vivants » et depuis octobre 2023, 100 % des poulettes à destination de nos éleveurs en intégration sont vaccinées en souches vivantes », rappelle Samuel Chombart, directeur du département amont pour Fermiers du Sud-Est. À noter que le coût de la vaccination est pris en charge à 90 % par l’opérateur.

Il explique qu’un accompagnement des vaccinations a été mis en place avec les fournisseurs de vaccins afin de valider les protocoles. « Cela concerne l’âge des vaccinations, la durée de l’opération, la quantité d’eau, la maîtrise des volumes morts, le temps de purge des circuits, la maîtrise des pompes et calibrages, la vérification quantitative des souches vaccinales dans les eaux de vaccination, les contrôles pédichiffonnettes pour rechercher les souches vaccinales 48 h après la première vaccination », énumère-t-il.

Néanmoins, le recours à la vaccination n’a pas fait baisser la garde quant au respect de la biosécurité. « Nous continuons à former nos éleveurs via l’équipe technique et par notre responsable qualité. Nous accordons aussi de l’importance à la bonne pratique de nettoyage et du vide sanitaire, l’un des thèmes de réunions techniques avec les éleveurs », insiste Samuel Chombart.

Par ailleurs, ce dernier considère positivement l’évolution réglementaire sur les méthodes de prélèvement pour les pondeuses vaccinées « qui devraient permettre d’avoir une réelle mesure du portage des poules ».

(1) Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt

Les avantages des vaccins vivants

Anne-Christine Lefort, vétérinaire Elanco a présenté les résultats obtenus en France par sa société sur deux années de recours aux vaccins « vivants » contre les souches Enteritidis (SE) et Typhimurium (ST) en filière ponte.

« Les retours via les vétérinaires et OP dont nous disposons après la vaccination de 50 millions de pondeuses montrent une prévalence de 0,3 % en SE/ST sur les lots vaccinés, ce qui correspond à dix fois moins de cas que chez les volailles non vaccinées. » Cette vaccination réalisée via l’eau de boisson est plus aisée qu’une injection pour les vaccins inactivés.

Moins de stress pour les volailles

« Les vaccins vivants stimulent l’immunité locale, porte d’entrée des salmonelles dans l’organisme. Ils protègent les poulettes alors que les inactivés ne sont injectés qu’à 12 et 16 semaines. L’éleveur peut vacciner seul sans faire intervenir une équipe pour les injections qui occasionnent plus de stress pour les volailles et présentent un risque pour la biosécurité. De plus, on élimine le risque de réaction au site d’injection. »

Un rappel de vaccination est désormais possible pour les pondeuses à 50 semaines qui confère une protection vis-à-vis de SE jusqu’à 100 semaines et vis-à-vis de ST jusqu’à 94 semaines. « C’est intéressant pour les éleveurs qui allongent la durée de vie de leurs lots. Pour vacciner les pondeuses, une vaccination à blanc est recommandée afin de prendre en compte les spécificités des circuits d’eau du bâtiment. »

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