Réussir Aviculture 18 avril 2007 à 14h29 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

Volaille de chair/Installation - Le Crédit agricole engage à explorer des pistes pour « transmettre selon de nouveaux scénarios »

Selon Jean-Rémi Bertheleu, de la caisse du Crédit agricole des Côtes-d´Armor, il faut imaginer des mécanismes économiques pour faciliter la transmission.

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Quel est votre constat de l´aviculture chair dans ce département breton ?
Jean-Rémi Bertheleu - Un sentiment global d´effritement. Depuis quelques années, la filière chair investit peu, hormis dans des rénovations. Nous avons très peu de demandes de financement alors que l´enjeu est de maintenir un potentiel de production et de garder la valeur ajoutée dans ce département. Mais nous avons la nette impression que le modèle de l´atelier complémentaire unique est le plus touché. Le secteur n´échappe donc pas à la montée de la concentration.
Sur quels critères vous basez-vous pour financer un projet avicole ?
J. - R. B. - Comme ailleurs : un homme, un outil, et une rentabilité future. Pour asseoir une pérennité, la motivation et l´expérience sont nécessaires. Nous ne rencontrons d´ailleurs plus de candidats sans expérience du métier. L´outil doit avoir une cohérence technique et un potentiel. Regarder les marges brutes des cinq dernières années donne une bonne indication, même si l´effet éleveur joue. C´est un critère à comparer avec les capacités du repreneur. La rentabilité future est examinée sur la base du contrat avec l´opérateur partenaire. Une durée de cinq à sept années est souhaitable. Bien souvent, le choix de la qualité financière de l´opérateur a déjà été fait par l´éleveur.
Jean-Rémi Bertheleu, du Crédit agricole : « En agriculture, on a coutume de se saigner pour payer son projet, mais il faut tenir compte de la réalité économique. » ©P. Le Douarin

L´absence d´apport personnel est-elle éliminatoire ?
J. - R. B. - La réglementation nous interdit de contribuer au surendettement de nos clients. Si nous finançons à 100 %, au premier aléa technique, sanitaire, économique., la situation financière est tout de suite altérée. Pour éviter cette situation, l´éleveur doit pouvoir disposer d´une marge de manoeuvre.
Quelles solutions pouvez-vous apporter ?
J. - R. B. - D´abord, c´est au cédant de préparer le terrain, sinon il risque de trouver des repreneurs volontaires mais sans moyens financiers. Le parcours d´installation va devenir de plus en plus ardu. Peut-être faudrait-il engager une intégration progressive du futur repreneur. Des pistes peuvent être explorées : la location pour former et permettre de générer un autofinancement, la création d´une société apportant du capital au repreneur mais gare au prête-nom.

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